Flambée du kérosène : Royal Air Maroc gèle douze liaisons vers l’Afrique et l’Europe
Sous la pression conjuguée d'une flambée des prix du kérosène et d'un essoufflement de la demande sur plusieurs routes, Royal Air Maroc a annoncé samedi 23 mai la suspension provisoire de douze dessertes internationales. La compagnie nationale invoque, dans un communiqué, une conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui alourdissent brutalement les charges d'exploitation de l'ensemble du secteur aérien mondial.
La décision frappe en premier lieu l'Afrique centrale. Six liaisons au départ de Casablanca sont mises à l'arrêt : Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé et Libreville. Ces routes, structurantes pour la stratégie africaine de la compagnie, figurent parmi les plus exposées à la hausse du carburant en raison de la longueur des trajets et de remplissages plus volatils.
Le volet européen du réseau n'est pas épargné. Au départ de Tanger, les vols vers Malaga et Barcelone sont suspendus. Marrakech voit pour sa part quatre destinations européennes retirées temporairement de son programme : Lyon, Bordeaux, Marseille et Bruxelles. Plusieurs de ces lignes avaient été relancées ou renforcées à l'automne 2025 dans le cadre d'une stratégie « point-à-point » visant à capter davantage de flux touristiques vers la Ville Ocre.
Royal Air Maroc précise qu'il s'agit d'une adaptation temporaire et non d'une suppression définitive. La compagnie affirme qu'elle « mettra en œuvre toutes les dispositions nécessaires afin d'accompagner les clients concernés par ces suspensions et de limiter au maximum les désagréments occasionnés ». Elle ajoute suivre « avec une grande attention l'évolution de la situation internationale » et s'engage à rétablir progressivement les liaisons concernées dès que les conditions opérationnelles et économiques le permettront.
Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs transporteurs mondiaux, y compris des low-cost européennes, ont déjà commencé à revoir leur programmation face à un baril dont le coût a connu une progression fulgurante en quelques semaines. Pour la compagnie marocaine, l'enjeu est désormais de préserver son équilibre économique sans rompre le lien avec des marchés appelés à redevenir stratégiques une fois la tempête passée.
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