Ayant promis l’escalade, les syndicats de la santé annoncent de nouvelles grèves nationales
Les syndicats de la santé commencent l’escalade de leurs protestations. Dans un communiqué diffusé ce 11 juillet, la coordination de huit organisation syndicales, affiliées et indépendantes représentant différents corps de professionnels, a annoncé une nouvelle série de grèves nationales, en plus de la poursuite du programme annoncé dès juin dernier, en réponse à la répression « brutale » de leur manifestation à Rabat.
Comme promis à la suite des événements d’hier mercredi, la coordination a arrêté un ensemble d’actions, dont la première est la prolongation de la grève actuellement en cours. Le débraillage entamé le 9 juillet, et qui devait prendre fin ce jeudi se poursuivra donc jusqu’au vendredi. Celui-là sera suivi de deux autres grèves de cinq jours chacune, à compter du 15 juillet.
Un boycott de l’ensemble des activités, programmes et campagnes de la santé, ainsi que des différentes procédures administratives, était déjà prévu dès cette date. Cependant, au vu des récentes évolutions, la coordination a décidé de décréter des grèves nationales qui se poursuivront jusqu’à la fin du mois dans l’ensemble des services des hôpitaux et centres de santé publics. En parallèle, des marches et sit-in nationaux, régionaux et provinciaux seront organisés.
A l’issue de ce mois de protestation, la coordination promet un nouveau programme de grèves et de manifestations en cas de non-réactivité de la part du gouvernement. Dans ce sens, elle impute la responsabilité de cette escalade au Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, dont « l’indifférence » suivie de « pratiques agressives » face aux revendications des cadres de la santé n’a fait qu’ « accentuer la colère et la frustration » parmi leurs rangs.
Pour rappel, les médecins et infirmiers protestent depuis des mois le « non-respect » par le gouvernement des engagements pris en décembre dernier dans le cadre du dialogue sectoriel. En juin, la programmation par l’Exécutif, sans concertation préalable, de certains décrets dans le cadre de la réforme en cours du système de la santé a attisé davantage la colère de ces professionnels qui, regroupés au sein d’une coordination, ont vite annoncé leur programme de grèves et de sit-in.
Ce 10 juillet, alors qu’ils organisaient une manifestation dans la capitale, ces médecins et infirmiers ont été rencontrés par des canons d’eau et l’intervention « violente » des autorités. Selon nos sources, plus d’une vingtaine d’entre eux ont été arrêtés, puis relâchés dans la nuit du mercredi au jeudi, trois ont été hospitalisé, tandis que plusieurs ont souffert de blessures de différents degrés.
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