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29.07.2025 à 16 H 50 • Mis à jour le 30.07.2025 à 10 H 52 • Temps de lecture : 5 minutes
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Économie

Rapport annuel de Bank Al-Maghrib présenté au Roi : croissance en reprise, inflation contenue et maintien du cap sur les réformes

Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib reçu en audience royale au Palais de Tétouan, le 29 juillet 2025. Crédit : MAP

Le roi Mohammed VI a reçu, le mardi 29 juillet au Palais royal de Tétouan, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, venu lui présenter le rapport annuel de la Banque centrale sur la situation économique, monétaire et financière du pays au titre de l’exercice 2024. Cette audience s’est tenue en présence du prince héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid.


Dans son exposé, le wali de la Banque centrale a dressé un tableau globalement positif de l’économie marocaine, soulignant une amélioration notable de la croissance, malgré un contexte international incertain et la persistance de conditions climatiques défavorables. En 2024, le produit intérieur brut s’est accru de 3,8 %, avec une progression encore plus soutenue des activités non agricoles, estimée à 4,8 %. Parallèlement, l’inflation, qui avait fortement progressé les années précédentes, s’est repliée à une moyenne de 0,9 %, ouvrant la voie à un assouplissement de la politique monétaire.


Bank Al-Maghrib a en effet réduit à deux reprises son taux directeur afin d’accompagner la reprise, tout en continuant à répondre intégralement aux besoins de liquidités exprimés par les établissements bancaires. Ce soutien monétaire vise à relancer la dynamique économique et à favoriser l’investissement dans un climat encore marqué par les séquelles de la pandémie, les tensions géopolitiques mondiales et les dérèglements climatiques.


Sur le front de l’emploi, les créations nettes de postes ont atteint 82 000 en 2024. Un chiffre jugé insuffisant par le Wali de Bank Al-Maghrib, dans la mesure où le chômage reste élevé, à 13,3 % en moyenne. Cette situation met en évidence les limites de la croissance actuelle à absorber une main-d’œuvre en expansion.


Concernant les finances publiques, le déficit budgétaire a été ramené à 3,9 % du PIB, dans un contexte de consolidation soutenue par de bonnes performances fiscales et par l’apport de nouveaux mécanismes de financement innovants. Les comptes extérieurs, quant à eux, ont bénéficié de la bonne tenue des exportations, notamment dans l’industrie automobile et les phosphates, ainsi que de la baisse de la facture énergétique. Le déficit courant s’est limité à 1,2 % du PIB. Les avoirs de réserve officiels ont dépassé les 375 milliards de dirhams, ce qui représente près de cinq mois et demi d’importations.


Prenant du recul sur les évolutions de long terme, Abdellatif Jouahri a souligné que depuis le début des années 2000, le Maroc a mené de front des réformes institutionnelles, économiques et sociales ambitieuses, accompagnées d’un programme massif d’investissement dans les infrastructures. Ces efforts, reconnus à l’échelle internationale, ont permis des avancées structurelles majeures. Toutefois, la dernière décennie a vu s’accumuler des chocs exogènes ayant freiné la croissance et affaibli la dynamique de création d’emplois.


Pour faire face à ces défis, le Royaume a engagé une série de réformes structurantes dans des domaines jugés stratégiques. Le rapport de Bank Al-Maghrib met en avant l’importance des projets lancés pour sécuriser l’accès à l’eau, renforcer la souveraineté énergétique et alimentaire, et préparer l’accueil d’événements d’envergure continentale et internationale.


À cet égard, l’année 2024 est qualifiée de charnière. Elle pourrait marquer un tournant dans la trajectoire économique du pays, à condition que les politiques publiques s’orientent résolument vers trois axes principaux : la consolidation de la résilience face aux chocs, la montée en agilité de l’action publique, et la préservation des équilibres macroéconomiques.


La principale priorité consiste à renforcer la résilience par une gouvernance plus efficace, la structuration du tissu productif et une implication accrue du secteur privé dans l’investissement et l’emploi. La seconde concerne la capacité des pouvoirs publics à ajuster leurs interventions en fonction de l’évolution du contexte, avec un suivi rigoureux de la mise en œuvre et une évaluation continue des résultats. Enfin, le troisième axe porte sur la rigueur budgétaire, avec l’accélération de la révision de la loi organique des finances, l’instauration d’une règle budgétaire et la réforme attendue des régimes de retraite.


Selon le gouverneur de la banque centrale, les conditions sont désormais réunies pour impulser un nouveau cycle vertueux. Le Maroc dispose d’une vision stratégique claire, adossée à des projets structurants, d’une stabilité politique et d’une crédibilité renforcée au plan international. Il appartient à toutes les composantes du pays, institutions comme société civile, de se mobiliser pour mettre en œuvre cette vision, d’autant plus que le Royaume devra relever d’ici 2030 plusieurs défis majeurs.


L’enjeu, insiste Jouahri, est de transformer ces échéances en leviers de transformation afin d’inscrire le pays dans une dynamique durable lui permettant de rejoindre le cercle des économies à revenu supérieur. Le rapport 2024, qui rassemble l’ensemble de ces constats, a été remis au Roi à l’issue de l’audience.

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