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29.07.2025 à 23 H 09 • Mis à jour le 30.07.2025 à 10 H 26 • Temps de lecture : 6 minutes
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Diagnostic

Conjoncture économique à fin juillet : une dynamique contrastée, selon la DEPF

Une roue excavatrice du gisement d'OCP à Boucraa.

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF) a livré, dans sa note de conjoncture de juillet 2025, un diagnostic des évolutions économiques du Royaume sur la première moitié de l’année. Une lecture en cinq axes majeurs révèle une économie en mouvement, tiraillée entre impulsions sectorielles vigoureuses, résilience de la demande interne et déséquilibres extérieurs persistants.


Le premier constat de la DEPF concerne l’évolution sectorielle globalement favorable. Dans le primaire, le taux de remplissage des barrages a connu une nette amélioration, atteignant 37,4 % au 7 juillet, contre 28,1 % en septembre dernier. Les exportations des produits agricoles, sylvicoles et de chasse ont progressé de 9,4 % à fin juin, tandis que la valeur des débarquements de la pêche a légèrement augmenté (+0,05 %).


Le secondaire affiche une vitalité soutenue : la valeur ajoutée manufacturière s’est appréciée de 3,4 % au premier trimestre 2025. Le secteur extractif bénéficie d’un net redressement, avec une hausse de 14,5 % de la production de phosphate à fin mai. Le BTP enregistre également une dynamique robuste, tirée par des ventes de ciment en hausse de 9,8 %, portées notamment par les segments du béton prêt à l’emploi (+19,2 %) et de la préfabrication (+17,7 %).


Du côté du tertiaire, la reprise du tourisme se confirme avec +19 % d’arrivées à fin juin, +13,8 % de nuitées à fin mai, et des recettes en progression de 8,5 %. Le transport affiche une hausse de 4 % de sa valeur ajoutée au T1-2025, appuyée par une hausse du trafic portuaire (+10,2 %) et aérien (+16,4 %). Les télécommunications poursuivent leur expansion, avec des parcs mobile et Internet en croissance respective de 3,9 % et 4,1 % au premier trimestre.


La consommation des ménages reste bien orientée, stimulée par des mesures publiques de soutien au pouvoir d’achat et une hausse de 0,4 % en juin. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atteint 45,6 milliards de dirhams à fin mai, en parallèle à une progression des crédits à la consommation de 2,5 % au premier trimestre.


L’investissement suit également une trajectoire haussière : 47 projets ont été approuvés pour un montant global de 51 milliards de dirhams. Les dépenses d’investissement du Budget général de l’État ont progressé de 5 % à fin juin.


Le financement des opérations immobilières illustre cette reprise : les crédits à l’habitat ont progressé de 2,5 % et ceux à la promotion immobilière de 6,9 % à fin mai, contre respectivement +1,5 % et +4 % l’année précédente.


L’embellie des exportations (+2,8 % à fin mai) repose principalement sur le phosphate et ses dérivés (+18,1 %), l’aéronautique (+10,5 %) et l’agroalimentaire (+2 %). Toutefois, les importations ont crû plus rapidement (+7,4 %), ce qui creuse le déficit commercial de 15,1 %, portant le taux de couverture à 59,9 % (en recul de 2,7 points).


Dans le détail, les exportations minières témoignent d’une forte dynamique : les ventes de phosphate roche à l’international ont bondi de 42,5 % durant les deux premiers mois du deuxième trimestre, celles des dérivés de 15,5 %. Le chiffre d’affaires du secteur a franchi les 36,7 milliards de dirhams à fin mai, porté notamment par les engrais (+14,8 %) et l’acide phosphorique (+18,1 %).


Au-delà du phosphate, les minerais de cuivre (+15,1 %) et de plomb (+22,4 %) participent également à la diversification du portefeuille exportateur.


Les réserves officielles de change assurent une couverture confortable de 5 mois et 14 jours d’importations de biens et services, malgré les tensions sur la balance commerciale.


Sur le front budgétaire, le déficit s’est allégé à 31 milliards de dirhams à fin juin, soit une amélioration de 3,5 milliards en glissement annuel. Cette réduction s’explique par une hausse de 17,7 % des recettes ordinaires, conjuguée à une augmentation de 15,4 % des dépenses ordinaires.


Les levées brutes du Trésor sur le marché des adjudications ont diminué de 15,7 % sur un an, pour atteindre 74,2 milliards de dirhams au premier semestre. Ce recul est attribuable à la baisse marquée des souscriptions en maturités longues (-47,4 %), malgré un triplement des souscriptions en maturités courtes (13,1 milliards de dirhams). Les levées nettes ont ainsi chuté de 32,8 %, à 22,5 milliards de dirhams.


Les crédits au secteur non financier ont progressé de 3,4 % à fin mai, dopés par les prêts aux sociétés non financières (+2,5 %) et aux ménages (+2,4 %). Le crédit à l’immobilier s’est également raffermi (+3,2 %).


Sur les marchés financiers, les indices MASI et MASI 20 ont enregistré une performance trimestrielle respectivement de +3 % et +3,5 %, portant leur gain cumulé à +23,9 % et +25,4 % depuis fin 2024.


Côté monétaire, le besoin en liquidité des banques s’est allégé au deuxième trimestre (113,8 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire), permettant à Bank Al-Maghrib de réduire ses injections à 128 milliards de dirhams. Le taux interbancaire pondéré est en recul à 2,25 %, après deux baisses successives du taux directeur (décembre 2024 et mars 2025).


Parallèlement, les taux débiteurs affichent une orientation mixte : recul des taux des crédits de trésorerie (-26 pbs à 4,74 %), mais hausse pour les prêts à l’immobilier (+16 pbs à 5,18 %), à l’équipement (+16 pbs à 5,15 %) et à la consommation (+14 pbs à 7,13 %).


Enfin, les indicateurs du numérique confirment leur solidité, avec un parc mobile atteignant 57,4 millions d’abonnés (taux de pénétration de 155,8 %) et un parc Internet frôlant les 40 millions d’abonnés (108,2 %).


Si l’économie marocaine continue d’afficher des signes notables de résilience et de dynamisme sectoriel, elle reste confrontée à des vulnérabilités structurelles, en particulier sur le volet des échanges extérieurs. La DEPF souligne néanmoins que l’orientation des politiques publiques et monétaires reste propice à la consolidation de la croissance, dans un contexte encore marqué par les incertitudes régionales et internationales.

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