Guerre contre l’Iran : Trump évoque une fin imminente malgré l’intensification des frappes
Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran approche de sa troisième semaine, Donald Trump affirme que la guerre est sur le point d’atteindre ses objectifs, tout en poursuivant une stratégie militaire offensive visant à neutraliser les capacités iraniennes dans le détroit d’Ormuz, devenu l’épicentre d’une crise énergétique mondiale.
Dans un message publié vendredi sur ses réseaux sociaux, le président américain a indiqué que Washington envisageait de « réduire » son engagement militaire, estimant que les objectifs étaient « très proches » d’être atteints. Une position qui contraste avec ses déclarations faites plus tôt à la Maison-Blanche, où il rejetait explicitement toute idée de cessez-le-feu, affirmant qu’« on ne fait pas de cessez-le-feu quand on est en train d’anéantir littéralement l’autre camp ». À plusieurs reprises, Trump a assuré que la guerre touchait à sa fin, alors même que les opérations militaires américaines et israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours.
Sur le terrain, les forces américaines poursuivent leurs frappes contre les drones et les unités navales iraniennes afin de sécuriser le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle des exportations mondiales de pétrole et de gaz. L’Iran a recours à une combinaison de mines, de missiles et de drones armés pour perturber le trafic maritime, imposant de facto un quasi-blocus qui déstabilise les marchés énergétiques. Trump estime que les États-Unis n’ont pas vocation à assurer durablement la sécurité de cette route maritime, appelant les pays utilisateurs à en prendre la responsabilité, tout en laissant ouverte la possibilité d’un soutien américain si nécessaire.
Les répercussions économiques sont déjà considérables. Le prix du pétrole a atteint environ 112 dollars le baril, en hausse de plus de 50 % depuis le début du conflit, tandis que l’indice S&P 500 a reculé d’environ 1,5 %, enregistrant une quatrième semaine consécutive de baisse.
Selon une analyse du New York Times, au moins 37 infrastructures énergétiques — raffineries, champs gaziers et installations pétrolières — ont été endommagées dans neuf pays depuis le déclenchement des hostilités, des attaques largement attribuées à l’Iran. Au Koweït, la Kuwait Petroleum Corporation a signalé des incendies dans la raffinerie de Mina al-Ahmadi à la suite d’une attaque de drone, pour le deuxième jour consécutif.
Face à la flambée des prix, le département du Trésor américain a décidé de lever temporairement les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, autorisant sa vente à la plupart des pays entre le 20 mars et le 19 avril. Cette mesure pourrait injecter environ 140 millions de barils supplémentaires sur le marché mondial, dans une tentative de stabilisation des approvisionnements.
Parallèlement, l’escalade militaire se poursuit. Israël affirme avoir mené des frappes ciblées à Téhéran après des tirs de missiles iraniens ayant déclenché des alertes à Jérusalem et dans le nord du pays. L’armée israélienne a également annoncé la mort d’Ali Mohammed Naini, porte-parole des Gardiens de la révolution, décrit comme un acteur central de la guerre informationnelle iranienne. Dans le Golfe, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït déclarent avoir intercepté plusieurs attaques de drones et de missiles attribuées à l’Iran, tandis qu’à Bahreïn, des débris ont provoqué un incendie dans un entrepôt.
Le bilan humain continue de s’alourdir. Selon l’ambassadeur iranien à l’ONU, au moins 1 348 civils ont été tués en Iran depuis le début du conflit, un chiffre porté à 1 394 par une organisation de défense des droits humains basée à Washington. Au Liban, plus de 1 000 morts sont recensés, tandis qu’Israël déplore au moins 14 victimes et les États-Unis 13 morts.
Dans ce contexte, l’absence publique du nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, alimente les incertitudes. Successeur de son père Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne, il ne s’est pas exprimé en vidéo depuis sa prise de fonctions, et des responsables américains estiment qu’il aurait été gravement blessé. Malgré les déclarations de Donald Trump sur une issue proche, la situation reste extrêmement volatile, entre intensification des opérations militaires, tensions énergétiques mondiales et incertitudes politiques à Téhéran.
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