Idarati X.0 : lancement d’un wallet national pour unifier l’accès aux services publics digitaux
Huit conventions ont été signées mardi à Rabat entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) et plusieurs départements gouvernementaux et partenaires institutionnels, marquant le lancement opérationnel du projet « Idarati X.0 ». Ce dispositif se veut une méta-application et un wallet national destiné à unifier l’accès aux services publics digitaux à travers une architecture numérique sécurisée, adossée à l’identité nationale électronique.
Les conventions ont été conclues avec le ministère du Transport et de la Logistique, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), ainsi qu’avec trois entreprises spécialisées dans l’identité numérique et les services électroniques : « SHAREID », « iDAKTO » et « La Marocaine Électronique des E-Services ».
Le projet « Idarati X.0 » repose sur l’adoption d’un wallet national intégré à une infrastructure numérique sécurisée, adossée à la Carte nationale d’Identité Électronique, délivrée et renouvelée par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). L’objectif est de permettre un accès fiable, unifié et sécurisé aux services publics numériques, tout en garantissant un respect strict des exigences relatives à la protection des données à caractère personnel.
Sur le plan méthodologique, le projet intègre dès sa conception les principes de « Privacy by Design » ainsi que les exigences de « Security by Design ». Cette approche vise à consacrer les droits des usagers et à renforcer la confiance dans l’écosystème numérique public.
S’appuyant sur les conclusions des ateliers organisés en 2024 par la CNDP autour de la protection des données personnelles et du concept de portefeuille numérique, le ministère et la Commission associent plusieurs institutions publiques afin de définir et valider les choix techniques et l’architecture fonctionnelle du futur dispositif.
À cette occasion, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a affirmé que la signature de ces conventions constitue « une étape importante dans la mise en œuvre de la vision du Royaume en matière de transition numérique, de modernisation de l’action publique et de renforcement de la confiance numérique ».
Elle a souligné que la transition numérique menée par le Royaume « va au-delà de la simple numérisation des procédures existantes et implique une transformation profonde de la manière dont l’administration conçoit, fournit et gouverne les services publics ». Selon elle, ces conventions visent à construire « une base numérique solide et sécurisée, centrée sur le citoyen », en instaurant un cadre de coopération structurant pour concevoir et expérimenter des solutions innovantes autour d’une architecture numérique moderne. Il s’agit, a-t-elle ajouté, « d’une approche ambitieuse visant à répondre aux attentes croissantes des usagers en matière de simplicité, de fluidité et de continuité des services publics, tout en garantissant le plus haut niveau de protection des données personnelles et la sécurité des systèmes d’information ».
De son côté, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a mis en avant le rôle de la numérisation et du déploiement de la méta-application dans la promotion d’un accès plus large à l’information, notamment au profit des jeunes. Il a relevé que plusieurs services publics destinés aux citoyens, et plus particulièrement aux jeunes, demeurent parfois insuffisamment connus, d’où l’intérêt d’un outil digital rapprochant l’administration de ses usagers. La transition numérique permettra également d’accélérer l’extension de la méta-application, notamment à travers des partenariats avec les collectivités territoriales, afin d’en étendre la couverture aux provinces, aux villes et au monde rural.
Pour sa part, le président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a insisté sur l’importance de la confiance dans la relation entre les administrations et les citoyens. Il a souligné la nécessité de rassurer les usagers quant aux conditions de traitement et de partage de leurs données à caractère personnel lors de l’accès aux services d’administration électronique. Dans cette perspective, il a plaidé pour une approche garantissant la protection des données et le respect de la vie privée, insistant sur l’intégration, au cours des prochaines étapes du projet « Idarati X.0 », des principes de sauvegarde de l’identité numérique afin d’encadrer durablement les usages et de sécuriser l’écosystème digital. Avec « Idarati X.0 », l’exécutif amorce ainsi une nouvelle étape dans la structuration d’un guichet numérique unifié, dont l’enjeu dépasse la simple dématérialisation : il s’agit de redéfinir l’interface entre l’État et le citoyen à l’ère digitale.
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