Cinéma Ulysse n’est pas retourné à l’îlot Leïla
Le 15 juillet, la superproduction de Christopher Nolan tirée de l'Odyssée sortait sur les écrans du monde entier. Vingt-quatre ans plus tôt, pratiquement jour pour jour, six hélicoptères espagnols décollaient à 4H00 du matin de la base d'El Copero pour reprendre un rocher marocain que la tradition savante identifie, depuis un siècle, à l'Île de Calypso.
Il y a d'abord ce plan, que des millions de spectateurs ont découvert cet été : une plage immense, le grain d'un sable clair, l'écume qui remonte en nappes, et cette carcasse de bois abandonnée là comme une baleine échouée. C'est le cheval de Troie. La séquence n'a pas été tournée en mer Égée, mais à Essaouira, sur la côte atlantique marocaine, à quelque 4 000 kilomètres de l'Hellespont.
Le cinéaste britannique a posé ses caméras IMAX 70 mm au Maroc en février 2025, puis y est revenu l'été suivant. Le périple incluait Marrakech, Tahannaout, El Haouz, Essaouira, Ouarzazate et Dakhla, ainsi que le ksar Aït-Benhaddou, fort en terre crue devenu la citadelle de Priam. Au total, quatre-vingt-onze jours de tournage se sont répartis entre le Maroc, la Grèce, l'Italie, l'Islande, l'Écosse et les États-Unis. Le Royaume, une fois de plus, a joué son rôle de décor universel qu'il tient depuis Lawrence d'Arabie et qu'il a rejoué pour Gladiator II, Mission Impossible ou encore Indiana Jones.
Le tournage n'a pas été sans remous : le passage de l'équipe à Dakhla, qui a duré 4 jours à peine, a valu au cinéaste une campagne d'appel au boycott, menée par la propagande du Front Polisario et relayée par plusieurs figures du cinéma espagnol, sur fond de statut contesté du territoire aux Nations unies. La polémique a occupé par intermittence les colonnes de la presse internationale durant toute la campagne de promotion du film.
Mais il y a, dans la géographie de ce tournage, une absence plus troublante que toutes les présences. Nolan a filmé le Maroc du sud, celui des dunes, des kasbahs et des vagues atlantiques. Mais il n'a pas filmé le seul point du territoire marocain qu'une longue tradition philologique inscrit réellement dans la carte du poème. Un rocher de 13 hectares, à l'extrémité orientale du détroit de Gibraltar, que les Espagnols appellent Perejil, les Marocains Leïla, et la tradition amazighe Tura. Et que Homère a désigné par Ogygie.
Sept ans à pleurer face à la mer
Reprenons au début, ou plutôt au milieu, puisque l'Odyssée commence par la fin de l'errance. Quand le poème s'ouvre, Ulysse n'est ni sur les mers ni à Ithaque. Il est prisonnier, retenu depuis 7 ans dans une grotte par une nymphe, fille d'Atlas, qui lui a offert ce dont tout Homme rêve : l'immortalité et la jeunesse éternelle. Il l'a refusée. Et chaque jour, il s'assied sur le rivage et regarde l'eau en pleurant.
Les acteurs Matt Damon et Zendaya, dans une scène du film « L'Odyssée », avec une plage de Dakhla en arrière-plan. Crédit : Universal StudiosL'île s'appelle Ogygie. Homère la situe au nombril de la mer, si loin de tout que Hermès lui-même, dépêché par Zeus pour ordonner la libération du captif, y arrive épuisé. Le chant V en donne une description d'une précision botanique presque suspecte : une vaste caverne, un feu de cèdre et de thuya dont le parfum embaume l'île entière, une vigne chargée de grappes, quatre sources qui coulent côte à côte avant de diverger, des prairies de violettes et de sélinon, cette ombellifère que les Grecs appelaient ainsi et que les botanistes nomment aujourd'hui Crithmum maritimum : le fenouil de mer. Ou le persil de roche.
Le calcul homérique en livre les indices. Ulysse dérive 9 jours sur l'épave de son navire depuis le détroit de Messine avant de toucher Ogygie. Il lui faudra ensuite 17 jours de radeau pour atteindre Schérie, la terre des Phéaciens. Neuf jours de dérive vers l'ouest : c'est très exactement la distance qui sépare la Sicile des Colonnes d'Héraclès. Calypso, par ailleurs, est fille d'Atlas, celui qui porte le ciel à l'extrémité occidentale du monde connu, et dont le nom désigne encore aujourd'hui la chaîne montagneuse qui traverse le Maroc.
