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03.09.2025 à 20 H 26 • Mis à jour le 03.09.2025 à 22 H 29 • Temps de lecture : 3 minutes
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Justice

Ibtissam Lachgar condamnée à deux ans et demi de prison ferme

Le tribunal de première instance de Rabat a condamné ce 3 septembre la militante féministe Ibtissame Lachgar à 30 mois de prison ferme pour « atteinte à l’islam », a annoncé à l’AFP l’un de ses avocats qui a fait part de sa volonté d’interjeter appel.


La militante de 50 ans, connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles, était poursuivie pour avoir publié fin juillet sur les réseaux sociaux une photo d’elle vêtue d’un t-shirt où apparaissait le mot « Allah » (« Dieu ») suivi de la phrase « is lesbian » (« est lesbienne »), jugée « offensante envers Dieu » selon la justice. L’image de la militante vêtue du t-shirt en question était accompagnée sur les réseaux sociaux d’un texte qualifiant l’islam, « comme toute idéologie religieuse », de « fasciste, phallocrate et misogyne ». Cette publication a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, allant des appels à son arrestation à des menaces de viol et de lapidation.


Lors de l’audience devant le tribunal de première instance de Rabat, Ibtissame Lachgar a déclaré que son t-shirt reprenait « un slogan féministe qui existe depuis des années contre les idéologies sexistes et les violences faites aux femmes […] et n’a aucun rapport avec l’islam ». Concernant le terme « homosexualité », également mentionné dans la publication, elle a soutenu qu’il n’avait pas de connotation négative mais positive.


La psychologue clinicienne a expliqué au juge qu’elle avait déjà posté cette même photo sur Internet, notamment en mai 2025, sans qu’elle ne suscite de réactions, et qu’elle n’a porté ce vêtement que lors de manifestations féministes en Europe ou au Royaume-Uni.


La militante a été condamnée à 30 mois de prison ferme et doit payer une amende de 50 000 dirhams, a déclaré Me Mohamed Khattab. Il a ajouté vouloir faire appel de cette décision et s’inquiéter de l’état « psychique  » de sa cliente, incarcérée depuis le 12 août à la prison d’El Arjat, près de Rabat.


Le procureur du Roi avait requis l’application stricte du code pénal marocain, ce qui a conduit à cette condamnation jugée sévère par plusieurs défenseurs des droits humains.


La Cour de première instance de Rabat a refusé le 27 août la demande de sa défense de lui accorder la liberté provisoire pour des raisons médicales.


« Sur le plan juridique, il existe désormais la loi sur les peines alternatives. Nous allons présenter une requête dans ce cadre », a souligné l’avocat.


Fin août, une avocate de Ibtissame Lachgar, a affirmé que sa cliente était « traitée pour un cancer et devrait subir en septembre une opération critique au niveau de son bras gauche d’après ses médecins qui alertent sur la possibilité d’une amputation si l’intervention chirurgicale n’est pas réalisée ».


Ibtissame Lachgar a cofondé en 2009 le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) et a mené plusieurs campagnes médiatisées notamment contre les violences faites aux femmes et la pédocriminalité. Par le passé, son militantisme lui a valu plusieurs démêlés avec les autorités, notamment en 2016 et 2018 mais sans jamais donner lieu à des poursuites.

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