Marché de l’art : à Marrakech, les acteurs plaident pour une mobilité accrue des œuvres
La ville ocre a accueilli, mercredi 4 février à 15h30, une rencontre-débat consacrée au thème « Libéralisation du marché de l’art : enjeux et freins à la mobilité des œuvres », organisée à l’Auditorium Pierre Bergé. Cette initiative s’inscrit dans la troisième étape du programme Caravane « Comprendre les Industries Culturelles et Créatives (ICC) », porté par la Fédération des Industries Culturelles et Créatives (FICC – CGEM) en partenariat avec l’Union européenne.
Cette étape de la Caravane vise à contribuer à la structuration des filières créatives au Maroc. L’objectif est de réunir les acteurs de terrain — galeries, curateurs, institutions, fondations et collectionneurs — autour d’espaces de dialogue et de réflexion partagée. À travers cette dynamique, les organisateurs entendent faire émerger des diagnostics communs et formuler des recommandations opérationnelles pour accompagner l’évolution du marché de l’art au Maroc.
Au cœur des échanges : la question de la mobilité des œuvres. À l’échelle internationale, celle-ci repose sur une véritable infrastructure de confiance, intégrant des exigences juridiques, logistiques et financières élevées. La simplification des procédures d’import-export ainsi que l’harmonisation des standards documentaires apparaissent dès lors comme des leviers déterminants pour fluidifier les échanges et renforcer le positionnement du Maroc sur les circuits artistiques internationaux.
La séance d’ouverture a été assurée par Fihr Kettani, président de la FICC, et Eloisa Astudillo, attachée de coopération en charge des secteurs Culture, Jeunesse et Emploi à la Délégation de l’Union européenne au Maroc. Tous deux ont insisté sur la nécessité de construire un environnement plus lisible, plus fluide et mieux sécurisé, capable de transformer la visibilité internationale croissante des artistes marocains en résultats économiques et institutionnels concrets.
La table ronde a réuni plusieurs figures du secteur, dont Hicham Abkari, directeur des Arts au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Touria El Glaoui, fondatrice de la foire internationale 1-54 d’art contemporain africain, Nicolas Rougerie, directeur général d’Expo Services International (ESI) Maroc, Hicham Daoudi, fondateur et président d’Art Holding Morocco, Nadia Amor, directrice associée de la galerie L’Atelier 21, ainsi que Youssef Douieb, président de la Filière Arts Visuels de la FICC.
Les intervenants ont mis en lumière les obstacles liés à la lisibilité des cadres réglementaires et contractuels, soulignant l’importance d’un dispositif clair et harmonisé pour encourager les échanges internationaux. Les discussions ont également porté sur les conditions nécessaires pour améliorer l’attractivité du marché marocain et permettre aux artistes et opérateurs nationaux d’accéder plus facilement aux grandes foires et plateformes mondiales.
À travers cette rencontre, la FICC et ses partenaires réaffirment la nécessité d’une approche concertée entre acteurs publics et privés. L’ambition affichée est d’adapter le cadre réglementaire aux réalités contemporaines du marché et d’inscrire durablement le Maroc dans les circuits internationaux de création, de diffusion et d’échange artistique.
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