Bank Al Maghrib : l’industrie repart prudemment en mars
L’activité industrielle au Maroc a montré des signes d’amélioration en mars 2025, selon l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib, même si des tensions persistent dans certains secteurs clés comme le textile et la chimie.
La Banque centrale indique que le taux d’utilisation des capacités (TUC) a atteint 79 % en mars, contre 78 % le mois précédent, marquant une légère progression de l’activité industrielle nationale. Cette amélioration s’est traduite par une hausse généralisée de la production et des ventes, à l’exception notable de la branche du textile et cuir, où la production est restée inchangée et les ventes ont accusé un repli.
Les ventes globales ont progressé tant sur le marché local qu’à l’export. Toutefois, les commandes sont restées globalement stables, reflet de dynamiques contrastées selon les filières : elles ont augmenté dans l’agroalimentaire et la mécanique et métallurgie, stagné dans le textile et cuir, et reculé dans la chimie et parachimie.
Les carnets de commandes, quant à eux, se sont maintenus à un niveau jugé "normal" par les industriels, mais cette moyenne masque d’importants écarts : les niveaux ont été jugés supérieurs à la normale dans l’agroalimentaire et la mécanique, et inférieurs dans la chimie et le textile.
Pour les trois mois à venir, les anticipations des industriels traduisent un certain optimisme, avec des prévisions haussières sur la production et les ventes dans la majorité des branches. Néanmoins, les secteurs de la chimie et parachimie et du textile et cuir devraient connaître une baisse de la production et une stagnation des ventes. En parallèle, plus d’une entreprise sur cinq exprime des incertitudes quant à l’évolution future de la production.
Au premier trimestre 2025, 76 % des entreprises ont qualifié le climat général des affaires de « normal », tandis que 14 % l’ont jugé « défavorable ». Cette perception varie fortement selon les branches : dans le textile et cuir, 87 % des industriels estiment le climat « normal », contre 81 % dans l’agroalimentaire.
Les conditions de production ont été jugées normales par 78 % des industriels, mais 20 % les ont qualifiées de difficiles. Cette proportion grimpe à 33 % dans la chimie, traduisant les tensions persistantes dans ce secteur.
Les effectifs employés sont restés globalement stables. Dans la chimie et parachimie, 84 % des entreprises signalent une stagnation des emplois. Les hausses les plus notables ont été observées dans l’agroalimentaire (33 %) et le textile (25 %), alors que la mécanique et métallurgie affiche un recul des effectifs dans 40 % des entreprises.
Pour les prochains mois, la majorité des industriels (74 %) prévoient une stagnation de l’emploi, 25 % anticipant une hausse.
Sur le plan financier, les coûts unitaires de production sont restés stables pour 62 % des entreprises, mais 35 % déclarent une augmentation, notamment dans la chimie et parachimie (48 %) et la mécanique et métallurgie (46 %).
Quant à la trésorerie, elle est jugée « normale » par 76 % des industriels, mais 21 % évoquent une situation difficile. Cette part atteint 43 % dans le secteur de la chimie, indiquant de fortes tensions de liquidité, contre seulement 9 % dans l’agroalimentaire.
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