Interdiction d’exportation de la sardine : une mesure « ciblée et temporaire », selon le secrétariat d’État à la Pêche
La décision relative à l’interdiction d’exportation de la sardine est une mesure ciblée et temporaire, qui s’inscrit dans une approche de gestion conjoncturelle ciblée, proportionnée et fondée sur des données objectives, a indiqué le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime.
Entrée en vigueur le 1er février 2026, cette décision porte exclusivement sur la sardine (Sardina pilchardus), sous ses formes fraîche, réfrigérée ou congelée, et ce, à titre temporaire, pour une durée limitée de douze mois, précise le secrétariat d’État dans une mise au point faisant suite aux réactions exprimées par la Fédération nationale des industries de la pêche (FENIP), relayées dans plusieurs médias.
La même source affirme que l’impact de cette interdiction, qui ne concerne aucune autre espèce halieutique, restera limité. La mesure permettra à la fois de mieux approvisionner le marché national et de favoriser une exploitation durable de la ressource.
« Cette orientation gouvernementale s’inscrit ainsi dans une démarche responsable et équilibrée, visant à donner la priorité au marché national, à renforcer l’approvisionnement du marché national et à accompagner l’adaptation durable de la filière des petits pélagiques face aux défis actuels compte tenu de son extrême importance dans la sécurité alimentaire », relève le secrétariat d’État.
La décision a été précédée d’une phase de concertation avec les acteurs concernés, indique la même source, précisant que des échanges ont été engagés en amont avec les professionnels du secteur. Le secrétariat d’État souligne également avoir œuvré à l’instauration de partenariats entre les industries de congélation et de conserve, afin de garantir des débouchés structurés sur le marché local avant l’adoption de cette mesure.
Selon les autorités, cette décision ne constitue pas une contrainte pour l’ensemble de la filière. Les armateurs, les marins pêcheurs, les mareyeurs et les industries de transformation ne seraient pas impactés négativement. Au contraire, la mesure contribuerait à maintenir la dynamique de la pêcherie pélagique tout en favorisant l’approvisionnement du marché national et de l’industrie de conserve.
Les craintes liées à un éventuel déséquilibre durable entre les différents maillons de la chaîne de valeur sont jugées infondées. La mesure devrait, selon la même source, avoir un impact positif sur la productivité globale du secteur, en améliorant la valorisation des débarquements et en assurant la continuité des exportations des autres espèces de petits pélagiques.
Concernant l’approvisionnement du marché local, les données disponibles montrent que les ports du sud jouent un rôle significatif. L’approvisionnement via les marchés de gros à partir des ports compris entre Agadir et Dakhla représente plus de 30 % de l’offre nationale, sans compter les volumes ne transitant pas par ces circuits. Dans un contexte marqué par la baisse des débarquements liée aux changements climatiques, ces ports constituent, selon le secrétariat d’État, un levier essentiel pour renforcer l’offre et stabiliser les prix.
La même source rappelle que le nombre d’unités de l’industrie de congélation des petits pélagiques est estimé à environ 100, dont 23 à Laâyoune, pour un total d’environ 13 200 emplois. En 2025, les exportations de petits pélagiques congelés ont atteint 3,12 milliards de dirhams, la sardine représentant 23 % de ce total.
Les opportunités offertes par le marché local et par l’industrie de conserve devraient permettre de compenser largement la part auparavant destinée à l’export, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire, à stabiliser les prix et à préserver la paix sociale.
Les unités industrielles peuvent par ailleurs continuer à transformer et à exporter normalement les autres espèces de petits pélagiques, notamment le maquereau et le chinchard, ainsi que les espèces autorisées par la réglementation en vigueur. La décision ne remet pas en cause la continuité de l’activité industrielle ni le fonctionnement des chaînes de valeur hors sardine, souligne le secrétariat d’État.
Enfin, l’analyse des exportations met en évidence une évolution structurelle du chiffre d’affaires à l’export. La part de la sardine est passée, en valeur, de 70 % en 2020 à 23 % en 2025, et en volume de 72 % à 24 % sur la même période. À l’inverse, la part des autres petits pélagiques est passée de 30 % à 77 % du chiffre d’affaires à l’export.
Pour 2025, la structure des exportations en valeur se répartit entre le maquereau (46 %), le chinchard (23 %), la sardine (23 %), ainsi que les anchois et la sardinelle (8 %), illustrant la diversification de l’offre exportée et la capacité d’adaptation de l’outil industriel national.
Le secrétariat d’État réaffirme enfin son engagement en faveur d’un dialogue permanent avec les organisations professionnelles, afin d’accompagner les opérateurs, de suivre l’évolution de la ressource et d’adapter les mesures de gestion dans le respect des équilibres économiques, sociaux et environnementaux du secteur.
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