L'Antiquité, pourtant, a hésité. Callimaque, directeur de la Bibliothèque d'Alexandrie et maître d'Ératosthène, plaçait Ogygie à Gozo, près de Malte, et l'autorité de son nom a suffi à ce que les Maltais baptisent « Grotte de Calypso » une cavité de leur littoral et « Calypso » le ferry qui dessert l'île. Plutarque, lui, l'expédiait dans l'Atlantique, à l'ouest de la Grande-Bretagne. Pline mentionne une Ogygie au large du cap Colonne. D'autres ont aussi proposé l'Irlande, les Açores, les îles Canaries ou Lisbonne. Et puis Victor Bérard est arrivé.
L'helléniste qui lisait Homère comme un portulan
Normalien, ancien membre de l'École française d'Athènes, diplomate et parlementaire, Victor Bérard (1864-1931) a consacré quatre décennies de sa vie à une conviction : l'Odyssée n'est pas une rêverie, c'est un portulan versifié. Un répertoire d'amers, de passes, de mouillages et de repères que les pilotes du VIIIe ou VIIe siècle avant notre ère se transmettaient. Un périple phénicien qu'un poète grec aurait démarqué et mis en hexamètres. Pour l'affirmer, il s'appuyait sur Strabon, qui affirme que pour tout ce qui touche à l'Ibérie et à la Libye, Homère s'était renseigné auprès des Phéniciens. Bérard le prend au mot, et cherche derrière chaque toponyme grec un doublet sémitique, et derrière chaque description un paysage réel.
Sa méthode est têtue, presque maniaque : le texte grec dans une main, les Instructions nautiques modernes dans l'autre, et le reste du temps sur le pont d'un caboteur, à refaire lui-même le trajet, île après île, pour vérifier si la lumière tombe comme le poète l'a dit. De ce chantier sortiront Les Phéniciens et l'Odyssée, puis les quatre volumes des Navigations d'Ulysse, dont le troisième, Calypso et la mer de l'Atlantide (Armand Colin, 1929), porte l'essentiel de la démonstration. Sa conclusion : Ogygie est l'îlot de Perejil, à l'entrée du détroit, à quelques encablures de Ceuta.
En 1912, le politicien et voyageur français Victor Bérard entreprit de reconstituer l'itinéraire d'Ulysse en parcourant lui-même la Méditerranée. Il situait l'Île de Calypso à Perejil ou l’îlot Leïla. Crédit : DRL'argumentaire repose sur quatre concordances, qu'il assemble comme un enquêteur monte un faisceau d'indices. Il y a d'abord la grotte. Le rocher, très escarpé, entaillé d'une falaise d'une soixantaine de mètres, abrite une caverne de grandes dimensions, celle-là même où les corsaires barbaresques, au XVIe siècle, viendront entreposer leur butin.
Il y a ensuite les sources. Homère décrit quatre fontaines voisines dont les eaux se séparent. En face, sur la côte marocaine, la baie de Benzú aligne une série de quatre chutes d'eau. Le détail est trop précis pour être décoratif : c'est un repère de pilote, une indication d'aiguade, l'endroit où l'on refait sa provision d'eau douce avant d'affronter le détroit.
Il y a aussi le persil, et c'est la concordance la plus vertigineuse. Le sélinon du chant V, le Crithmum maritimum, couvre le rocher. Les Espagnols l'ont nommé d'après le végétal, « Perejil ». Trois mille ans après Homère et sans le savoir, des marins ibériques ont rebaptisé l'île avec le mot exact du poème.
Situation de l'îlot Leïla à proximité des côtes marocaines. Infographie : Mohamed Drissi K. / Le DeskIl y a enfin le nom de la nymphe. Calypso vient de kalyptô, en grec ancien : couvrir, cacher, dissimuler. Elle est celle qui cache. Et Bérard s'amuse à citer les Instructions nautiques de son époque, qui décrivent Perejil comme une cachette parfaite du détroit, un îlot qu'il faut déjà connaître pour parvenir à le distinguer. L’Île de Calypso est littéralement l'île de la Cachette.
Ajoutons ce que Bérard ignorait et que l'archéologie a établi depuis : les abris de Benzú, juste en face, comptent parmi les occupations humaines les plus anciennes de la rive marocaine du détroit. Ce verrou n'a jamais cessé d'être un lieu de passage.
Une démonstration que les savants ont contestée
Il faut être honnête, comme Bérard aurait voulu qu'on le soit avec Homère : la thèse ne fait pas consensus, et n'en a jamais fait.
Dès 1929, dans la revue Syria, l'orientaliste René Dussaud saluait la patience, l'énergie et l'ingéniosité admirables de Bérard, tout en jugeant que la localisation de l'Île de Calypso vers Gibraltar était tout sauf assurée. La difficulté, notait-il, n'est pas de trouver une identification topographique : au contraire, on en trouve trop, et elles se valent. Depuis, l'archéologie de la Grèce archaïque a rendu la méthode de Bérard franchement anachronique : elle projette sur un monde du VIIIe siècle avant notre ère des catégories, des cartes et des continuités toponymiques qui n'existaient pas encore.
