Guerre au Moyen-Orient : le coût pour Washington dépasse déjà 11,3 milliards de dollars
Les bombardements ont de nouveau secoué Téhéran et Beyrouth mercredi, alors que la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis s’étend sur plusieurs fronts et que son coût financier pour Washington explose déjà. Selon un briefing confidentiel présenté au Congrès par le Pentagone, les opérations militaires américaines ont coûté plus de 11,3 milliards de dollars en seulement six jours. Ce montant, révélé lors d’une réunion à huis clos au Capitole, n’inclut pas de nombreuses dépenses liées à l’opération, désormais entrée dans son douzième jour, ce qui laisse prévoir une facture finale bien plus élevée pour les contribuables américains.
Sur le terrain, les frappes israéliennes se sont intensifiées dans la capitale iranienne. L’armée israélienne a annoncé avoir lancé une nouvelle vague d’attaques contre ce qu’elle décrit comme des infrastructures du régime à Téhéran, tandis que les autorités iraniennes et des habitants ont signalé des attaques répétées de drones contre des checkpoints tenus par la milice Basij. Ces frappes ciblant des positions de sécurité dans les rues de la capitale constituent un développement inédit du conflit et alimentent un climat de peur parmi les habitants, qui craignent que leurs déplacements en ville deviennent mortels.
Le bilan humain en Iran reste difficile à vérifier. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur iranien Amir Saeed Iravani a affirmé que plus de 1 348 civils avaient été tués depuis le début de l’offensive. Des dizaines d’autres personnes ont également péri dans des attaques de drones et de missiles lancées par l’Iran contre Israël et plusieurs pays du Golfe.
Au Liban, la guerre s’est intensifiée après que le Hezbollah a tiré des roquettes vers Israël en soutien à Téhéran. L’armée israélienne a ordonné l’évacuation d’une vaste zone de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, annonçant une offensive d’une intensité inhabituelle. Selon les autorités libanaises, les bombardements ont déjà fait plus de 600 morts et provoqué le déplacement de plus de 800 000 personnes, aggravant une crise humanitaire majeure.
Dans le Golfe, plusieurs pays ont annoncé avoir intercepté des armes ou des missiles provenant d’Iran, signe de la régionalisation croissante du conflit. Trois navires marchands ont également été attaqués dans ou à proximité du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Téhéran, qui menace régulièrement de bloquer ce couloir maritime vital, semble avoir revendiqué l’une de ces attaques.
Les tensions autour d’Ormuz ont immédiatement affecté les marchés énergétiques. Pour tenter d’éviter un choc pétrolier mondial, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé que ses 32 pays membres allaient libérer 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques. Malgré cette décision, les prix ont poursuivi leur hausse : le baril de référence mondiale est passé d’environ 89 dollars à plus de 92 dollars, alors qu’il s’échangeait sous les 73 dollars avant le début des bombardements du 28 février. Aux États-Unis, le prix de l’essence a augmenté pour le onzième jour consécutif.
L’escalade militaire a également des répercussions sur le secteur financier régional. Plusieurs grandes banques internationales, dont Citi et HSBC, ont temporairement fermé certains bureaux dans le Golfe après que l’Iran a menacé de cibler des institutions bancaires américaines et israéliennes. Les Gardiens de la révolution ont formulé cet avertissement après qu’une frappe aérienne a touché un bâtiment à Téhéran lié à Bank Sepah, la première banque moderne iranienne fondée en 1922.
Malgré l’intensification du conflit, le président américain Donald Trump a affirmé lors d’un discours dans le Kentucky que la victoire était proche. « Au cours des onze derniers jours, notre armée a pratiquement détruit l’Iran. Leur aviation a disparu. Totalement disparu », a-t-il déclaré. Dans le même temps, il a répété que seule une “capitulation sans condition” de Téhéran mettrait fin à la guerre, une exigence rejetée par les dirigeants iraniens qui poursuivent leurs opérations militaires dans la région.
La situation politique à Téhéran reste par ailleurs entourée d’incertitudes. Mojtaba Khamenei, 56 ans, désigné lundi Guide suprême après la mort de son père Ali Khamenei lors des premières frappes du 28 février, n’est toujours pas apparu publiquement ni diffusé de message officiel. Selon plusieurs responsables iraniens, cette absence s’expliquerait par des raisons de sécurité, toute communication pouvant révéler sa localisation. Ils affirment également que le nouveau dirigeant aurait été blessé lors de la première journée de bombardements.
Alors que les frappes se poursuivent et que les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent d’alimenter les craintes d’un choc énergétique mondial, la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis s’installe dans une phase d’escalade prolongée, dont le coût humain, économique et stratégique ne cesse de s’alourdir.
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