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18.05.2024 à 01 H 31 • Mis à jour le 18.05.2024 à 01 H 31

Entrepreneuriat au Maroc: ce qu’en disent les chiffres de l’OMTPME

Recul des créations d’entreprises, hausse des dissolutions, fragilisation des trésoreries … le tissu entrepreneurial marocain, majoritairement jeune et prédominé par les TPE, demeure confronté à plusieurs difficultés, révèlent les derniers rapports régionaux de l’Observatoire marocain des TPME (OMTPME). Voici en chiffres et par régions la radioscopie des TPME au Maroc



Le tissu entrepreneurial national, dont les jeunes très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) constituent la quasi-totalité, demeure confronté à de multiples défis. C’est ce que mettent encore en évidence les derniers rapports régionaux de l’Observatoire marocain des Très petites, petites et moyennes entreprises (OMTPME) publiés ce 16 mai.


Offrant une radioscopie du système productif des différentes régions dont les données ont pu être traitées (les rapports régionaux portant sur les provinces du Sud n’étant pas encore prêts, en raison de traitement supplémentaires des données brutes de ces régions, ndlr), ces rapports dévoilent aussi les contraintes auxquelles sont confrontées ces acteurs.


Baisse des créations, hausses des dissolutions

La quasi-totalité des TPME marocaines sont des microentreprises avec des effectifs de moins de 10 salariés. La prédominance de celles-ci dans le tissu entrepreneurial marocain est constante entre les régions à des taux qui varient entre 80 et plus de 95 %. En outre, il s’agit majoritairement de jeunes entreprises dont l’âge ne dépasse pas 5 ans. Ces entreprises récentes constituent plus de la moitié, voire jusqu’à deux tiers dans certaines régions, du tissu productif.


Alors que la petite taille et le manque de maturité du tissu entrepreneurial national le rend moins robuste face aux crises, les chiffres de l’OMTPME au titre de l’année 2022 viennent confirmer encore la tendance inquiétante qui se poursuit avec acuité depuis le déclenchement de la crise sanitaire : la décélération de la création des entreprises face à la montée du nombre de dissolutions. Selon la même source, 6 sur les 9 régions étudiées affichent des tendances négatives en matière d’entrepreneuriat avec des baisses du nombre des entreprises créées allant de 2,2 % jusqu’à 34,5 % en glissement annuel.


Les trois autres régions, à savoir Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra affichent respectivement des hausses modérées de 1,3 %, 3,4 % et 4,7 % du nombre des entreprises créées entre 2021 et 2022. Dans l’ensemble des neuf régions concernées, la construction demeure le premier secteur d’activité qu’intègrent ces nouveaux acteurs (entre 30 et plus de 50 %, selon les régions). En outre, près des deux tiers de ces entreprises nouvellement créées ont un statut de société à responsabilité limitée à associé unique (SARL-AU), avec une prévalence avoisinant les 60 % dans l’ensemble des régions.


Un autre constat inquiétant : la décélération de la création de nouvelles entreprises s’accompagne d’une montée de la dissolution de celles préexistantes. En effet, le nombre des entreprises qui ont cessé leurs activités en 2022 a augmenté dans l’ensemble des régions, avec des hausses importantes allant de 10,8 % à Casablanca-Settat jusqu’à 80 % à Marrakech-Safi. Ces taux oscillent entre 20 et 40 % pour les autres régions, avec une seule exception : Tanger-Tétouan-Al Hoceima, où le nombre des défaillances d’entreprises ressort en recul de 22 % pour 2022.


Dégradation des trésoreries des TPME

La poursuite de la vague des défaillances en 2022 met en évidence les contraintes auxquelles sont confrontées les TPME, peinant de plus en plus à assurer leur survie. Pour celles qui arrivent à maintenir le cap, la situation n’est pas meilleure. En effet, les chiffres de l’OMTPME montrent que ces entreprises font face à une situation financière de plus en plus compliquée, alors que leurs trésoreries continuent à se dégrader. Dans plus de la moitié des régions dont les données sont publiées, le nombre des TPME qui rapportent une trésorerie positive enregistre des baisses.


Bien qu’une bonne partie de ces entreprises soulignent une amélioration de leur situation financière par rapport à 2020, les résultats des rapports régionaux révèlent des problèmes au niveau de la liquidité, avec des ratios moyens de liquidité générale des microentreprises dans l’ensemble des régions en-deçà de 1 % (seuil acceptable reflétant la capacité d'une société à sa dette à court terme, ndlr).


Un autre hic pour les TPME marocaines demeure l’accès au financement. Dans ce sens, les données de l’OPTME jettent la lumière sur les difficultés qui se posent à cet égard, tandis que les fonds propres et les crédits auprès des associés demeurent les principaux moyens de financement pour les entreprises partout au Maroc. La part des crédits bancaires dans les passifs des TPME marocaine demeure ainsi limitée, ne dépassant pas les 20 % et oscillant souvent entre 10 et 15 % dans la majorité les régions.  En revanche, la dette auprès des associés accapare une part importante du passif des entreprises à travers le pays, allant jusqu’à 40 % dans certaines régions.


Les rapports régionaux sur les TPME font ressortir un autre obstacle à l’accès au financement : l’âge de ces entreprises. Une comparaison entre la répartition des encours des crédits dans les différentes régions en 2022 rend évident que la priorité est souvent donnée aux entreprises qui ont à leur capital une décennie ou plus d’exercice. En effet, les TPME âgées de plus de 10 ans concentrent, dans certaines régions, jusqu’à 70 % de l’encours total des crédits des TPME.   Cet obstacle est encore plus imposant pour les entreprises dirigées par des femmes, avec des part ne dépassant pas parfois les 2 % de l’encours global des crédits.

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