Amnesty International annonce avoir transmis les détails de son enquête au gouvernement marocain
Dans un communiqué diffusé ce 4 juillet, Amnesty International réagit aux propos du gouvernement. Elle présente l'exécutif marocain comme menant « une campagne de dénigrement contre l'organisation ». « Les attaques des autorités marocaines contre la crédibilité d'Amnesty International et la campagne de dénigrement orchestrée contre le bureau d'Amnesty Maroc à Rabat montrent à quel point ils sont devenus intolérants à l'égard de l'examen et des critiques légitimes de leur bilan en matière de droits humains », affirme Amnesty International.
Pour rappel, près d'une semaine après la publication d'une enquête d'Amnesty International par 17 médias internationaux, dont Le Desk, au sujet de l'espionnage du journaliste Omar Radi, le gouvernement a réagi officiellement ce 3 juillet par la voie de trois de ses ministres (Mustapha Ramid, Saaid Amzazi et Nasser Bourita).
D'après Amnesty International, une lettre officielle a été envoyée au gouvernement marocain ce 3 juillet fournissant les résultats de ses recherches et présentant des détails supplémentaires sur sa méthodologie de recherche. « Au lieu de s'engager de manière constructive avec les conclusions de notre rapport, les autorités choisissent de poursuivre leur attaque », précise Heba Morayef, directrice d'Amensty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique.
AI ajoute que « des dizaines de militants de droits humains, de journalistes indépendants et manifestants sont actuellement en prison. Les autorités marocaines ont en plus profité de la pandémie du Covid-19 des derniers mois pour poursuivre leur répression », indique-t-on.
Dans ses réactions, le gouvernement marocain accuse Amnesty International de ne pas lui avoir donné la possibilité de répondre avant la publication de l'enquête. A ce sujet, AI précise que « les autorités marocaines ont été notifiées, par une lettre officielle envoyée par e-mail à cinq fonctionnaires du ministère d'Etat des droits de l'Homme, dès le 9 juin ». On leur annonçait l'intention d'Amnesty International de publier une enquête dans les deux semaines qui suivent. La même correspondance invitait le gouvernement à fournir des commentaires à inclure dans le rapport, selon AI. « Aucune réponse ne sera fournie par le Maroc », affirme l'ONG.
Au sujet de l'implication du gouvernement, AI rappelle que le piratage du téléphone mobile de Omar Radi s'est effectué via « une injection de réseau », comme précisé dans l'enquête. Cette technique, précise AI, nécessite « un effet de levier sur les opérateurs mobiles du pays qui puisse permettre de mettre le journaliste Omar Radi sur écoute, via sa connexion internet mobile. Seul le gouvernement peut autoriser ça », précise-t-on.
Les conclusions d'Amnesty International vont dans le même que celles publiées par d'autres organisations, comme Privacy International et Citizen Lab. « Tous documentent l'achat par le gouvernement marocain de l'utilisation illégale de technologies de surveillance », rappelle-t-on.
« Outre la campagne de diffamation contre Amnesty International, le 24 juin, Omar Radi, le journaliste cité dans le rapport d'Amnesty comme ayant fait l'objet d'une surveillance illégale par les autorités marocaines, a été sommé de comparaître devant la Brigade nationale de police judiciaire. Omar Radi a été convoqué à nouveau le 2 juillet pour la deuxième fois », précise le communiqué disponible sur le site officiel de Amnesty International.
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