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09.07.2019 à 22 H 27 • Mis à jour le 09.07.2019 à 22 H 27
Par
France

Prison avec sursis demandée pour la princesse saoudienne Hassa, soeur de MBS

Le ministère public français a requis mardi soir six mois de prison avec sursis à l’encontre de la fille du roi Salman d’Arabie saoudite et sœur de Mohamed Bin Salman (MBS), accusée de complicité dans des violences présumées infligées par un de ses gardes du corps à un artisan peintre, qui effectuait des travaux dans une résidence de son père à Paris.


Huit mois de prison avec sursis ont été requis contre ce garde du corps, Rani S., gérant de sociétés de protection rapprochée et de gardiennage, qui travaillait régulièrement pour la famille royale saoudienne mais est aujourd’hui pratiquement au chômage.


La procureure a en outre requis pour chacun des deux prévenus une amende de 5 000 euros.


Ni la princesse Hassa Bint Salman, 42 ans, visée par un mandat d’arrêt international, ni le plaignant, Ashraf Eid, un artisan d’origine égyptienne, n’étaient présents à l’audience.


Que s’est-il vraiment passé ce 26 septembre 2016 au 81 avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de la capitale, entre la soeur du prince héritier saoudien, l’artisan et Rani S. ?


Hussa Bint Salman avait fait venir Ashraf Eid à l’étage qu’elle occupait pour remplacer une vasque dans une salle de bain proche de sa chambre.


A partir de là, la version de l’artisan et de l’accusation d’une part et celle de Rani S. et des avocats de la princesse d’autre part divergent radicalement, comme l’a encore confirmé l’audience de mardi.


Ashraf Eid dit avoir été molesté, ligoté, séquestré plusieurs heures et menacé d’un pistolet par Rani S., après avoir été accusé par la princesse de l’avoir photographiée et filmée à son insu dans sa chambre avec son téléphone portable.


Rani S. qui a déjà fait plus de deux mois de détention provisoire, a de nouveau catégoriquement démenti à la barre les faits qui lui sont reprochés.


Le ministère public a néanmoins estimé que cet ancien champion du monde de boxe thaïlandaise, d’origine libanaise, s’était rendu coupable de violences et de séquestration.


Il a estimé que la princesse s’était pour sa part rendue coupable de complicité de violences et de séquestration « par provocation, abus de pouvoir ou d’autorité ».


La procureure a enfin estimé que les deux prévenus s’étaient rendus coupables de vol en prenant à l’artisan son téléphone portable, qui sera détruit à coups de marteau avec sa carte « sim ».


Ce qui a au demeurant rendu impossible la vérification de l’existence de deux brefs enregistrements vidéo de Hassa Bint Salman, que Rani S. assure avoir vus.


La destruction de cet appareil a été une « grave erreur », a-t-il admis. « C’est la preuve qui nous manque. Cela nous prive de montrer que ce monsieur a pris des vidéos intentionnellement. »

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