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27.02.2018 à 23 H 55 • Mis à jour le 27.02.2018 à 23 H 55
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Parution Les Israéliens, de nouveau cités dans la disparition de Mehdi Ben Barka

Dans un livre récemment traduit aux États-Unis, le journaliste israélien Ronan Bergman revient sur les assassinats ciblés menés par les services secrets israéliens. Principale révélation de l'ouvrage : le rôle de premier plan prêté à l'État hébreu dans l’affaire Ben Barka…

Dans Rise and Kill First, traduit de l’hébreu vers l’anglais et paru très récemment aux Etats-Unis, le journaliste Ronan Bergman apporte à son tour de l’eau au moulin de la théorie de l’implication du Mossad dans l’assassinat de Ben Barka à Paris en 1965, comme l’a souligné Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique, qui y consacre son dernier éditorial.


Il affirme avoir en partie résolu l’« énigme enveloppée de mystère », après sept années d’inlassables recherches. Les services israéliens, impliqués comme l’ont révélé d’autres sources américaines et israéliennes au fil des ans, y ont joué, selon lui, un rôle de premier plan.


Sa thèse débute par une allégation mainte fois entendue. Meir Amit, chef du Mossad à l’époque des faits avait obtenu de Hassan II d’espionner les débats et les conversations des chefs d’État dans leurs suites d’hôtel ou leurs villas lors du sommet de la Ligue arabe de septembre 1965, à Casablanca. Une offrande qui avait une contrepartie, faire taire à jamais le plus coriace des opposants du roi en exil à l’étranger depuis qu’il avait échappé à une tentative d’assassinat au niveau de l’Oued Cherrat sur la route nationale reliant Rabat à la capitale économique. Sa voiture, percutée par un camion avait versé dans une ravine, blessant Ben Barka aux cervicales.


Le colonel Ahmed Dlimi aurait selon Bergman été l’intermédiaire pour ce contrat. « Mehdi Ben Barka, condamné à mort par nous, doit être exécuté. Nous n’arrivons pas à le coincer. Trouvez-le et tuez-le. Rendez-nous ce service… », aurait-il demandé aux Israéliens.


Le Mossad a donc ainsi repéré la cache de Ben Barka à Genève en pistant son courrier et furent ceux qui lui tendirent le piège à Paris sous couvert de produire un documentaire à sa gloire. Ils fournirent aux services marocains des faux passeports et une planque à Paris, ainsi que du poison pour le cueillir.


Si le policier ripoux qui l’a embarqué devant la Brasserie Lipp a été soudoyé par le CAB-1, ancêtre de la DST marocaine, c’est le Mossad qui a fourni la maison où les hommes du général Oufkir (et très probablement lui-même, selon d’autres témoignages) l’ont humilié et torturé, pratiquant la technique du waterbording jusqu’à sa mort par asphyxie ou strangulation.


Des agents israéliens, dont Bergman donne les unités, ont ensuite transporté la dépouille jusqu’à la forêt de Saint-Germain. Ils la jetèrent dans un trou profond qu’ils recouvrirent de terre et d’un produit chimique destiné, dès la première pluie, à la dissoudre.


Le 25 novembre 1965, Meir Amit annonce à Levi Eshkol, Premier ministre :


« C’est fini, tout s’est bien passé. »


Israël a puissamment aidé les services marocains à exécuter la condamnation (politique) à mort de Ben Barka et, ainsi, a payé sa dette envers Hassan II. Mais le général de Gaulle prit très mal cet assassinat perpétré dans sa capitale à l’instigation de Hassan II. Il rompit les relations diplomatiques avec le royaume chérifien, mais ne s’intéressa pas aux Israéliens, qui n’étaient à ses yeux que « des prestataires de services », prétend Bergman…


Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations (Anglais), Ronan Bergman, Penguin, 750 p, relié – 30 janvier 2018