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15.09.2019 à 10 H 54 • Mis à jour le 15.09.2019 à 21 H 58 • Temps de lecture : 3 minutes
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Maghreb

Les Tunisiens aux urnes pour une présidentielle indécise

Les Tunisiens se sont rendus aux urnes dimanche pour désigner le successeur du président Béji Caïd Essebsi, mort en juillet, un nouveau test pour la jeune démocratie tunisienne sur fond de crise économique durable.


Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 GMT et les premières files d'attente se sont formées dès les premières minutes dans certaines villes, comme à La Marsa, dans la banlieue de Tunis, pour ce scrutin particulièrement indécis.


Mais la participation semble en retrait par rapport au scrutin de 2014, quand 50 % des inscrits avaient voté. Le président de la Commission électorale, Nabil Baffoun, a déclaré que 27,8 % des sept millions d'inscrits avaient accompli leur devoir électoral à 15h00.


« C'est un moment historique. Je suis arrivée dès 7h du matin pour donner ma voix à notre nouveau dirigeant qui devra protéger notre démocratie », a déclaré Lilia Amri, une employée de banque de 36 ans.


Huit ans après la « Révolution du Jasmin » qui avait donné le coup d'envoi du Printemps arabe, la Tunisie est le seul pays concerné à avoir connu une réelle transition démocratique, même si celle-ci demeure fragile.


Le sentiment de nombreux Tunisiens que leurs conditions de vie se sont dégradées, sur fond de chômage de masse et de forte inflation, rend d'autant plus incertaine l'issue du scrutin.


Lors des élections municipales l'an dernier, seuls 34 % des quelque sept millions d'électeurs tunisiens s'étaient déplacés.


Pour ce scrutin présidentiel, aucun favori indiscutable ne s'est détaché parmi les 26 candidats en lice - deux se sont retirés de la course, mais leur nom figure toujours sur les bulletins.



Parmi eux, figurent le Premier ministre Youssef Chahed et d'autres anciens dirigeants du pays, mais aussi un candidat du parti islamiste Ennahda et un magnat des médias emprisonné depuis le mois dernier pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, Nabil Karoui, qui se présente comme un défenseur des classes populaires et pourrait jouer les trouble-fêtes.


La cour d'appel de Tunis a rejeté vendredi sa demande de remise en liberté. L'homme d'affaires, propriétaire de la chaîne Nesma, est incarcéré depuis le 23 août. Il nie toute malversation et se dit victime de manoeuvres politiques.


Karoui est bien placé dans les sondages - Les dernières enquêtes d'opinion le plaçaient devant Youssef Chahed et Abdelfattah Mourou, candidat du parti islamiste modéré Ennahda. Et s'il s'impose au terme du processus électoral, puis est condamné et empêché d'exercer ses fonctions, la crise politique risque d'être inévitable.


Un second tour sera organisé, le 13 octobre, si aucun candidat ne recueille 50 % des voix. Les premières estimations sont attendues dans la nuit de dimanche à lundi.


En cas de résultats serrés, des candidats éliminés dès dimanche pourraient déposer des recours en justice, notent des politologues.


Même s'il demeure la personnalité la plus importante sur la scène politique tunisienne, le président n'exerce un contrôle direct que sur les affaires étrangères et la défense, les autres domaines d'intervention relevant du Premier ministre. Les Tunisiens renouvelleront par ailleurs leur Parlement le 6 octobre.


Plusieurs candidats à la fonction suprême ont remis en cause ce partage des tâches, réclamant une modification de la Constitution pour élargir les pouvoirs présidentiels.


La plupart des élections organisées depuis 2011 ont conduit à des accords de partage du pouvoir entre partis rivaux cherchant à éviter une dangereuse polarisation entre islamistes et laïques, ou à présenter un front uni face à la crise économique.

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