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05.03.2022 à 11 H 36 • Mis à jour le 05.03.2022 à 11 H 36

Conflit russo-ukrainien : quelles conséquences possibles pour l’économie marocaine ?

Dans son dernier Policy Brief, le think tank Policy Center for the New South (PCNS) se penche sur les incidences économiques du conflit en cours entre l’Ukraine et la Russie sur l’économie africaine et évalue l’impact des récents événements sur le Maroc



Respectivement 13ème et 61ème économies en termes de PIB avec 2 % et 0,2 % de la richesse créée dans le monde, la Russie et l’Ukraine ne sont pas des puissances déterminantes dans l’économie mondiale, mais jouent un rôle central dans le commerce de certains produits clés.


En effet, bien que leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales reste limitée, les deux belligérants sont des acteurs majeurs dans plusieurs marchés de matières premières. De la sorte, la Russie fournit, de manière respective, 11 % et 9 % des importations mondiales de pétrole et de gaz, et assure 24 % des besoins mondiaux en blé et 23 % des importations mondiales de l’huile de tournesol.


Montage : Mohammed Mhannaoui/Le Desk


De son côté, l’Ukraine représente 10 % des exportations mondiales de blé, 10 % des exportations d’huiles végétales et de graines oléagineuses, dont 50 % de la demande mondiale en huile de tournesol. Notons que les régions de Donetsk et Louhansk, épicentre des opérations militaires en cours, produisent 8 % du blé ukrainien et 9 % des graines de tournesol.


Montage : Mohammed Mhannaoui/Le Desk


Selon les auteurs de la publication, cette guerre impactera fortement les prix de ces produits, d’ailleurs, cette tendance haussière s’est faite observer dès le début de l’invasion russe en raison de la perturbation de la capacité d’approvisionnement et des voies de transport de l’Ukraine, bien que les récoltes aient lieu en été et les exportations en automne.


Montage : Mohammed Mhannaoui/Le Desk


Dépendante des importations pour subvenir à ses besoins énergétiques et alimentaires, l’économie marocaine sera la plus impactée parmi les six plus grandes économies africaines. À cet égard, dans ce top 6 qui pèse 60 % du PIB du continent, trois pays sont exportateurs d’énergie, à savoir, l’Algérie, l’Angola et le Nigéria  et deux autres sont proches de l’autosuffisance énergétique : l’Égypte et l’Afrique du Sud.


Les importations marocaines de pétrole, de gaz et de charbon ont représenté 6,4 % du PIB national en 2019, et celles des céréales 1,4 % durant la même année. En raison de la mauvaise campagne agricole qui s’annonce, le think tank prévoit des importations de céréales deux à trois fois plus importantes.


Montage : Mohammed Mhannaoui/Le Desk


Ainsi, la combinaison de la sécheresse et de la hausse des prix de l’énergie et des céréales devra couter au pays entre 1 et 2 % du PIB en 2022. Cette situation aggravera davantage le déficit budgétaire, estimé cette année à 6,5 % du revenu national, vu la taille des subventions accordées au gaz et au blé.


Ceci étant, la publication soutient que le conflit russo-ukrainien, et par conséquent la hausse des taux d’intérêt, impactera encore plus les finances publiques des autres pays importateurs d’énergie africains, bien qu’ils soient moins dépendants des russes et des ukrainiens que le Maroc. Ceci est expliqué par les fortes dettes extérieures de ces pays, par leurs taux de pauvreté plus importants, ainsi que par leur faible industrialisation.


Les auteurs du Policy Brief avancent que ce conflit pourrait même constituer une opportunité pour l’économie marocaine grâce à une réorientation des exportations. Cette potentielle réorientation dépendra de l’ampleur et la durée des sanctions prises à l’encontre de la Russie.


Montage : Mohammed Mhannaoui/Le Desk


De ce fait, les productions marocaines de fruits, de légumes et de poisson, qui représentent 2,6 % du revenu national, pourraient remplacer les exportations européennes vers la Russie, et les exportations marocaines d’engrais (4,5 % du PIB) pourraient concurrencer les exportations russes sur les marchés européens.


Notons que les importations marocaines de Russie se sont élevées à 12,7 milliards de dirhams (MMDH) en 2021, et celles en provenance de l’Ukraine à 2,7 MMDH  tandis que les exportations vers la Russie ont été chiffrées à 653,8 millions de dirhams (MDH) la même année, et celles en destination de l’Ukraine à 676,9 MDH.

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