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Expo
23.02 13.12.2019
Opus 2 de l'African Art Fair de Marrakech
1-54 revient à La Mamounia du 23 au 24 février 2019, avec des aperçus VIP les 21 et 22 février 2019. Pour sa deuxième édition à Marrakech, 1-54 présentera 18 galeries internationales et le travail de plus de 65 artistes établis et émergents. Une fois de plus, le salon s’accompagnera d’un programme élargi d’événements en partenariat avec des institutions locales de la ville, notamment le Musée d’art africain contemporain Al Maaden (MACAAL), le musée Yves Saint Laurent de Marrakech, la Fondation Montresso * Art, le Comptoir des Mines, Institut Français de Marrakech et Fondation Farid Belkahia, entre autres. Parallèlement à la foire, le 1-54 FORUM retourne également à La Mamounia avec des conférences et des projections quotidiennes organisées par l'historienne de l'art et conservatrice Karima Boudou.
Lieu - La Mamounia, Marrakech
02.12.2019 à 13 H 53 • Mis à jour le 03.12.2019 à 10 H 51
Par et

Architecture L’UNESCO choquée par la future tour Mohammed VI et la nouvelle gare de Rabat-Ville

Dans une lettre au ton alarmiste datée de juillet dernier, L’UNESCO, qui a déclaré Rabat Patrimoine de l'Humanité en 2012, a vivement critiqué les projets « agressifs » de la future tour Mohammed VI et de l'extension de la gare de Rabat-ville, rapporte EFE. L’organisation onusienne pour la culture a donné au gouvernement jusqu'en février 2020 pour réaliser une « étude d'impact » de ces projets, avec un accent particulier sur l'impact visuel et paysager que ces projets représentent

« La ville de Rabat rêve de grandeur », écrit EFE qui cite des musées, le théâtre monumental conçu sur les berges du Bouregreg par l’architecte Zaha Hadid, les nouvelles gares ferroviaires, la plus haute tour d’Afrique, des ponts et autant de boulevards périphériques flambant neufs. Mais ces projets semblent contrarier l’UNESCO car, selon la même source, « les autorités ne semblent pas avoir pris en compte le fait qu’après avoir déclaré Rabat Patrimoine de l’Humanité en 2012, elles ont des comptes à rendre à l’UNESCO, comme la communication préalable des grands projets urbains prévus pour la ville promue, capitale de la culture ».


En juillet dernier, le gouvernement a reçu une lettre rédigée en des « termes inhabituellement durs » de la part du comité du patrimoine mondial de l’UNESCO dans laquelle celui-ci a déclaré qu’il « regrettait profondément que tous les détails de ce grand programme (développement urbain à Rabat) et de ses projets n’aient pas été examinés au préalable ».



Dans ce sens, l’UNESCO a donné au gouvernement jusqu’à février prochain pour réaliser une « étude d’impact » de ses projets, avec un accent particulier sur l’impact visuel et paysager que ces projets représentent.


« La lettre a eu l’effet d’une bombe dans les hautes sphères », selon des sources proches de l’affaire citées par EFE.


Deux projets ont alerté l’UNESCO selon la même source : la future tour Mohammed VI et l’extension de la gare de Rabat-ville. Ces deux projets-phare de la capitale ayant été décidés « sans communication préalable à l’organe international ».


La tour de 250 mètres de haut, la plus haute d’Afrique, est le projet le plus ambitieux. Elle est située non loin de l’estuaire du Bouregreg qui sépare Rabat de Salé « où des bâtiments de plus de trois étages n’ont jamais existé ».


9 mars 2016. Mohammed VI lance aux côtés de Othman Benjelloun, les travaux de construction de la tour de 45 étages dans la vallée de Bouregreg. Le gratte-ciel devait être bâti à Casablanca Finance City pour abriter le nouveau siège de la BMCE Bank. MAP


L’UNESCO fait état de « l’impact visuel potentiellement négatif que ce projet de tour peut avoir sur la valeur universelle exceptionnelle de la vallée ». EFE rapporte que l’organisme onusien avait critiqué des projets similaires d’érection de « tours agressives » dans d’autres pays, à la gare centrale de Vienne, à Saint-Pétersbourg avec la Tour Okhta ou à Séville avec la Tour Pelli. Seule la Russie avait accepté de déplacer la tour de Saint-Pétersbourg à quelques kilomètres de son site initial.


Vue d'artiste de la nouvelle tour Mohammed VI qui sera érigée sur les berges de Salé. Ironie de l'histoire, elle figurait dans le film promotionnel de la BMCE Bank of Africa. COURTESY BMCE


A Rabat, il y a peu de chance que ce projet (déjà déplacé de Casablanca à Rabat) soit suspendu et encore moins transféré vers un autre site : les piles de fondation sont déjà posées et toute la base est terminée. La finalisation de sa construction n’est qu’une question de mois, comme le confirme son concepteur, l’architecte espagnol Rafael de la Hoz.


Les autorités marocaines se sont défendues en disant que la tour s’élève en dehors de la « zone protégée » et de ce que l’UNESCO appelle le « périmètre tampon », marqué par le fleuve, car elle se trouve sur la rive même du Bouregreg.


Autre projet dans le collimateur de l’UNESCO, celui de l’agrandissement de la gare de Rabat-Ville. Le bâtiment initial construit sous le protectorat français à partir de 1912 avec ses voies souterraines est demeuré « de petite taille et discret, et l’est resté depuis près d’un siècle, comme le reste de l’avenue où il est intégré et où il y a eu peu de changement », ce que l’UNESCO a apprécié comme un fait exceptionnel quand elle a déclaré la ville patrimoine mondial.


Or, dans le cadre de la modernisation des infrastructures de Rabat, un immense centre commercial de verre et d’acier jouxtant la muraille historique de la cité datant de la dynastie almohade modifie considérablement l’aspect du centre-ville. « Si la galerie commerciale est quatre fois plus grande que la gare elle-même, le projet d’agrandissement comprend également un immense toit extérieur en forme de boîte qui engloutira le bâtiment original de la gare », rappelle EFE.


L’UNESCO dit dans sa lettre « qu’il est regrettable que nous n’ayons pas été en mesure d’apporter des modifications mineures (… ) au projet de la gare afin d’atténuer son impact sur les murs de la ville ».


Le centre commercial est déjà pratiquement terminé notamment la structure qui forme son toit, cependant, cinq énormes pylônes « particulièrement agressifs » pourraient encore éventuellement être abandonnés…C’est en tout cas le voeu de l’UNESCO…