L’UE entame des pourparlers avec le Maroc sur un accord migratoire global
La Commission européenne a entamé des discussions préliminaires avec le Maroc en vue de conclure un partenariat stratégique élargi, à l’image de ceux déjà signés avec d’autres pays tels que la Tunisie, l’Égypte et la Jordanie. Objectif : renforcer la coopération bilatérale à travers un pacte global incluant des engagements précis de Rabat en matière de gestion des frontières et de contrôle des flux migratoires.
L’annonce intervient dans le cadre du lancement de Global Europe, un programme phare de Bruxelles destiné à accroître le soutien financier aux pays du voisinage sud dans le prochain cadre budgétaire pluriannuel de l’Union européenne. À cette occasion, Dubravka Šuica, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la démocratie et de la démographie, a confirmé que la migration constituerait l’un des piliers du futur partenariat entre l’UE et le Maroc.
« Nous avons déjà établi un partenariat avec plusieurs d'entre eux et cherchons à le renforcer avec chacun d'eux. Nous collaborons actuellement avec l'Égypte, la Tunisie et la Jordanie. Nous travaillons à approfondir notre partenariat avec le Maroc et allons également commencer à travailler avec le Liban », a-t-elle déclaré dans un communiqué officiel.
Depuis 2022, en réaction à la recrudescence des arrivées irrégulières via la Méditerranée centrale, l’Union européenne a mis en place des mécanismes de coopération renforcée avec Tunis et Le Caire, fondés sur une logique d’échange : des aides financières substantielles contre un engagement ferme des États partenaires à endiguer les départs et faciliter le retour des migrants en situation irrégulière.
Le Maroc, déjà considéré par Bruxelles comme un « partenaire stratégique clé » dans le voisinage sud, pourrait ainsi s’inscrire dans cette nouvelle phase de contractualisation migratoire. Des sources internes à la Commission, citées par l’agence Europa Press, indiquent que des pourparlers sont en cours pour établir un cadre d’accord similaire, bien qu’aucune échéance précise ne soit encore fixée. Les négociations n’ont pas encore officiellement débuté, mais une volonté commune d’enclencher ce processus a été exprimée.
Ce futur accord irait au-delà du seul volet migratoire. Il couvrirait un large spectre de coopération bilatérale : développement économique, intégration régionale, transition énergétique, transformation numérique et éducation. Il s’inscrirait dans la logique des partenariats dits « à la carte » qu’encourage Bruxelles, adaptés aux spécificités de chaque pays.
Dans ce contexte, Rabat pourrait faire valoir son rôle de partenaire de premier plan dans la stabilisation régionale et le contrôle des routes migratoires atlantiques et méditerranéennes, tout en négociant des contreparties substantielles dans les domaines de l’investissement, de l’aide au développement et du soutien budgétaire.
Ce rapprochement stratégique s’inscrit également dans un climat géopolitique mouvant, marqué par la volonté de l’Union européenne de rééquilibrer ses partenariats en Méditerranée et de sécuriser son voisinage sud, alors que les tensions persistent dans la région du Sahel et que les dynamiques migratoires se complexifient.
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