Régionalisation avancée : la transformation digitale, pilier essentiel du développement territorial
L'accélération de la transformation digitale est essentielle pour favoriser le développement territorial, ont souligné les participants à un atelier organisé samedi dans le cadre de la deuxième édition des Assises nationales de la régionalisation avancée.
Lors de cet atelier, qui avait pour thème « La transformation digitale au sein des collectivités territoriales : un levier pour consolider la gouvernance territoriale et renforcer la participation citoyenne », les intervenants ont relevé que cette transformation constitue un pilier essentiel pour renforcer la gouvernance territoriale et améliorer la qualité des services offerts aux citoyens.
Ils ont mis l'accent sur l’importance d'adopter des stratégies digitales inclusives et adaptées aux spécificités de chaque région et de mettre en place des mécanismes de coordination entre les différents acteurs au niveau local et régional en vue de garantir une transformation digitale efficace et durable.
Dans ce cadre, la présidente de l'Association des régions du Maroc (ARM), Mbarka Bouaida, a abordé les défis auxquels fait face la mise en œuvre de la transformation digitale au niveau régional, expliquant que la transformation numérique ne peut être réalisée sans des infrastructures solides, ce qui nécessite de mobiliser des financements importants à travers des partenariats entre les régions, l'État et les partenaires institutionnels et internationaux.
L’autre défi, a-t-elle ajouté dans son intervention axée sur « Le rôle des régions dans la gestion de la transformation digitale au niveau territorial », est lié aux ressources humaines nécessaires, précisant que les jeunes marocains possèdent de grandes compétences dans le domaine des nouvelles technologies.
Elle a, à cet égard, appelé à les accompagner par le biais de l’encadrement, la formation et l’orientation afin de perfectionner leurs talents et les mettre au service du développement régional et de la compétitivité de l’économie nationale.
Après avoir insisté sur la nécessité d’œuvrer à l'élaboration de stratégies régionales axées spécifiquement sur la transformation digitale couvrant toutes les régions, les collectivités territoriales, ainsi que les institutions et les services extérieurs, Bouaida a relevé que la mise en œuvre de ces stratégies sur le terrain est tributaire de certains mécanismes.
« L'expérience a montré que les sociétés de développement régional ou local disposent de capacités pour faciliter la mise en œuvre de ces stratégies, tant au niveau de l'attrait des compétences ou de la mise en place des procédures », a-t-elle fait remarquer.
De son côté, le président du conseil de la région de l'Oriental, Mohamed Bouarourou, a mis en avant les efforts du Conseil dans le renforcement des relations de partenariat et de coopération visant à la mise en place d'un écosystème digital régional avancé.
Dans le cadre de son engagement numérique, le Conseil de la région de l’Oriental a procédé à la signature de plusieurs conventions liées à la digitalisation, notamment, un accord de partenariat visant la création et la gestion de centres dédiés à la programmation et au codage informatique, a-t-il fait savoir.
Le Conseil régional a, également, scellé des accords portant sur le soutien à la recherche scientifique appliquée et à l’innovation, ainsi que sur la participation à la création de l'École Nationale de l'Intelligence Artificielle et du Digital.
Bourourou a évoqué l’exemple de la ville de Berkane en tant qu’ « expérience pionnière au niveau local et national », en raison des réalisations qui reflètent son action dans la mise en place d’un système numérique global couvrant les mécanismes de gestion, de traitement, d’analyse, de suivi, d’évaluation, de proactivité et de vigilance.
Pour sa part, le directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir, a souligné l’importance d’un changement de paradigme dans l’approche de la digitalisation au Maroc.
Il a plaidé pour une refonte des circuits administratifs afin de répondre efficacement aux attentes des utilisateurs.
« Il est impératif de passer d’un modèle où chaque administration opère de manière isolée à un écosystème intégré de plateformes numériques. Le citoyen ne doit plus être contraint de naviguer entre différentes administrations ou plateformes pour obtenir des services », a soutenu Safir.
Dans ce sens, le directeur général de la CDG a rappelé que la souveraineté numérique et la protection des données personnelles doivent demeurer des priorités dans la conception et la gestion des plateformes.
« Une transformation numérique réussie repose sur une approche participative, intégrée et sécurisée, qui reflète les aspirations des citoyens et respecte les standards internationaux », a-t-il estimé.
De son côté, la représentante Résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Maroc, Ilaria Carnevali, a insisté sur l’impératif d’adopter une approche holistique pour accompagner la transformation numérique.
Selon elle, la digitalisation n’est pas seulement une question technique, mais relève avant tout de la gouvernance et des droits humains. Carnevali a souligné, dans ce sens, la nécessité de créer des écosystèmes numériques locaux solides et inclusifs, capables de renforcer les institutions publiques et d'encourager la participation citoyenne.
De son côté, Mohamed Ben Ouda, président de Aba Technology à donner des exemples concrets comment les Technologies de l’IoT, l’IA, le cloud computing peuvent accélérer l'autonomie financière des collectivités territoriales en augmentant davantage leur recettes (taxes des terrains non-bâtis grâce aux drones) et réduisant les dépenses (éclairage publique grâce aux objectifs connectés et à l’efficacité énergétique).
Au-delà de l’autonomie financière des collectivités locales, les technologies notamment le Digital Twin et les data platform de l’intelligence artificielle des objets peuvent avoir une vision holistique pour mieux gestion les critiques et anticiper les tendances futures.
In fine, le président de Aba Technology conclut sur la souveraineté technologique à la fois numérique et industrielle qui permettra également de créer les emplois et ceci ne peut s’accélérer que grâce à trois leviers majeurs :
- Orienter la commande publique vers Invented & Made In Morocco avec des banques à projet technologique utile aux régions
- Le déploiement des fonds de corporate venture dédié à la tech
- Le déploiement des zones d’accélération technologiques contenant à la fois des industriels, incubateurs, laboratoires de recherche, universités de nouvelles générations...
Pour sa part, Mohamed El Mahdi Najib, directeur associé du cabinet de conseil en stratégie et en transformation digitale Exosdata Consulting, a mis l’accent sur le rôle de la digitalisation dans la gouvernance territoriale. Dans ce sens, il a mis en avant trois approches pour aborder la transition numérique et l’économie numérique par les régions. Premièrement, a expliqué Najib, il s’agit d’appréhender le digital comme étant « un levier d’efficacité organisationnelle, garantissant l’opérationnalisation optimale des compétences des régions ».
Deuxièmement, a-t-il poursuivi, la transition numérique permet de renforcer l’accessibilité des services aux citoyens, en plus d’être « un puissant mécanisme pour renforcer la transparence et la participation sociétale ».
Cet expert du digital souligne également le potentiel offert par l’économie numérique, qui offre une multitude d’opportunités en termes de développement territorial, de promotion de l’investissement et la création d’emplois.
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