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10.11.2025 à 22 H 55 • Mis à jour le 11.11.2025 à 09 H 19 • Temps de lecture : 3 minutes
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CSPJ

Les demandes d’autorisation de mariage de mineurs ont diminué de 17% en 2024 mais persistent

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a fait état, dans son rapport au titre de l'année 2024, d'une baisse de 17,02 % des demandes d'autorisation de mariage de mineurs par rapport à 2023.


Le Conseil relève que, malgré le cadre juridique strict établi par les articles 20 et 21 du Code de la Famille, qui érige le mariage de mineurs en exception nécessitant une autorisation judiciaire fondée sur un intérêt légitime et des circonstances justifiées, les chiffres révèlent la persistance de ce phénomène et de ses profondes implications sociales.


En 2024, le nombre total de demandes de mariage de mineurs en cours pour les filles s'est élevé à 16 730, représentant 98,50 % du total, tandis que celui des garçons a été de 255, soit moins de 1,50 %. Quant au nombre de demandes acceptées pour les filles, il a atteint 10 570, c’est-à-dire 63,18 % du total, alors que celui des garçons n'a pas dépassé 121.


D'après les données statistiques du CSPJ, plus de la moitié des demandes (55,6 %) se sont concentrées dans cinq circonscriptions judiciaires : Marrakech, Fès, Kénitra, El Jadida et Beni Mellal. C’est la circonscription judiciaire d'Errachidia qui a enregistré le taux d'acceptation le plus élevé, enregistrant 81 % des demandes de mariage. Au contraire, Settat a affiché le taux le plus faible (20,1 %), précise le rapport. À noter que les demandes émanant de femmes ont diminué (-17,5 %) tandis que celles émanant d'hommes ont augmenté (+33,68 %).


Le Conseil a constaté que les mariages de mineurs ont été plus fréquents en milieu rural en 2024, avec 13 091 demandes (78,13 %), contre 3 664 demandes en milieu urbain (21,87 %). De même, le taux d'acceptation des demandes émanant des résidents en milieu rural a atteint 79,65 %, tandis que celui des résidents en milieu urbain s'est élevé à 87,52 %.


Selon le rapport, ces chiffres démontrent que les solutions juridiques à la problématique des mariages de mineurs demeureront insuffisantes du moment qu'elles ne sont pas intégrées dans des politiques et des stratégies publiques convergentes visant à faire face aux causes profondes de la persistance desdits mariages.


Le rapport insiste, dans ce sens, sur l'importance de généraliser l'accès à l'enseignement obligatoire pour les filles, en particulier en milieu rural, et de combattre le décrochage scolaire. Le même texte préconise un changement des mentalités et des concepts sociaux dominants, en sensibilisant à l'importance de l'éradication de l'analphabétisme et en luttant contre la pauvreté et la vulnérabilité.

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