Le Polisario écarté de la réunion ministérielle Afrique–Corée du Sud
Séoul accueille les 1er et 2 juin la deuxième réunion ministérielle du partenariat entre la République de Corée et les pays africains. Comme lors du premier Sommet Afrique–Corée de juin 2024, le Front Polisario n'a pas été convié. Une absence qui s'inscrit dans une série de formats de coopération internationale dont le mouvement séparatiste de Tindouf est tenu à l'écart.
La rencontre de Séoul prolonge le premier Sommet Afrique–Corée tenu les 4 et 5 juin 2024, qui avait réuni la Corée du Sud et 48 États membres de l'Union africaine autour d'engagements financiers en faveur du développement du continent et d'un meilleur accès des exportations africaines au marché coréen.
Selon le ministère sud-coréen des Affaires étrangères, la session de 2026 vise à faire le point sur les projets lancés depuis le sommet et à explorer de nouveaux champs de coopération : commerce, investissement, sciences et technologies, chaînes d'approvisionnement et minerais critiques, mais aussi santé, climat et paix et sécurité.
Le chef de la diplomatie coréenne, Cho Hyun, a indiqué que cette réunion servirait de base aux discussions sur un deuxième Sommet Afrique–Corée prévu en 2029.
La participation est large : des délégués de 50 des 54 pays africains, ainsi que quatre organisations régionales : l'Union africaine, la Banque africaine de développement (BAD), la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. C'est, selon Séoul, la première fois que la Corée invitait de manière indépendante des pays africains et de grandes organisations régionales à une réunion ministérielle entièrement consacrée à l'Afrique.
Le Polisario, qui revendique la « RASD » en tant que membre de l'Union africaine, n'a pas été invité aux travaux de Séoul. Plusieurs échanges menés ces derniers mois entre l'ambassadeur de Corée du Sud à Alger et de hauts responsables algériens n'auraient pas modifié la position coréenne.
Cette mise à l'écart s'inscrit dans une série. Le Polisario n'avait pas été convié au sommet France–Union africaine du 12 mai au Kenya, ni à la réunion de partenariat Inde–Union africaine initialement prévue fin mai à New Delhi (reportée en raison de l'épidémie d'Ebola touchant plusieurs pays africains). Lors de la TICAD 2024 (Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique), un incident diplomatique avait éclaté autour de la présence non sollicitée de représentants du Polisario, le Japon ayant réaffirmé ne traiter qu'avec les États membres de l'ONU. Une position réitérée lors de la TICAD 9.
L'élément qui structure ces absences successives serait une décision interne à l'Union africaine. En juillet 2024, le Conseil exécutif de l'UA a, selon des sources convergentes, décidé d'écarter le Polisario de la participation aux réunions internationales rassemblant les pays africains et leurs grands partenaires extérieurs.
Dans la pratique, le Front Polisario se trouve ainsi exclu des formats de partenariat de l'UA avec la Russie, la Chine, la Turquie, l'Italie, la Corée du Sud, l'Indonésie et les États-Unis. Il demeure en revanche présent dans le cadre des réunions impliquant l'Union européenne, où une délégation a encore pris part en 2025 aux travaux préparatoires d'une conférence ministérielle UE–UA.
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