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27.06.2025 à 16 H 22 • Mis à jour le 27.06.2025 à 16 H 57 • Temps de lecture : 4 minutes
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Détention

Six Marocains condamnés à mort en Somalie : leurs familles pressent Rabat d’agir

Plus d’un an après leur condamnation à mort par un tribunal militaire de la région semi-autonome du Puntland, en Somalie, six Marocains accusés d’appartenir à l’organisation État islamique (EI) croupissent toujours dans une prison de Garowe, dans l’incertitude la plus totale. Leurs familles, désespérées, appellent les autorités à intervenir d’urgence pour leur rapatriement, dénonçant une détention arbitraire doublée d’une procédure judiciaire opaque.


Le 2 mars 2024, un tribunal militaire basé à Bosaso avait reconnu les six hommes coupables d’appartenance à l’EI et les avait condamnés à la peine capitale par peloton d’exécution, tout en ordonnant leur expulsion dans un délai de 18 mois. Or, à mi-chemin de cette échéance, aucune mesure de transfert n’a été engagée par les autorités locales, et aucune clarification n’a été fournie par Rabat, malgré les démarches répétées des familles.


Le 19 mai dernier, ces dernières ont adressé une plainte formelle au ministère des Affaires étrangères, dénonçant l’inaction consulaire et qualifiant la situation d’atteinte grave aux droits de la défense. Selon elles, leurs proches ont été piégés par des recruteurs leur promettant un emploi à l’étranger. À leur arrivée en Somalie, ils auraient été arrêtés et inculpés de terrorisme sans preuve tangible, dans le cadre de la lutte élargie de Puntland contre les factions jihadistes opérant dans les montagnes du Bari.


«  Nos fils sont partis chercher du travail, pas faire la guerre », écrit l’un des proches dans le courrier adressé à la diplomatie marocaine. «  Ils ont été trompés, arrêtés, jugés à la hâte et condamnés à mort sans bénéficier d’un procès équitable  ».


Un détenu marocain, s’exprimant depuis sa cellule dans un message audio diffusé par le média Al Omk, affirme que lui et ses compagnons ont été piégés dès leur arrivée en Somalie, puis accusés à tort de liens avec des groupes armés. Son témoignage renforce les doutes exprimés par plusieurs défenseurs des droits humains sur les conditions de jugement et les garanties procédurales accordées aux accusés dans cette région instable.


Le cas des six Marocains condamnés se retrouve au cœur d’un flou judiciaire entretenu par des décisions contradictoires. Le 14 mai dernier, le même tribunal militaire de Bosaso annonçait avoir libéré six ex-combattants étrangers de l’EI ayant fait défection – dont certains Marocains – en les remettant au ministère de la Justice régional en vue de leur rapatriement. Mais aucun détail n’a été communiqué sur leur identité ou sur un éventuel lien avec les hommes condamnés en 2024, alimentant l’inquiétude des familles restées sans réponse.


Depuis plusieurs années, les autorités du Puntland intensifient leurs opérations contre les cellules jihadistes actives dans le nord-est de la Somalie. Si des dizaines de procès ont été menés contre des suspects, les observateurs internationaux alertent sur les dérives associées au recours systématique aux juridictions militaires, souvent accusées de manquer d’impartialité et d’empêcher l’accès à une défense effective.


Dans ce contexte, l’absence de réaction officielle de Rabat suscite l’indignation des familles et des organisations de défense des droits humains. Elles craignent que le silence diplomatique ne condamne de facto ces six jeunes hommes à une issue tragique, dans l’anonymat d’une prison étrangère. Une mobilisation publique est désormais espérée pour faire pression sur les autorités marocaines et somaliennes afin d’obtenir le respect des droits des détenus et éviter leur exécution.


«  Nous demandons au gouvernement marocain de prendre ses responsabilités, de défendre ses ressortissants et de les ramener à la maison avant qu’il ne soit trop tard  », conclut le communiqué des familles. Un autre Marocain, arrêté au Puntland en février dernier, fait face aux mêmes accusations.

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