Reste que la question n'est peut-être pas là. Que Perejil soit ou non le caillou dont un aède a entendu parler ne change rien au fait que le détroit de Gibraltar est la frontière mentale du poème. C'est là que finit le monde des vivants et que commence celui d'où l'on ne revient pas. Ulysse n'y est pas retenu par un geôlier, mais par une offre : l'oubli, la douceur, la fin du voyage, l'éternité. Et il la refuse, choisissant de rentrer chez lui, de vieillir et de mourir.
C'est la scène la plus étrange de l'Odyssée, et la plus moderne. Elle se joue, si l'on suit Bérard, sur 13 hectares de rocaille battue par les courants, à 200 mètres d'une plage marocaine.
Douze gendarmes, un drapeau, et l'été 2002 qui bascule
Le 11 juillet 2002, vers midi, une douzaine de gendarmes du Groupement d'intervention de la Gendarmerie royale débarquent sur Perejil, y plantent un campement de fortune et hissent le drapeau rouge frappé du pentagramme vert. Ils seront relevés peu après par six mokhaznis des Forces auxiliaires, hommes sans expérience des opérations de ce genre.
Le rocher fait partie du chapelet de présides que Madrid a conservé le long de la côte marocaine après l'indépendance de 1956 : Ceuta, Melilla et quelques cailloux. Rabat n'a jamais cessé de les revendiquer. Le contentieux couve depuis un demi-siècle. Et à l'été 2002, il déborde.
Le contexte est électrique. Depuis un an, les relations entre le jeune roi Mohammed VI et le gouvernement de José María Aznar sont exécrables : contentieux sur la pêche, sur le trafic de haschisch, sur l'immigration clandestine, et surtout ressentiment marocain persistant à l'égard des soutiens espagnols au Front Polisario. Début juillet, le Roi, en villégiature à M'diq, apprend que des corvettes et un bâtiment de débarquement espagnols croisent dans la baie d'Al Hoceima. Il y voit un affront et décide de donner une leçon.
La suite tient du théâtre de l'absurde diplomatique. Aznar tente de joindre le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, qui lui répond, en espagnol, qu'il n'a rien ordonné et qu'il découvre l'affaire en même temps que lui. Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Benaïssa, sert à son homologue Ana Palacio une explication invraisemblable, selon laquelle le Maroc poursuivrait des terroristes islamistes dans le détroit, et va jusqu'à comparer l'opération à celle nommée « Enduring Freedom » en Afghanistan. Palacio, sidérée, cesse à cet instant de le prendre au sérieux. À Madrid, la difficulté est ailleurs : l'Espagne n'a pas de titre juridique clair sur le rocher. Les statuts d'autonomie de Ceuta approuvés en 1995 ne le mentionnent pas et, pire, deux relevés cartographiques de l'armée espagnole, de 1988 et 1994, l'attribuent au Maroc. Faute de pouvoir démontrer sa souveraineté, Madrid exigera simplement le retour au statu quo.
Aznar, lui, veut frapper fort. Il l'explique à son chef d'état-major, l'amiral Antonio Moreno, partisan d'une sortie diplomatique : « Si nous ne réagissons pas, ce sera lu comme de la faiblesse, et nous ignorons quel sera le pas suivant ». Jacques Chirac, furieux, téléphone à la princesse Lalla Meryem pour faire savoir que le Souverain se conduit en apprenti sorcier, tout en conseillant à Aznar de quitter le rocher et même de rendre Ceuta et Melilla, ce qui achèvera de convaincre le Chef du gouvernement espagnol qu'il ne peut compter que sur l'appui de Washington.
Opération « Romeo Sierra »
Le dispositif préparé par le ministre espagnol de la Défense, Federico Trillo, est démesuré au regard de l'objectif : une frégate, deux corvettes, un sous-marin d'attaque, des hélicoptères lourdement armés et des F-18 en alerte sur la base de Morón.
Le 17 juillet, à 4H00 du matin, six appareils décollent d'El Copero. L’opération « Romeo Sierra » était lancée. Deux heures de vol, puis le détroit. Trois Cougar se stabilisent au-dessus du rocher malgré les rafales de vent, chargés de bérets verts et d'opérateurs des forces spéciales. Trois autres appareils couvrent l'assaut. Les sommations sont hurlées au haut-parleur en trois langues : arabe, français et espagnol.
Le déroulé de l'opération Romeo Sierra lancée par Madrid contre la présence marocaine sur l'îlot Leïla (Perejil). Infographie : Mohamed Drissi K. / Le DeskCôté marocain, c'est silence radio. Un patrouilleur croise à moins d'un mille au nord. Il a la capacité d'abattre les hélicoptères. Il signale l'irruption à sa base de Tanger et n'obtient aucune instruction. Il ne débâchera jamais son artillerie et dérivera lentement vers le large, dans le noir.
