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Rumeurs, hoax et assertions médiatiques passés au crible

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Rumeurs
15.09.2016 à 19 H 52 • Mis à jour le 17.09.2016 à 17 H 32
Par

Un article de presse tendancieux à l’origine de l’emballement de l’affaire Kabbadj-Echenna

À l'origine
Depuis quelques jours, une polémique enfle sur les réseaux sociaux et dans la presse évoquant des propos haineux sortis de la bouche du candidat salafiste du PJD à Marrakech-Guéliz, Hammad Kabbadj, envers Aicha Echenna, figure de la société civile et fondatrice de l’association « Solidarité féminine ».
Les détails
Le salafiste, déjà sujet à de nombreuses controverses, aurait traité la militante féministe d’« icône de la débauche » et de « marraine des prostituées et de toutes les dépravées du pays », selon de nombreux articles de presse qui ont relaté les faits. Kabbadj, s’en est défendu ce jeudi sur sa page Facebook en niant catégoriquement les propos qui lui avaient été attribués, exigeant que ceux qui les colportent en produisent les sources.

L’association « Touche pas à mon enfant » accuse Kabbadj, d’avoir « visé les mères célibataires », et celle qui défend leur cause, Aïcha Echenna , selon un communiqué de Najat Anwar, présidente de l’association, connue par le passé pour avoir mené bataille contre les abus sexuels pratiqués contre les enfants à Marrakech, mais qui s’était aussi fait remarquer par ses tergiversations lors du scandale Galvan, du nom du pédophile espagnol, dont la grâce royale avait défrayé la chronique en 2013.
Les faits réels
Selon des sources recoupées par Le Desk, cette polémique trouve en fait son origine dans un article publié le 4 septembre par le site Rue20.com, un média connu pour ses positions hostiles envers le PJD et coutumier d’articles à charge à l’endroit de ses dirigeants politiques.

Celui-ci a indiqué que Kabbadj a attaqué Echenna via sa chaine Youtube, alors qu'il n’existe aucune trace de cette vidéo. C’est pourtant sur la base de ces allégations que l’association « Touche pas à mon enfant », a diffusé un communiqué, repris par les médias, dénonçant ces propos non vérifiés, avant d’en informer Echenna.

Dès le 5 septembre, une source interne de l'association, vecteur de cette polémique a confirmé ne pas avoir de preuves concrètes sur ces déclarations « à l'exception de ce qui a été publié par une certaine presse ». Najat Anwar est pour sa part demeuré injoignable.
Le verdict
Dans le contexte très tendu de cette période pré-électorale, certains médias usent de tous les moyens pour décrédibiliser des candidats et des formations politiques, le PJD en tête, notamment sur des thématiques sociétales fortement clivantes. La polémique Kabbadj-Echenna n'en est qu'un des multiples épisodes qui posent, au-delà des considérations idéologiques, la question nodale du rôle de la presse et plus encore de la contamination du paysage médiatique par une presse jaune, soutenue et encouragée dans ce sens.