La mort du président Ebrahim Raïssi ouvre la voie à une succession héréditaire inédite en Iran
Le président iranien Ebrahim Raïssi est décédé dans un accident d'hélicoptère survenu dimanche dans le nord-ouest du pays, rapporte ce lundi l'agence de presse officielle IRNA.
Le ministre des Affaires étrangères, Hossein AmirAbdollahian et des officiels iraniens qui accompagnaient le président après une cérémonie d’inauguration d’un barrage dans la province iranienne de l’Azerbaïdjan orientale, dans le nord-ouest du pays, ont également trouvé la mort dans cet accident, a précisé la même source.
L'hélicoptère, objet d’un « atterrissage brutal », dans lequel se trouvait le président iranien et d'autres officiels avait disparu dimanche alors qu'il survolait une région escarpée et boisée du nord-ouest de l'Iran dans des conditions météorologiques difficiles, avec de la pluie et un épais brouillard. Son épave a été découverte lundi à l'aube sur le flanc d'une montagne. « Les coordonnées géographiques précises » de l’emplacement de l’hélicoptère avaient été déterminées, grâce notamment aux données d’un drone turc.
Les équipes de secours n’y ont trouvé « aucun signe de vie », selon les agences officielles iraniennes. Tôt lundi matin, son décès, ainsi que celui du ministre iranien des Affaires étrangères et de sept autres personnes, a été annoncé sur la télévision d’Etat. Selon une source citée par l’agence Reuters, l’appareil serait « complètement calciné ».
De nombreux pays, de la Turquie à Moscou, en passant par la plupart des pays du Golfe, ont envoyé des messages de soutien à Téhéran et ont offert leur aide, comme l’Union européenne (UE), qui avait activé son service de cartographie CopernicusEMS. Washington avait précisé pour sa part « suivre de près les informations ».
Pour la BBC, la disparition de Raïssi « aurait très peu de conséquences sur la politique étrangère ou intérieure de l’Iran », car « le président Raïssi s’occupait de la gestion quotidienne de l’Iran, mais ses pouvoirs étaient très limités ». « En Iran, c’est le guide suprême (Ali Khamenei, ndlr) qui définit la politique et qui a le dernier mot », ajoute la radiotélévision britannique, a rapporté Courrier International. En outre, « le mandat du président n’a pas été marqué par des décisions politiques majeures, et son héritage ne serait donc pas considéré comme significatif ».
Le président Raïssi était cependant considéré comme « un successeur possible de Khamanei », âgé de 85 ans. Sa mort laisserait le champ libre au fils du guide suprême, Mojtaba Khamenei – une « succession héréditaire » inédite, voire une lutte féroce pour le pouvoir.
Un conseil composé du premier vice-président, du président du Parlement et du chef du pouvoir judiciaire devra procéder à l’élection d’un nouveau président dans un délai de 50 jours.
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