Jeux vidéo : le Maroc prépare une loi pour protéger les mineurs
Le Maroc s’apprête à adopter une loi inédite pour encadrer les jeux vidéo, en réponse aux risques d’addiction, de violence et d’exploitation commerciale chez les mineurs. Interpellé au Parlement par le Conseiller syndical UMT Khalid Setti, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaïd, a confirmé qu’un projet de « législation spécifique et complète » est en préparation, notamment face à la popularité de plateformes comme Roblox et Free Fire.
Plutôt qu’une interdiction, le gouvernement vise un modèle inspiré de l’international, comprenant une classification obligatoire par âge, un régime de licence pour commercialiser les jeux et des pouvoirs de retrait du marché pour les produits non conformes. Les achats intégrés, « loot boxes » et microtransactions seront régulés afin d’assurer transparence des prix et protection des mineurs.
Le texte abordera aussi la prévention de l’addiction, avec limitation du temps de jeu, contrôle parental renforcé, vérification d’âge et campagnes nationales de sensibilisation. La loi inclura en outre des droits renforcés pour les consommateurs, notamment la récupération ou l’effacement des données personnelles et le droit au remboursement.
Au-delà du volet juridique, une mobilisation interministérielle est prévue. Le ministère de l’Éducation nationale lancera des programmes de sensibilisation dans les écoles, tandis que le ministère de la Santé développera un dispositif de suivi de l’addiction numérique et une ligne d’assistance psychologique. Les régulateurs, médias, associations et la CNDP seront associés pour garantir un environnement numérique plus sûr.
Le gouvernement défend également cette réforme comme un levier de développement économique : en encadrant les pratiques du secteur, il espère stimuler la production nationale de jeux « responsables » et renforcer la compétitivité de l’économie numérique marocaine.
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