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05.08.2019 à 11 H 58 • Mis à jour le 05.08.2019 à 11 H 58 • Temps de lecture : 3 minutes
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Asie

New Delhi supprime le statut d’autonomie du Cachemire, colère au Pakistan

Les autorités indiennes ont annoncé lundi la révocation du statut d'autonomie dont bénéficiait jusque là le territoire du Cachemire où les accès à internet et à la téléphonie ont été coupés et plusieurs dirigeants assignés à résidence.


Le ministre indien de l'Intérieur a informé le Parlement que le gouvernement fédéral allait supprimer une disposition de la Constitution, mettant fin au statut particulier dont bénéficiait le Cachemire, une région majoritairement peuplée de musulmans et dont la souveraineté est en partie revendiquée par le Pakistan voisin.


« La Constitution s'appliquera intégralement dans le Jammu-et-Cachemire », a déclaré Amit Shah, privant l'Etat du nord de l'Inde du droit d'élaborer ses propres lois.


Le président a immédiatement approuvé le projet qui aboutira notamment à l'abolition d'un dispositif qui interdisait tout achat de foncier dans le Cachemire aux personnes qui n'en sont pas originaires.


Dans un communiqué, les autorités pakistanaises ont condamné la décision du gouvernement indien, qualifée « d'illégale », et ont prévenu qu'ils emploiraient « tous les moyens » pour la dénoncer.


« Partie prenante de ce contentieux international, le Pakistan emploiera tous les moyens possibles pour contrer cette démarche illégale », a dit le ministère pakistanais des Affaires étrangères.


De nombreux responsables locaux avaient mis en garde les autorités de New Delhi contre leur volonté de supprimer le statut d'autonomie spécial en vigueur dans le Cachemire, disant redouter de nouvelles violences.


Aux premières heures du jour, les autorités indiennes ont annoncé que la liberté de circulation y serait restreinte et la fermeture de tous les établissements scolaires à Srinagar, la principale ville du pays.


Certains dirigeants ont par ailleurs écrit sur Twitter qu'ils avaient été assignés à résidence tandis que d'autres disaient leur crainte d'être arrêtés avant que l'accès à internet soit coupé.


Reuters n'était de son côté pas en mesure de joindre son personnel local.


Le Cachemire est touché depuis la partition de 1947 par une vague interrompue de violences imputables notamment aux revendications territoriales du Pakistan et à l'insurrection de séparatistes musulmans.


Les tensions s'y sont encore ravivées vendredi lorsque les autorités indiennes ont lancé un appel à la vigilance contre d'éventuels actes terroristes planifiés par des insurgés que New Delhi accuse d'être soutenus par Islamabad, ce que le Pakistan dément.


La mise en garde a néanmoins conduit des milliers de personnes, des touristes et des pèlerins notamment, à quitter l'Etat précipitamment.

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