Rabat prépare un plan pour rapatrier des combattants marocains de l’État islamique détenus en Irak
Le Maroc élabore actuellement un plan visant à rapatrier certains de ses ressortissants ayant combattu au sein du groupe État islamique (EI) en Syrie, et qui ont été transférés par les États-Unis vers des centres de détention en Irak, a indiqué le jeudi 12 mars un responsable sécuritaire à l’agence Reuters.
Selon cette source proche du dossier, les autorités marocaines travaillent à la mise en place d’un plan d’action prenant en compte la diversité des profils concernés, qu’il s’agisse des combattants eux-mêmes, mais aussi des femmes ayant vécu dans les camps administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le nord-est de la Syrie, ainsi que de leurs enfants.
Ce projet intervient dans un contexte de réorganisation du dispositif de détention des membres de l’EI après le retrait progressif des États-Unis de Syrie. Depuis janvier, Washington a commencé à transférer des détenus vers l’Irak, après l’effondrement des Forces démocratiques syriennes, qui gardaient une douzaine de centres de détention regroupant combattants et civils affiliés au groupe jihadiste.
Le mois dernier, le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir achevé sa mission en Syrie, précisant que 5 700 combattants adultes de l’État islamique avaient été transférés vers l’Irak. Bagdad a depuis appelé les pays occidentaux et musulmans à rapatrier leurs ressortissants impliqués dans les rangs de l’EI, rappelle Reuters.
Selon les données communiquées à Reuters, 1 667 combattants marocains auraient rejoint les rangs jihadistes en Syrie et en Irak. Parmi eux, 244 étaient détenus dans des prisons contrôlées par les FDS dans le Nord-est syrien, tandis que 279 anciens combattants sont déjà rentrés au Maroc.
La situation concerne également des familles. Toujours selon la même source, 269 Marocaines se trouvent encore dans la zone de conflit avec 627 mineurs, tandis que 134 femmes et 354 enfants sont retenus dans des camps administrés par les FDS dans le Nord-est de la Syrie. Depuis le début de la crise syrienne, 125 femmes ont déjà été rapatriées au Maroc.
Le Royaume avait déjà mené une opération similaire en mars 2019, en rapatriant huit combattants détenus par les FDS. Ces derniers ont été jugés au Maroc et purgent actuellement des peines allant de 13 à 18 ans de prison pour des accusations liées au terrorisme.
Au Maroc, le fait de rejoindre des groupes jihadistes à l’étranger est passible de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Les autorités restent particulièrement vigilantes face à la persistance de filières de recrutement. L’an dernier, le directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Haboub Cherkaoui, indiquait que plus de 130 combattants marocains avaient été recrutés ces dernières années par des branches africaines de l’État islamique.
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