Guerre au Moyen-Orient : drones en Azerbaïdjan, frappes au Liban et au Kurdistan irakien au 6ᵉ jour
Le conflit déclenché par les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran continue de s’étendre au Moyen-Orient et au-delà. Au sixième jour de cette guerre ouverte, de nouveaux incidents impliquant plusieurs pays de la région confirment l’élargissement progressif du théâtre des opérations, tandis que les bilans humains et les tensions diplomatiques ne cessent de s’alourdir.
Jeudi, deux drones iraniens se sont écrasés dans l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, à la frontière nord de l’Iran, faisant deux blessés parmi les civils, selon le ministère des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan. Téhéran a immédiatement nié toute responsabilité, accusant Israël d’être à l’origine de l’incident. Cet épisode illustre la multiplication des incidents transfrontaliers depuis le début des hostilités.
Dans le même temps, les opérations militaires se poursuivent à grande échelle. Le commandement central de l’armée américaine a indiqué que ses forces poursuivaient activement la traque et la destruction des lanceurs de missiles mobiles iraniens, tandis que l’armée israélienne annonçait une nouvelle vague de frappes contre Téhéran et plusieurs infrastructures balistiques du pays. Israël affirme également avoir commencé à cibler des positions du Hezbollah à Beyrouth, dans un élargissement direct du conflit vers le Liban.
Selon l’agence officielle libanaise ANI, une frappe israélienne de drone a par ailleurs tué un haut responsable du Hamas ainsi que son épouse dans un camp de réfugiés palestiniens du nord du Liban. Plusieurs explosions ont également été signalées dans la périphérie ouest de la capitale iranienne jeudi matin.
En réponse, l’Iran a lancé une nouvelle salve de missiles balistiques contre Israël. Parallèlement, Téhéran a intensifié ses frappes contre des groupes kurdes hostiles installés dans le Kurdistan irakien. L’armée iranienne affirme avoir tiré trois missiles contre les quartiers généraux de ces organisations, accusées par la République islamique de préparer des incursions armées en territoire iranien. Le ministère iranien du Renseignement a également annoncé la destruction d’installations appartenant à des « groupes terroristes séparatistes » le long de la frontière occidentale du pays.
Cette escalade militaire intervient après l’opération américano-israélienne qui a coûté la vie samedi au guide suprême iranien Ali Khamenei, événement qui a profondément bouleversé l’équilibre du pouvoir à Téhéran. Les autorités religieuses iraniennes examinent désormais la succession du dirigeant, son fils Mojtaba Khamenei apparaissant comme l’un des principaux prétendants.
La guerre commence aussi à impliquer des puissances extérieures. La Turquie a affirmé mercredi qu’un missile tiré depuis l’Iran en direction de son espace aérien avait été intercepté par les défenses de l’OTAN. L’Iran a démenti ces accusations. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, a indiqué que l’OTAN n’envisageait pas pour l’instant d’activer la clause de défense collective, tout en réaffirmant le soutien de l’organisation à la campagne militaire américaine.
Face au risque d’embrasement régional, plusieurs pays européens renforcent leurs dispositifs militaires dans le Golfe. L’Italie a annoncé l’envoi de moyens de défense aérienne pour protéger les infrastructures et les ressortissants européens face aux frappes iraniennes. L’Australie a également annoncé le déploiement de ressources militaires supplémentaires au Moyen-Orient.
La confrontation s’est aussi déplacée sur le terrain maritime. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé les États-Unis d’avoir commis une « atrocité en mer » après qu’une frégate iranienne a été torpillée par un sous-marin américain dans l’océan Indien, près du Sri Lanka. Le navire participait récemment à un exercice naval organisé par l’Inde. Selon les autorités sri-lankaises, l’attaque aurait fait des dizaines de morts parmi les marins.
Sur le plan humain, le bilan continue de s’alourdir. Selon la Société du Croissant-Rouge iranien, au moins 787 personnes ont été tuées en Iran depuis le début des frappes américano-israéliennes, dont au moins 175 lors du bombardement d’une école primaire pour filles. Au Liban, le ministère de la Santé fait état d’au moins 77 morts. Côté américain, six soldats ont été tués depuis le début du conflit.
Les opérations d’évacuation se poursuivent en parallèle. La Maison Blanche affirme que 17 500 ressortissants américains ont déjà été rapatriés depuis le début de la guerre, tandis que le département d’État a ordonné l’évacuation d’une partie du personnel diplomatique dans plusieurs pays de la région.
Les répercussions économiques commencent également à se faire sentir. Après plusieurs jours de forte volatilité, les marchés financiers mondiaux se sont stabilisés jeudi, même si les prix de l’énergie restent sous tension. La Chine, premier acheteur de pétrole iranien, a demandé à ses entreprises de suspendre temporairement leurs exportations de produits pétroliers raffinés et a annoncé l’envoi prochain d’un émissaire spécial au Moyen-Orient afin de tenter de favoriser une médiation.
Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts — en Iran, en Israël, au Liban et en Irak —, le conflit semble désormais dépasser largement le cadre initial des frappes contre les installations militaires iraniennes. L’implication progressive de nouveaux acteurs et l’extension géographique des opérations renforcent les craintes d’une guerre régionale durable, aux conséquences potentiellement majeures pour la stabilité du Moyen-Orient et pour l’économie mondiale.
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