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24.02.2017 à 17 H 13 • Mis à jour le 24.02.2017 à 17 H 13
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Parution Le storytelling de Najat Vallaud-Belkacem sur ses racines marocaines

Dans une autobiographie à paraître en mars chez Grasset la ministre de l’Education française raconte ses liens avec le pays qui l’a vu naître et dont elle dit entretenir avec lui que si peu de liens aujourd’hui. Et pourtant...

Jusque-là, elle s’était jurée de ne « jamais » se raconter dans un livre. Mais parce qu’elle veut apporter sa vérité à ceux qui « racontent, imaginent, affabulent », Najat Vallaud-Belkacem a finalement décidé de prendre la plume. La ministre française de l’Education nationale se confie dans une autobiographie, La vie a plus d’imagination que toi, à paraître mercredi 1er mars chez Grasset. Un titre en référence à une phrase que lui répétait sa mère.


Au fil des 180 pages, la socialiste évoque son enfance au Maroc, le racisme, son engagement politique. Le journal 20 minutes en a publié, vendredi 24 février, les bonnes feuilles.



Née « sans soins et sans médicaments » en 1977 dans la ferme familiale du village de Beni-Chiker dans le Rif, Najat Vallaud-Belkacem était la deuxième fille, après sa sœur Fatiha : « On m’a dit que ma mère était si malheureuse qu’elle a supplié Dieu de ne pas lui faire revivre cela avant au moins sept ans ». Elle vit sans eau et sans électricité. « Chaque matin je partais chercher de l’eau au puits (… ) Quand on n’a pas eu l’eau courante, pendant des années, on est un peu différent (… ) Je ne suis pas sûre que mes enfants comprennent (… ) eux qui vivent dans le beau Paris de pierre claire, ordre, calme et volupté », confie la ministre, qui décrit avec pudeur un début de vie dans la pauvreté.


Elle joue avec « deux poules chétives », surveille les chèvres «  en claquettes » et se souvient de sa mère traitée de façon peu amène par sa belle-mère, toujours un balai à la main, trayant le lait ou « vendant avec moi, nos pauvres récoltes au souk voisin ».


À Beni-Chiker, elle a un peu fréquenté l’école en arabe. Et allait à la mosquée avec sa mère. « C’était un islam paysan, pieux et archaïque », dit-elle.


À l’âge de 5 ans, elle part en France rejoindre son père, ouvrier dans le bâtiment, avec sa mère et sa sœur, à Abbeville puis à Amiens, dans les quartiers nord. Sans parler français. « Quitter le pays de l’enfance (… ) Quitter ton pays. Et ta langue. Car je parlais berbère alors, comme ma mère. Et assez vite, le français a tout emporté… »



Trop souvent, la ministre devenue française à l’âge de 18 ans, a vu afficher sur les réseaux sociaux sa « double allégeance » à la France et au Maroc, écrit Le Figaro. Une « folie et un mensonge qui ont aussi servi de munitions aux snipers de la droite, en temps de campagne ».« Au vu des confusions actuelles, des tensions identitaires, liées à l’islam, liées à mon histoire, ma place est pleinement en France. Plus tard (… ) je ferai découvrir ce pays et une part de leurs racines à mes enfants », raconte celle qui n’est quasiment jamais revenue dans son village natal et n’a presque plus d’attaches au Maroc à part quelques « cousins » depuis que sa grand-mère y est morte.


Sur sa double identité, Najat Vallaud- Belkacem prône l’idéal républicain de gauche : « Il n’y a rien d’hermétique entre les deux (identités) et je crois que cela peut évidemment être une richesse  ». Evoque-t-elle seulement sa présence dès 2007 parmi les 37 membres du Conseil consultatif des Marocains à l’étranger (CCME) directement nommés par Mohammed VI ou sa bi-nationalité de fait ?


Dans une interview à Bladi.net, elle expliquait que ce conseil «  s’exprimera d’abord sur les sujets dont [il] sera saisi par Sa Majesté en faisant valoir un point de vue de Marocains de l’étranger, et pour ce qui me concerne de Franco-Marocaine engagée dans la vie politique française  ».


Elle a joué de cette influence dans les rapports franco-marocains. A l’époque porte-parole de Ségolène Royal durant la campagne de l’élection présidentielle de 2007, Vallaud-Belkacem avait permis à Rabat de prendre contact avec la candidate qui n’avait pas encore ses habitudes dans le royaume. C’est de cette manière que Royal viendra participer à Essaouira à colloque de femmes d’influence ou encore visiter la station balnéaire de Saïdia avec quelques notables marocains.


La vie a plus d’imagination que toi,  Najat Vallaud-Belkacem, mars 2017, Grasset, 17 euros

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