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04.02.2026 à 13 H 17 • Mis à jour le 04.02.2026 à 13 H 30 • Temps de lecture : 3 minutes
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Maghreb

L’acquisition de chasseurs russes place Alger sous la menace de sanctions américaines

Un avion de combat Su-35 de fabrication russe.

L’armée de l’air algérienne a entamé la réception de ses premiers chasseurs Su-35 en provenance de Russie, une acquisition militaire significative qui renforce sensiblement ses capacités aériennes. Cette montée en gamme s’inscrit dans une relation historique et structurante entre Alger et Moscou, la Russie demeurant depuis des décennies le principal fournisseur d’armements de l’Algérie.


Mais cette décision stratégique ne passe pas inaperçue sur la scène internationale. À Washington, le dossier est suivi avec une attention particulière et pourrait déboucher sur une réponse politique de nature coercitive. L’Administration américaine n’exclut pas en effet le recours à des sanctions à l’encontre d’Alger, en application de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act), qui vise à pénaliser les transactions militaires significatives avec la Russie.


Interrogé devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain, Robert Palladino, responsable du Bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État, a confirmé que les informations relatives à l’achat de chasseurs russes par l’Algérie étaient prises très au sérieux. « Nous avons vu ces informations dans les médias, et elles nous préoccupent », a-t-il déclaré, répondant à une question sur l’éventualité de sanctions visant Alger.


Le diplomate américain a rappelé l’engagement de son administration à faire respecter strictement le cadre juridique de la CAATSA, soulignant que « des transactions comme celles évoquées peuvent conduire à une telle décision  ». Il a précisé que les autorités américaines « suivront cette affaire de très près », laissant entendre que le dossier pourrait être examiné plus en profondeur lors d’échanges à huis clos avec les sénateurs.


Robert Palladino a toutefois nuancé son propos en rappelant l’existence d’un dialogue bilatéral entre Washington et Alger. « Nous collaborons étroitement avec le gouvernement algérien sur les sujets où nous trouvons un terrain d’entente  », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant des divergences persistantes. « Nous sommes certes en désaccord sur de nombreux points, et ce serait là un exemple de situation problématique pour les États-Unis. Nous utilisons l’influence dont nous disposons, souvent en privé, pour défendre nos intérêts et mettre fin aux comportements que nous jugeons inacceptables.  »


En février 2025, l’Algérie a officiellement confirmé l’achat de chasseurs russes de dernière génération, devenant le premier pays à se doter de certains modèles avancés produits par l’industrie aéronautique russe. L’armée de l’air algérienne exploite déjà plusieurs appareils de conception russe, ce qui renforce la cohérence de son choix sur le plan opérationnel, mais accroît simultanément son exposition aux mécanismes de sanctions occidentales. Des sources médiatiques ont ajouté la livraison effective de deux exemplaires de Su-57E.


Au-delà de sa dimension strictement militaire, cette affaire illustre les lignes de fracture géopolitiques qui traversent aujourd’hui le marché mondial de l’armement. Elle place Alger face à un arbitrage délicat entre la consolidation de son autonomie stratégique et le risque d’un durcissement de ses relations avec Washington, dans un contexte international marqué par la polarisation croissante autour de la Russie.

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