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21.05 21.05.2021
Féminismes au Maroc: Une dérive à travers les territoires
À l'heure d'ébullition et de multiplicité du mouvement féministe, Hanan Dalouh Amghar et Maggie Schmitt ont entamé un processus de recherche qui a débuté par un voyage au Maroc en février 2020. Cette recherche, soutenue par La Laboratoria. enquête sur les collectifs féministes et / ou de femmes avec lesquels elles ont interagi.
Lieu - Musée Reina Sofía, Nouveau building, Protocol Room à 18h00
12.02.2016 à 12 H 55 • Mis à jour le 24.07.2016 à 22 H 05
Par

Nomination Une Gnawia sépharade à la tête de la culture française

La nomination par Hollande de la fille d’Azoulay à la tête du ministère de la Culture a mis l’élite marocaine en émoi. Y a-t-il vraiment de quoi ?

Dès l’annonce, les réseaux sociaux nationaux ont été pris d’une grande fébrilité : le gouvernement Hollande compte désormais une troisième ministre d’origine marocaine. Après Najat Vallaud-Belkacem, puis Myriam El Khomri, voici Audrey Azoulay !


Hormis leur ascendance marocaine commune, les trois femmes ne partagent pas tout à fait les mêmes origines socio-culturelles.


La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, est une « beurrette » pur jus. Autrement dit, une Française issue de l’immigration maghrébine, donc de milieu modeste. Elle est arrivée là où elle est grâce à cette fameuse école républicaine, censée assurer ce qu’on appelle l’ascenseur social. Plutôt jolie, avec ça. L’image même d’une intégration réussie.


Le cas de la ministre du Travail, Miryam El Khomri, est tout autre. La jeune femme est ce qu’on appelle, chez nous, une enfant de couple mixte. Sa mère, une Bretonne, a enseigné au Lycée Régnaut à Tanger. Elle-même a fait son primaire à l’École Adrien Brechet, avant de quitter le Maroc pour la France à l’âge de neuf ans. On ne sait pas grand chose d’El Khomri père, mais on peut aisément imaginer le milieu classe moyenne supérieure de gauche dans lequel a dû baigner l’adolescence de cette fille de prof.


Le profil de la toute nouvelle ministre de la Culture est autrement plus complexe. Certes, Audrey Azoulay, a toujours vécu à Paris où son père occupait de hautes fonctions à BNP-Paribas, avant d’être rappelé au Maroc en 1991, par Hassan II, pour occuper le poste de Conseiller économique royal qu’il n’a, depuis, plus quitté.


C’est donc, non pas une Française d’origine marocaine lambda qui vient d’intégrer le gouvernement Hollande, mais bien la fille d’un des principaux personnages du makhzen chérifien. D’autant plus principal que l’on sait parfaitement que les missions que Hassan II confiait à son conseiller judéo-souri débordaient largement le caractère économique de ses foncions officielles : lobbying en direction des instances juives internationales, etc, etc.


Le Festival Gnawa des musiques du monde d'Essaouira dont il est l'instigateur reste une des plus grandes fiertés du Conseiller royal. FADEL SENNA / AFP



Comme s’est exclamé, en plaisantant, un de mes amis souris : « Tu te rends compte. La ministre de la Culture en France est une spécialiste de la musique gnawie… », faisant allusion, évidemment, au fameux Festival Gnawa des musiques du monde d’Essaouira, dont on sait qu’il représente une grande fierté pour son instigateur, André Azoulay.


Est-ce à dire que la nomination de cette énarque, de 43 ans, non encartée PS, à la tête du ministère français de la Culture aura une incidence quelconque sur les relations entre les deux pays ? Rien n’est moins sûr.


Réputée femme de dossiers, plutôt spécialisée dans les secteurs des médias et du cinéma, cette proche de Julie Gayet a , dit-on, devant elle plusieurs dossiers épineux, à caractère technique, à régler et ce, à pas beaucoup plus d’un an des élections présidentielles.