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10.03.2018 à 17 H 11 • Mis à jour le 10.03.2018 à 17 H 11
Par
France

Ramadan, poursuivi pour viols, de nouveau hospitalisé

L’islamologue suisse Tariq Ramadan, visé par trois plaintes pour viol en France et une aux Etats-Unis, a été transféré jeudi de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) à une unité surveillée de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a-t-on appris samedi auprès d’un de ses avocats, confirmant une information du Monde.


« L’administration pénitentiaire et, surtout, le corps médical ont estimé que son état de santé nécessitait une hospitalisation », a déclaré à Reuters Me Emmanuel Marsigny, qui a récemment rejoint l’équipe des défenseurs du théologien.


Tariq Ramadan, mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable et incarcéré le 2 février, fait valoir qu’il souffre de sclérose en plaque et d’une affection neurologique d’origine indéterminée touchant ses membres inférieurs.


La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris l’a néanmoins maintenu en détention provisoire le 22 février, seul moyen selon elle de l’empêcher de récidiver, d’exercer des pressions sur les témoins ou les victimes ou de fuir.


Un expert médical avait conclu que les pathologies invoquées ne pouvaient « être considérées comme certaines » et que l’état de santé de l’islamologue était compatible avec sa détention.


Une nouvelle expertise médicale, dont les résultats sont attendus d’ici fin mars, est en cours.


« Un médecin de Fleury-Mérogis avait dit dès le départ que l’état de santé de Tariq Ramadan n’était pas compatible avec la détention », souligne Me Marsigny, qui a rendu visite vendredi à son client à la Pitié-Salpêtrière.


Du côté du petit-fils du fondateur égyptien des Frères musulmans Hassan el-Banna comme des plaignantes, l’heure est au renforcement des défenses et à l’élaboration des stratégies.


Eric Marsigny, qui a défendu Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, dans l’affaire des « biens mal acquis », dirige désormais la défense de Tariq Ramadan, également défendu en Suisse par deux avocats, Marc Bonnant et Yaël Hayat.


« Je pense aller voir M. Ramadan la semaine prochaine avec Mme Hayat pour l’entretenir du front genevois », a déclaré samedi à Reuters Me Bonnant.


Quatre des anciennes élèves de Tariq Ramadan en Suisse l’ont accusé dans La Tribune de Genève et le journal 24 Heures d’abus commis pour certaines quand elles étaient encore mineures.


Les deux avocats rouennais qui assuraient la défense de deux des trois plaignantes françaises, Henda Ayari, une ex-salafiste, et une ancienne escort-girl de 45 ans, ont pour leur part été remplacés ces tout derniers jours par une équipe de trois conseils autour de Me Francis Szpiner.


Parmi eux l’ex-ministre UMP (parti devenu Les Républicains) François Baroin, qui « travaille à mon cabinet et sera amené à suivre ce dossier », a confirmé à Reuters Me Szpiner.


Me Marsigny est convenu que c’était une « affaire complexe », avec des « enjeux importants » mais refuse tout autre commentaire.


Un élément avancé par Tariq Ramadan et ses premiers avocats français, Yassine Bouzrou et Julie Granier, pour contester les faits qui lui sont reprochés et son placement en détention, a été mis à mal en février par le site internet MuslimPost.


Ces avocats ont versé au dossier une réservation de billet d’avion montrant, selon eux, qu’il n’avait pas pu agresser une quadragénaire convertie à l’islam et handicapée, qui l’accuse de violences sexuelles dans une chambre d’hôtel à Lyon en 2009, les horaires ne correspondant pas.


Mais selon le MuslimPost, il a en fait pris un autre vol, qui l’aurait amené à Lyon bien plus tôt.


Le dossier de Tariq Ramadan tend à s’internationaliser : une femme a porté plainte en février aux Etats-Unis pour agression sexuelle.


L’intellectuel controversé jouit d’une certaine influence dans une partie de la communauté musulmane française, notamment chez les jeunes. Ses partisans sur les réseaux sociaux n’ont de cesse de dénoncer sa détention et un complot contre l’islam.


Une pétition « Libérez Tariq Ramadan » a recueilli plus de 122 000 signatures, nombre qui tend cependant à se stabiliser, et une collecte de fonds lancée sur internet par sa famille aurait permis de récolter une centaine de milliers d’euros.

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