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Media Fail
31.01.2016 à 17 H 14 • Mis à jour le 31.01.2016 à 17 H 29
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Quatre directeurs centraux de la Samir limogés par Jamal Ba Amer à cause d’une lettre envoyée au gouvernement. Vraiment ?

À l'origine

Dans De Bonnes Sources du jeudi 28 janvier,  L’économiste a annoncé que trois directeurs centraux de la Samir ont été écartés par le directeur général Jamal Ba Amer pour « divergences de vue ». Trois jours plus tard, l’information est reprise par le média digital Qushq, lancé récemment par le nouveau patron du PAM, Ilays El Omari. Le site arabophone confirme l’information, mais parle dans son article de licenciement de quatre directeurs centraux : Mohamed Ghayate, directeur du pôle Ressources, Ahmed Harrouch, directeur du Pôle Finances et Comptabilité, Abderrahmane Al Jousha’a, directeur Approvisionnement, et Abdellatif Mhaidra du pôle Raffinage.

Les détails

Si l’Economiste est resté prudent dans l’interprétation de ce qui est présenté comme une « chasse aux sorcières » qui touche les hauts cadres de la Samir, le site Qushq a largement commenté la question. Cette vague de licenciement serait ainsi liée, explique le site, à la lettre envoyée par ces mêmes directeurs le 19 novembre dernier aux ministres de l’Intérieur, de l’Energie et des Finances. Une lettre de dénonciation par laquelle ils ont manifesté leur solidarité avec l’Etat dans ce contentieux avec l’actionnaire du raffineur, Cheikh Al Amoudi. Le milliardaire saoudien et son bras droit au sein de la Samir, Jamal Ba Amer, auraient ainsi "décapité les traîtres". Une revanche "sale" qui devrait en principe susciter de l’indignation.

Les faits réels

L’information relayée par le DBS de l’Economiste et gonflée par Qushq est tronquée. Le jour où l’information a été publiée dans l’édition du quotidien économique, Abdellatif Mhaidra tenait une réunion avec ses équipes du pôle Raffinage au siège de la Samir à Mohammedia, selon une source interne. Et il n'a pas quitté son poste depuis. Idem pour le Saoudien d’origine yéménite Abderrahmane Al Jousha’a, qui reste à ce jour directeur du pôle Trading du raffineur. Le directeur du pôle Finances, Ahmed Harrouch, a quitté son poste, mais n’a pas été pour autant écarté ou limogé, puisqu’il reste toujours à la tête de TSPP, filiale de stockage et de transport du groupe. En vérité, seul Mohamed Ghayate a été écarté, ou plus précisément "suspendu" de ses fonctions comme l'a annoncé le Desk dans son fil d'actu du 25 janvierSon poste est occupé depuis par Fahd Benmabarek, intérimaire aux RH, et Maria Charaf à l’Académie africaine de l’énergie, filiale du raffineur dédiée à la formation des cadres . Pour maquiller cette décision, Ghayate a été poussé à signer une demande de congés d’une durée d’un mois. « La Samir va sortir un démenti officiel lundi 01 février pour mettre au clair cette affaire », confie notre source.

Le verdict

Selon des sources internes au sein de la Samir, cette intox autour de la revanche Al Amoudi contre son staff  ne sert que les intérêts de Mohamed Ghayate. Jusque-là membre du bureau politique du PAM, l’homme jouait cette semaine sa position au sein du parti, l’élection d’un nouveau bureau étant programmée pour ce dimanche. « Il voulait politiser son écartement, se présenter comme un martyre, une victime d’Al Amoudi, tombée pour servir les intérêts suprêmes de la nation. Ce qui n’a pas été apprécié par les autres directeurs du groupe, qui se sont trouvés mêlés dans des calculs politiciens qui ne les concernent pas», explique notre source. La stratégie Ghayate n’a finalement pas été payante : réuni dimanche 31 janvier, le conseil national du PAM a choisi les 30 membres du nouveau bureau politique présidé par Ilyas El Omari. Tous les cadors du parti, ou presque, s’y trouvent, sauf Ghayate. Ancien bras droit de Jamal Ba Amer, Ghayate, qui faisait selon plusieurs cadres de la Samir la pluie et le beau temps au sein du raffineur, semble avoir tout perdu ces derniers jours. Mais il lui reste une dernière forteresse politique : celle du WAC, équipe mythique de Casablanca dont il est le vice-président, aux côtés d’un autre Pamiste, le député Said Naciri.