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20.08.2019 à 15 H 14 • Mis à jour le 20.08.2019 à 21 H 17
Par
Europe

Italie: Le président du Conseil annonce sa démission

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé mardi 20 août qu’il allait remettre sa démission au président de la République Sergio Mattarella alors que l’Italie est plongée dans une crise politique à quelques semaines des arbitrages sur son budget 2020.


Giuseppe Conte a fait cette déclaration devant le Sénat italien où il avait été convié à s’exprimer après le dépôt d’une motion de défiance présentée par la Ligue, parti d’extrême droite, de Matteo Salvini afin de renverser le gouvernement auquel ce dernier appartient.


Une fois la démission présentée par le chef du gouvernement, il appartiendra à Sergio Mattarella de déterminer s’il convient de convoquer des élections législatives anticipées ou s’il est possible de former une autre coalition gouvernementale.


Si ce second scénario est privilégié, des négociations seront alors engagées. S’il apparaît qu’il est impossible de former une nouvelle coalition alors le chef de l’État prononcera la dissolution du Parlement.


Matteo Salvini souhaite que des élections anticipées soient convoquées cet automne, espérant profiter de sa forte cote de popularité actuelle pour obtenir la majorité au Parlement et gouverner seul le pays.


La crise politique déclenchée par le ministre de l’intérieur Salvini intervient au plein milieu de l’été à un moment charnière dans le fonctionnement des institutions italiennes.


Dans sa déclaration devant le Sénat, Giuseppe Conte a expliqué que la motion de censure déposée par la Ligue risquait d’avoir pour conséquence des retards dans la préparation du budget qui pourrait ne pas être prêt dans les temps.


Conte, qui n’appartient ni à la Ligue, ni au Mouvement Cinq Étoiles de Luigi di Maio, a tenu à préciser que cette crise provoquée par Matteo Salvini obéissait à des intérêts personnels et partisans.


« [Matteo Salvini] a montré qu’il poursuivait ses propres intérêts et ceux de son parti, a déclaré Conte dans un Sénat aux travées bien remplies. Sa décision pose un risque grave pour ce pays. »


L’initiative de Salvini, a ajouté Conte, relève d’une « grave imprudence institutionnelle, et par-dessus tout d’un manque de respect à l’égard du Parlement ». « Cela risque de plonger le pays dans une spirale d’incertitude politique et d’instabilité financière », a-t-il prévenu.


Giuseppe Conte a expliqué que la tentative de Matteo Salvini pour s’emparer du pouvoir affaiblissait la position de l’Italie dans ses négociations avec l’Union européenne. L’UE s’inquiète notamment de l’importance de la dette italienne qui représente 134 % de son produit intérieur brut (PIB) et attend que Rome fasse preuve de mesure dans la préparation de son budget pour 2020.


Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Italie n’a jamais organisé d’élections générales à l’automne, cette période de l’année étant habituellement réservée aux arbitrages sur la loi de finances.


Giuseppe Conte a également prévenu qu’il existait désormais un risque de voir s’appliquer une hausse de la TVA qui doit augmenter de manière mécanique en janvier prochain si rien n’est fait pour combler un trou de 23 milliards d’euros.


Salvini, qui a rejoint les bancs de son parti pendant la déclaration du chef du gouvernement, a rejeté les commentaires de Giuseppe Conte, affirmant que les autres partis avaient peur de retourner devant les électeurs et de perdre leurs sièges. Il a rappelé que son objectif était de s’opposer à la politique budgétaire de l’Union européenne qu’il accuse d’être responsable de l’appauvrissement de l’Italie. Au moins cinquante milliards d’euros sont nécessaires pour relancer une économie menacée par la récession, a-t-il affirmé.

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