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29.08.2017 à 18 H 30 • Mis à jour le 30.08.2017 à 00 H 20 • Temps de lecture : 5 minutes
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Intégration

Le Maroc pourrait abandonner le dirham à terme en intégrant la CEDEAO

En visite à Rabat, le président de la commission de la CEDEAO, Marcel Alain De Souza a révélé que le roi Mohammed VI a dans un courrier officiel exprimé l'engagement du Maroc a adhérer à une monnaie unique de l'ensemble économique ouest-africain si celle-ci devait être décidée par les Etats membres

Les dispositions juridiques et techniques sont en marche pour permettre au Maroc de devenir membre à part entière de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a affirmé, mardi à Rabat, le président de la commission de la CEDEAO, Marcel Alain De Souza.


« La démarche de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO est sur la bonne voie et va être confirmée lors de la prochaine session ordinaire de la Communauté, le 16 décembre prochain à Lomé », a fait savoir De Souza, à l’issue d’une séance de travail avec le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.


« Faire montre d’ingéniosité » et « s’inscrire dans la durée », ont été les maitre mots de cette rencontre qui, pour le ministre des Affaires étrangères, découle d’un « choix exprimé au plus haut niveau ».




Changement d'attitude de De Souza

Pour sa part le président de la commission de la CEDEAO a indiqué qu’il n’a jamais refusé l’adhésion du royaume assurant que celle-ci sera confirmée le prochain sommet de l’organisation : les dispositions sont en cours pour coordonner avec la partie marocaine les différents textes qui la précèdent. De Souza a mis en évidence la convergence de vues entre le Roi Mohammed VI et les chefs d’Etat des pays de la CEDEAO. Pourtant, c'est bien d'un revirement dont il s'agit : De Souza indiquait il y a quelques mois qu'une adhésion totale et immédiate n’est pas forcément souhaitable, annonçant de fortes résistances dont l’Algérie fait grand écho depuis la mi-février. De Souza envisagait plutôt un accord de partenariat économique déclarant le Maroc comme un associé privilégié, à l’image de celui du « statut avancé » dont bénéficie le Maroc avec l’Union européenne. A ce titre, il défend l’idée d’une commission paritaire dans ce sens.ait


Un changement d'attitude qui pourrait s'expliquer par un pressing royal inattendu. De Souza a révélé que le roi Mohammed VI a dans un courrier officiel exprimé l'engagement du Maroc a adhérer à une monnaie unique de l'ensemble économique ouest-africain si celle-ci devait être décidée par les Etats membres. Autre point nodal, comme pour les ensembles intégrés développés, l'adhésion concerne la libre circulation des biens, des services, des capitaux, mais aussi des personnes, décloisonnant ainsi les espaces frontaliers pour les citoyens des quinze pays. Cela est conforté par ailleurs par une coopération plus articulée en matière de bonne gouvernance, de gestion des risques et d'harmonisation des politiques internes en faveur des processus transitionnels vers des systèmes plus démocratiques.


« Nous sommes dans une très bonne ambiance (…) les différents éléments montrent une convergence de vues de nos chefs d’Etat et de SM le Roi pour qu’on s’installe dans la durée, dans le développement et dans l’intérêt des deux parties », a souligné le président de la Commission de la CEDEAO.


Il a ajouté, à ce propos, que les chefs d’Etat de la Communauté ont exprimé de « manière souveraine et en toute liberté » leur volonté de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO, et ce dans l’intérêt des deux parties, coupant ainsi court, selon les observateurs, aux rumeurs de résistances à un niveau décisionnaire.


Le responsable a noté que le rôle de la commission de la CEDEAO est de mettre en œuvre la décision des Chef d’Etats de la Communauté, qui ont donné leur accord de principe à la demande d'adhésion du Maroc.


Cette décision devrait couvrir, notamment, la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, ainsi que la mise en œuvre des accords de prévention des risques et des règles de bonne gouvernance et de démocratie, a-t-il précisé.


Mettant en relief la présence de plusieurs opérateurs marocains dans différents secteurs à travers le continent, De Souza a relevé que le Maroc entretient des liens solides avec tous les Etats membres de la CEDEAO.


De son côté, Bourita a indiqué que l’adhésion du Maroc à la CEDEAO est un choix stratégique et une volonté exprimée au plus haut niveau de l’Etat.


« C’est une décision qui viendra couronner l’historique des relations qui ont toujours lié le Maroc, les pays de l’Afrique de l’Ouest et la CEDEAO », a affirmé Bourita.


Le ministre a noté que le processus d’adhésion, qui se déroule dans un esprit positif de collaboration, est une décision stratégique avec une dimension technique.


« L’adhésion est une construction sui generis, il n’y a pas de manuel prêt à l’emploi, il faut faire preuve d’ingéniosité, de flexibilité, en gardant en vue les objectifs », a-t-il souligné, notant que ce sera un processus progressif, étalé sur des années.


La Conférence des Chef d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO a donné, le 4 juin à Monrovia (Liberia), son accord de principe à la demande d’adhésion du Royaume à ce groupement régional.


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