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05.03.2026 à 11 H 45 • Mis à jour le 05.03.2026 à 12 H 18 • Temps de lecture : 5 minutes
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HCP

Industrie et construction : une fin d’année 2025 en reprise, mais avec des fragilités persistantes

Le siège du Haut-Commissariat au Plan, à Rabat.

Selon l’enquête trimestrielle de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’activité industrielle et celle de la construction ont progressé au Maroc au quatrième trimestre 2025. Cette amélioration reste toutefois contrastée selon les branches et s’accompagne de tensions persistantes sur les approvisionnements et la trésorerie des entreprises. Pour le premier trimestre 2026, les chefs d’entreprise anticipent globalement une poursuite de la dynamique dans l’industrie manufacturière et le BTP, tandis que les secteurs extractif et énergétique devraient évoluer plus difficilement.


Au quatrième trimestre 2025, la production de l’industrie manufacturière aurait enregistré une hausse, soutenue par la progression de l’activité dans l’industrie automobile, l’industrie chimique, la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques et la métallurgie. Cette dynamique a toutefois été partiellement freinée par un recul observé dans l’industrie alimentaire et dans la fabrication d’équipements électriques.


Dans l’ensemble, les carnets de commandes ont été jugés d’un niveau normal par les chefs d’entreprise, tandis que l’emploi est resté stable. Le taux d’utilisation des capacités de production s’est établi à 74 %, un niveau qui traduit une activité relativement soutenue, mais encore éloignée d’un fonctionnement à plein régime pour l’appareil industriel.


L’enquête met également en évidence la persistance de contraintes d’approvisionnement. Environ 35 % des entreprises industrielles déclarent avoir rencontré des difficultés d’accès aux matières premières au cours du trimestre, principalement pour les intrants d’origine étrangère, ce qui souligne la dépendance persistante de certaines branches industrielles aux chaînes d’approvisionnement internationales.


Sur le plan financier, la situation demeure contrastée. Si les stocks de matières premières sont jugés globalement normaux, près de 18 % des chefs d’entreprise estiment leur trésorerie difficile. Cette proportion atteint près de 40 % dans l’industrie pharmaceutique, signe de tensions plus marquées dans certains segments spécifiques de l’appareil productif.


Dans l’industrie extractive, l’activité est restée globalement stable au quatrième trimestre 2025, principalement en raison de la stagnation de la production de phosphates. Dans ce secteur, les prix de vente ont enregistré une baisse tandis que l’emploi est demeuré stable.


Le secteur énergétique a en revanche connu un recul de la production, imputable essentiellement à la baisse d’activité dans la branche de la production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Cette contraction s’est accompagnée d’une diminution des prix de vente et d’un recul de l’emploi.


L’industrie environnementale, qui regroupe notamment les activités de captage, traitement et distribution d’eau, a pour sa part évolué dans un contexte de stabilité. Les carnets de commandes y sont restés à un niveau jugé normal et les effectifs n’ont pas connu de variation notable.


Les dépenses d’investissement réalisées en 2025 dans les secteurs industriels ont principalement porté sur le remplacement d’une partie des équipements et sur l’extension de l’activité. Cette orientation suggère que l’effort d’investissement reste largement concentré sur la modernisation et la maintenance des capacités existantes plutôt que sur des expansions industrielles massives.


Le secteur de la construction a lui aussi enregistré une progression de l’activité au quatrième trimestre 2025. Cette évolution s’explique par la hausse observée dans les branches du génie civil et des travaux de construction spécialisés, tandis que la construction de bâtiments est restée globalement stable.


Les carnets de commandes sont demeurés à un niveau normal et l’emploi n’a pas connu de variation notable. Le taux d’utilisation des capacités de production dans le secteur s’est établi à 69 %, un niveau inférieur à celui de l’industrie manufacturière et qui reflète un appareil productif encore sous-utilisé.


Les difficultés d’approvisionnement restent relativement limitées dans le BTP : 9 % des entreprises déclarent en avoir rencontré. En revanche, la situation financière apparaît plus tendue que dans l’industrie. Près de 31 % des chefs d’entreprise du secteur jugent leur trésorerie difficile, ce qui illustre les tensions persistantes qui affectent une partie du tissu des entreprises de construction malgré la reprise de l’activité.


Par ailleurs, 39 % des entreprises du secteur indiquent avoir réalisé des investissements en 2025, principalement destinés au remplacement d’une partie du matériel.


Pour le premier trimestre 2026, les industriels anticipent globalement une augmentation de la production manufacturière. Cette progression devrait être portée notamment par l’industrie alimentaire, l’industrie chimique et la fabrication de produits métalliques, tandis que l’industrie automobile et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques devraient connaître un repli de leur activité. Les industriels prévoient parallèlement une légère augmentation de l’emploi.


Dans l’industrie extractive, les entreprises s’attendent à une baisse de la production, principalement en raison d’une diminution prévue de l’activité dans les phosphates, même si les effectifs devraient augmenter.


Le secteur énergétique devrait poursuivre sa contraction au début de 2026, avec une baisse attendue de la production et des effectifs dans la branche de la production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné.


L’industrie environnementale devrait pour sa part évoluer dans un contexte de stabilité, tant en matière de production que d’emploi, notamment dans les activités liées à la distribution et au traitement de l’eau.


Enfin, dans la construction, les chefs d’entreprise anticipent une poursuite de la hausse de l’activité au premier trimestre 2026. Cette progression devrait être tirée par la construction de bâtiments et le génie civil, malgré une baisse attendue dans les travaux de construction spécialisés. Cette dynamique devrait également s’accompagner d’une augmentation des effectifs dans le secteur.

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