CAN 2023: la Côte d’Ivoire ne lâche rien
Dans le dernier épisode de la dernière saison de la série Game of Thrones, le personnage de Tyrion Lannister lâchait une maxime qui allait devenir culte. Elle disait peu ou prou : rien n’est plus fort qu’une bonne histoire.
Et celle qu’est en passe d’écrire la Côte d’Ivoire sur ses terres pendant sa Coupe d’Afrique des Nations, est juste exceptionnelle.
Troisième de son groupe de poule avec 3 points et repêchée in extremis grâce à une victoire du Maroc sur la Zambie, cette équipe, qui a vu son entraîneur français Jean-Louis Gasset débarqué en milieu de compétition pour être remplacé par son adjoint Emerse Faé, va tout-à-tour éliminer le favori Sénégal, avant de plier sans jamais rompre face à ce solide Mali.
Et pourtant tout avait si mal commencé pour le pays organisateur : une vraie domination territoriale et technique d’un Mali bien en place qui va s’accaparer le ballon, se procurer les meilleures occasions, et se permettre même le luxe de rater un péno par Traore dès la 16ème minute. Les ivoiriens ont alors du mal à sortir la tête de l’eau, et tout le monde du foot voit venir la punition qui prendra tout d’abord la forme d’un carton rouge (cumul de deux jaunes) pour le solide défenseur Koussounou, coupable d’une faute grossière mais nécessaire (l’attaquant malien filait seul au but à l’entrée de la surface).
Déjà que ce n’était pas évident à 11 contre 11, la seconde mi-temps promettait d’être épique : et elle le sera. Par son storytelling, tout du moins. Quand Dorgeles ouvre le score à la 71ème, on se dit que l’attiéké (plat populaire ivoirien) est cuit pour les Éléphants. Sauf que ce serait trop facile. Sauf que l’on n’aurait pas la belle histoire à raconter à nos enfants. Sauf qu’on ne se doutait pas que la Côte d’Ivoire arracherait le droit à jouer une prolongation dans les dernières minutes du match par Adingra. Le stade va chavirer à Bouaké, et nos cœurs avec, tant on s’est pris de sympathie pour cette équipe de trentenaires débonnaires qui ne veulent décidément rien lâcher dans cette compétition qui est la leur. Mieux, ils vont même aller au bout de l’exploit en s’évitant la séance horrible des pénos, avec ce but sur talonnade de Diakité dans les dernières secondes du match, sur une frappe à l’entrée des 16m de Seko Fofana. Et pour parachever la belle histoire, ledit Diakité se mangera un second jaune pour avoir ôté son maillot, ce qui le privera d’une demi-finale à venir. Mais ça, ce sera seulement pour l’anecdote…
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03.06Football
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