S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
En continu
Les dernières informations en temps réel
07.12.2024 à 09 H 46 • Mis à jour le 07.12.2024 à 18 H 50 • Temps de lecture : 5 minutes
Par
Presse

La FMEJ envisage des protestations contre « la mainmise sur les médias »

Le siège de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ).

Dans un communiqué, le bureau exécutif de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) exprime son « indignation » face au contenu de l'arrêté ministériel conjoint n° 2345.24, signé par le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et le ministre délégué chargé du Budget, et en rapport avec le décret gouvernemental du 22 décembre 2023 fixant les conditions et modalités d’octroi de l’aide publique aux secteurs de la presse, de l’édition, de l’imprimerie et de la distribution.


Réuni le 5 décembre à Casablanca, le bureau de la FMJEJ considère que cet arrêté consacre de « manière flagrante et étrange le monopole et l'exclusion, signe l'arrêt de mort des petites et moyennes entreprises médiatiques et de la presse régionale, et manque de logique et d'objectivité, étant contraire aux dispositions de la loi ».


Ainsi si l’article 7 de la loi relative à la presse et à l’édition stipule que « les secteurs de la presse, de l’édition, de l'imprimerie et de la distribution bénéficient de l'aide publique dans le respect des principes de la transparence, de l’égalité des chances et de la neutralité », le bureau exécutif de la FMEJ relève cependant que cet arrêté ministériel, tout comme le décret gouvernemental précédent, « ne respectent ni la transparence, ni l'égalité des chances, ni la neutralité ».

 

Alors que le même article 7 de la loi relative à la presse et à l’édition précise que le soutien public à la presse a comme objectifs « de promouvoir la lecture, de renforcer le pluralisme et d'appuyer les ressources humaines des dits secteurs », le bureau exécutif relève également que l'arrêté ministériel conjoint constitue « une violation flagrante et scandaleuse de la loi, en ce sens qu'il substitue à la promotion de la lecture une notion aberrante basée sur le chiffre d’affaires pour promouvoir le commerce, tuant ainsi le pluralisme et menaçant les ressources humaines par des milliers de licenciements dans des entreprises soumises à des critères surréalistes et taillés sur mesure pour quelques entreprises qui se comptent sur les doigts d'une seule main ».

 

Le bureau exécutif de la FMEJ s’interroge sur « ces décisions unilatérales prises par le ministère en charge de la Communication » dont le soutien, « qui a doublé pour atteindre 300 millions de dirhams (MDH) bénéficiera, selon ces critères pernicieux, à seulement 4 entreprises, qui vont s’accaparer 10O MDH, soit le double du soutien alloué à la presse dans la loi de finances 2025. Tandis que le reste sera réparti entre les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 2 et 10 millions de dirhams (MDH), au moment où des centaines d’entreprises nationales seront privées de tout soutien alors qu’une grande partie d’entre elles en bénéficiait depuis plus de 20 ans ».


Le bureau exécutif de la FMEJ note également que les critères relatifs au soutien des imprimeries « ont été conçus, eux aussi taillés sur mesure pour deux établissements, alors que des imprimeries qui existent depuis des décennies en seront exclues ».


Et d’ajouter que « tout ceci a été décidé en l’absence d’une concertation réelle avec les représentants des éditeurs et en excluant délibérément la FMEJ, sachant qu’elle ne cautionnera jamais ce plan infernal ». « Le ministère a innové en adoptant un paramètre arbitraire de classification des organisations professionnelles dénué de critères objectifs et légaux, en recourant à des critères subjectifs, à l’humeur et au favoritisme pour décréter qui en sont les plus représentatives, au point de mettre en jeu les enjeux cruciaux du secteur », poursuit la même source.


« Aussi, le fait d’introduire le chiffre d’affaires des entreprises éditrices comme critère, en fait une première mondiale, pose un véritable problème quant à la relation entre le soutien de l’État à la presse et le capital dans ce secteur », écrit la FMEJ dans son communiqué, affirmant que « l'arrêté ministériel conjoint est contraire à la volonté royale » et qu’il constitue également « une tentative de contrôle et de mainmise gouvernementale sur les médias et de meurtre prémédité des PME et de la presse régionale en général et, plus particulièrement dans les provinces du Sud, en tant que zones sensibles ».


Le bureau exécutif de la FMEJ fait aussi le parallèle avec ce qui a eu lieu contre l’autorégulation, en ce sens que « les fondements constitutionnels de la nécessité d'élire un Conseil national de la presse ont été ignorés, et que l’hérésie de la mise en place d'une commission provisoire a été inventée, alors que nous assistons aujourd’hui à des efforts acharnés visant à en assurer la pérennité ou à élaborer des lois sur la presse taillées sur mesure, qui n'ont rien à voir ni avec la régulation de la profession ni avec la promotion du secteur ».


Le bureau exécutif de la FMEJ, qui dénonce son « exclusion systématique » annonce « la mobilisation générale de tous ses membres, au niveau central et dans les sections, contre cette grave visée ciblant 90 % du tissu entrepreneurial professionnel » et un mouvement de « protestation à l’échelle nationale ».


La FMEJ appelle également à « la formation d’un front national regroupant toutes les organisations professionnelles concernées pour obtenir l’annulation de cet arrêté ministériel conjoint et du décret gouvernemental relatif au soutien, le respect des dispositions de l’article 7 de la loi relative à la presse et l’adoption d’une approche participative dans laquelle la FMEJ, en tant qu’organisation la plus représentative des éditeurs, sera au cœur des chantiers de réforme ».

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Revenir au direct