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Le chanteuse franco-haïtienne Naïka, sur la scène Casa Anfa, le 5 juillet 2026, dans le cadre de la 19e édition du festival Jazzablanca.
06.07.2026 à 15 H 40 • Mis à jour le 06.07.2026 à 15 H 40 • Temps de lecture : 4 minutes
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Festival Oxlade et Naïka : un pont musical entre Lagos, Miami et Jazzablanca

Pour la 19e édition de Jazzablanca, Oxlade et Naïka ont enflammé Anfa Park dimanche soir, portant haut les musiques afro-contemporaines dans une ambiance de fête partagée entre stands, danse et communion avec le public

Dimanche 5 juillet, Jazzablanca a offert à Anfa Park une parenthèse résolument tournée vers l'Afrique et ses diasporas. Entre les étals de restauration, les espaces ludiques et les rires qui circulent d'un stand à l'autre, le site s'est mué, le temps d'un festival, en village éphémère où se croisent festivaliers et curieux venus simplement flâner. Puis vint l'heure où la foule a convergé vers la scène Casa Anfa, où le musicien nigérian Oxlade et la chanteuse franco-haïtienne Naïka ont offert une soirée pensée comme un pont entre les continents.


Avant même que les premières notes ne résonnent, Anfa Park vivait déjà sa propre vie. On s'attarde devant les gourmandises locales et internationales, on teste les animations disséminées un peu partout, on retrouve de vieux amis ou on s'en fait de nouveaux au détour d'une file d'attente. C'est cette atmosphère bon enfant, presque familiale, qui précède et prolonge chaque concert, un rituel collectif qui façonne la réputation de Jazzablanca au moins autant que sa programmation.


Oxlade, la voix venue de Lagos

Né Ikuforiji Olaitan Abdulrahman, à Surulere, quartier populaire de Lagos, Oxlade exerce le chant dès l'âge de 10 ans dans la chorale de son église, mais c’est le featuring Mamiwota, aux côtés du rappeur Blaqbonez, qui le fait basculer dans une autre dimension en 2018. Depuis, le titre Away, relayé par Drake, puis le tube mondial Ku Lo Sa, ont imposé sa voix de fausset comme l'une des signatures les plus reconnaissables de l'afrobeat contemporain. Sur la scène Casa Anfa, à travers des titres comme OFA, Piano et Arabambi, il a installé une communion immédiate : le public reprenait ses refrains en chœur, dansant à l'unisson devant la scène.


Le chanteur nigérian Oxlade, sur la scène Anfa Park, le 5 juillet 2026, dans le cadre de la 19e édition du festival Jazzablanca.Le chanteur nigérian Oxlade, sur la scène Casa Anfa, le 5 juillet 2026, dans le cadre de la 19e édition du festival Jazzablanca. Crédit : Le Desk


Sa prestation s'inscrit dans un mouvement bien plus large. L'afrobeat nigérian connaît une expansion spectaculaire, avec une audience qui a bondi de plus de 5 000 % sur Spotify depuis 2021, et des revenus qui ont triplé en 3 ans. De Lagos à Casablanca, ce son voyage désormais sans détours ni frontières.


Naïka, l'enfant de plusieurs mondes

Née Victoria Naïka Richard à Miami, la chanteuse franco-haïtienne incarne à elle seule un carrefour d'identités : une mère haïtienne aux origines libanaises et syro-palestiniennes, un père français élevé à Madagascar, et une enfance répartie entre Paris, la Guadeloupe, le Kenya, l'Afrique du Sud et le Vanuatu.


Formée au Berklee College of Music de Boston où elle décroche dès sa première année une place dans la tournée de Michael Bolton, avant de tenter sa chance au casting de The Voice sur le network américain NBC, elle doit une partie de son envol à un stage auprès de l'autrice-compositrice Kara DioGuardi, d'où naîtra son premier single, Ride.


Suivront la viralité de Papa Gèdè, puis celle de sa reprise de Don’t Rush sur la plateforme TikTok, avant la sortie de son tout premier album, intitulé Eclesia, en février dernier. Sur la scène casablancaise, pour sa toute première au Maroc, portée par les titres Bloom et For Gerard, Naïka a livré une performance intime, où l'écriture personnelle épouse des rythmes résolument contemporains.


La soirée s'est prolongée sur la Scène 21 avec le saxophoniste haïtien Jowee Omicil, puis avec l'incontournable Keziah Jones et son blufunk mêlant funk, rock et racines yoruba, tandis que le rappeur marocain Tchubi représentait, à l'autre bout de la ville, sur la scène du Parc de la Ligue arabe, la vitalité des scènes urbaines locales. Jusqu'au 11 juillet, Jazzablanca déploie 40 concerts à Anfa Park et 10 rendez-vous gratuits au Parc de la Ligue arabe, confirmant, soirée après soirée, sa vocation de carrefour entre les musiques du monde et celles d’ici.

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