Ali Khamenei tué : l’Iran en deuil poursuit ses frappes, Trump menace d’une riposte « sans précédent »
L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran depuis 1989, a été tué samedi lors de l’attaque conjointe menée par Israël et les États-Unis, ont confirmé dans la nuit les médias d’État iraniens. La disparition de celui qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant près de 37 ans marque un tournant historique pour l’Iran et ouvre une séquence d’incertitude majeure au Moyen-Orient.
Téhéran a décrété 40 jours de deuil national ainsi que 7 jours fériés. Les autorités ont également annoncé la mort de Mohammad Pakpour, chef des Gardiens de la révolution, ainsi que d’Ali Shamkhani, proche conseiller du Guide suprême.
Dans la nuit de samedi à dimanche, l’annonce de la mort d’Ali Khamenei a suscité des réactions contrastées dans la capitale iranienne. Des applaudissements et de la musique ont retenti depuis certaines fenêtres, accompagnés d’acclamations dans les rues. Dimanche matin, l’atmosphère avait changé. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens et scandant « mort à l’Amérique » et « mort à Israël ». La colère populaire s’est mêlée au choc d’un événement sans précédent depuis la révolution de 1979.
La Constitution iranienne prévoit un mécanisme de transition en cas de vacance du poste de Guide suprême. Selon les déclarations de Mohammad Mokhber, un triumvirat assurera l’intérim. Il sera composé du président iranien Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution. Cette direction collégiale devra superviser la période transitoire dans un contexte de guerre ouverte et de tensions extrêmes.
Mais la stabilité institutionnelle paraît fragile. La disparition simultanée de plusieurs figures clés du régime affaiblit considérablement la chaîne de commandement, notamment au sein des Gardiens de la révolution, pilier sécuritaire et idéologique de la République islamique.
Dimanche matin, des explosions ont été entendues dans plusieurs pays du Golfe, notamment au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, ainsi qu’en Israël. Les Gardiens de la révolution ont annoncé que « la plus féroce opération offensive de l’histoire des forces armées de la République islamique d’Iran » allait débuter « d’un moment à l’autre » contre « les territoires occupés et les bases terroristes américaines », promettant « un châtiment sévère » aux « meurtriers » d’Ali Khamenei.
De son côté, le président américain Donald Trump a menacé Téhéran d’une riposte militaire « sans précédent » en cas de représailles. Samedi soir, il avait affirmé que les frappes se poursuivraient « sans interruption tout au long de la semaine, ou aussi longtemps que nécessaire pour atteindre notre objectif de paix dans tout le Moyen-Orient et dans le monde entier ».
Israël a également intensifié ses opérations. L’armée israélienne a indiqué que « des dizaines d’avions de combat » avaient frappé plus de 30 cibles dans l’ouest et le centre de l’Iran, visant notamment des systèmes de défense aérienne, des lanceurs de missiles, des centres de commandement militaire et d’autres cibles liées au régime. Des détonations ont de nouveau été entendues à Téhéran durant la nuit, confirmant la poursuite des bombardements.
Dans ce contexte de vacance du pouvoir, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a pris la parole dans une tribune publiée par le Washington Post. Il y remercie Donald Trump pour l’attaque menée samedi et se dit prêt à conduire une transition politique. Il plaide pour une séparation de la religion et de l’État, l’adoption d’une nouvelle Constitution rédigée puis ratifiée par référendum, ainsi que l’organisation d’élections libres sous supervision internationale.
Cette prise de position intervient alors que le régime iranien vacille sous le choc des frappes et que des voix, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, appellent à une refondation complète du système politique instauré après 1979.
À New York, l’Iran a saisi les Nations unies, dénonçant un « crime de guerre et un crime contre l’humanité » après la mort de civils lors des frappes israélo-américaines. Téhéran accuse Washington et Tel-Aviv d’avoir violé le droit international et promet d’engager toutes les voies diplomatiques et juridiques possibles.
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