Les commandos descendent le long des échelles de corde, ratissent le caillou, s'approchent de la tente. Personne n'en sort pour les arrêter. À l'aube, trois soldats marocains se rendent, puis trois autres, bras levés. Ils étaient six. À 7 h 59, Trillo appelle Aznar : mission accomplie. Le drapeau or et sang flotte sur Perejil.
Les images de l'opération, filmées par le médecin militaire de la mission, seront publiées en novembre 2004 par l'hebdomadaire Interviú : des mokhaznis hagards, encagoulés, interrogés sous la menace. Les unes d'El País et d'El Mundo mettent en scène la plantation du drapeau dans une composition qui cite explicitement la photographie d'Iwo Jima. Une partie de la presse espagnole parlera de Reconquista.
« Dix minutes, ou j'irai jouer avec mes petits-enfants »
La sortie de crise se joue au téléphone. Les Marocains ayant cessé de répondre aux appels espagnols, Aznar demande à Ana Palacio d'obtenir la médiation américaine. Colin Powell, en pleine campagne afghane et en pleine préparation de l'invasion de l'Irak, s'exécute de mauvaise grâce. Il concocte un accord de retrait. On lui répond que seul le Roi peut le valider, mais ce dernier est en voiture et le protocole interdit ce type d'échange. Powell finit par prévenir Benaïssa qu'il dispose de 10 minutes pour le mettre en ligne avec Mohammed VI, faute de quoi il ira « jouer avec (ses) petits-enfants et les Espagnols ne quitteront jamais l'île ». Le roi décroche. Le rocher est évacué, restitué à son vide.
Des années plus tard, dans une interview, Colin Powell résumera l'épisode d'une phrase : une histoire ridicule, mais qui en dit long. Vingt-quatre heures durant, le secrétaire d'État de la première puissance mondiale n'aura eu à traiter qu'un « caillou minuscule et stupide » que ses agences de renseignement avaient eu du mal à localiser sur les cartes.
Trois mille ans de clandestins
Il faut tenir ensemble les deux images pour mesurer ce que Perejil a d'exceptionnel. D'un côté, un rocher aride que les bergers de Belyounech rejoignent parfois à marée basse pour y faire paître quelques chèvres. Son nom en amazigh, Tura, signifierait « vide ». En arabe, on dit Leïla, la nuit.
De l'autre, une stratigraphie de fantasmes qu'on chercherait en vain sur un territoire mille fois plus vaste. La caverne de Calypso, si l'on en croit Bérard. La cache aux trésors des corsaires de la course. Les écrans radar installés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale pour surveiller le trafic allié dans le détroit. Aujourd'hui, un point d'appui pour les passeurs de haschisch et pour ceux qui, venus de bien plus au sud, préparent là leur propre traversée vers l'Europe, leur odyssée à eux, sans nymphe et sans radeau divin.
Toujours la même fonction, à travers trois millénaires : se dissimuler. Le nom grec de la nymphe tenait déjà tout entier dans ce verbe.
Le seul décor que Hollywood ne pouvait pas obtenir
Il y a quelque chose de saisissant dans le fait que la plus grande production jamais consacrée à l'Odyssée ait sillonné le Maroc pendant des semaines sans s'arrêter au seul endroit du Royaume dont un helléniste français a soutenu, 40 ans durant, qu'il figurait nommément dans le poème.
On comprend pourquoi, du reste. Perejil est « incinématographiable » au sens industriel du terme : 13 hectares de caillasse sans accès, sans plateau, sans logistique, et surtout sans statut. Un décor qui n'appartient à personne et dont personne ne peut autoriser l'usage. Aucune commission de tournage ne délivre de permis pour une île dont deux États s'accordent seulement à ne pas parler.
Mais il y a peut-être une justice là-dedans. Le rocher a résisté à l'IMAX comme il a résisté à tout le reste. Il a échappé à la cartographie espagnole, à la souveraineté marocaine, à la diplomatie américaine, à l'attention du monde et maintenant à Hollywood. Il est resté ce qu'Homère avait décrit sans le savoir, ou ce que Bérard a cru qu'il avait décrit : le lieu où l'on n'est pas vu.
Ulysse y avait passé 7 ans à pleurer face à la mer en refusant de devenir immortel, parce qu'il préférait rentrer chez lui. Vingt-quatre ans avant que Matt Damon ne prête ses traits au héros dans les salles obscures, six hommes en uniforme se sont rendus sur ce même caillou, à l'aube, sans tirer un coup de feu, pendant que deux royaumes s'accusaient mutuellement de coloniser l'autre.
Le persil de mer, lui, continue d’y pousser.
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