Trump suspend les frappes pour deux semaines, Téhéran accepte de rouvrir Ormuz sous conditions
Le président américain Donald Trump a annoncé mardi 7 avril, à un peu plus d'une heure de l'expiration de son ultimatum fixé à 20 heures heure de Washington, qu'il acceptait de suspendre les bombardements contre l'Iran pour une période de deux semaines. Cette décision fait suite à des discussions avec le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise, qui ont joué un rôle de médiateurs entre Washington et Téhéran depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.
La suspension est conditionnée à l'acceptation par l'Iran d'une « ouverture totale, immédiate et sécurisée » du détroit d'Ormuz, passage maritime par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième du pétrole mondial. Donald Trump a qualifié cet accord de « cessez-le-feu réciproque » et a révélé avoir reçu de Téhéran une proposition en dix points qu'il considère comme une base de négociation viable, affirmant que les deux pays s'étaient entendus sur « la quasi-totalité des points de désaccord ».
Le ministre des affaires étrangères iranien a déclaré que le passage par le détroit d’Ormuz serait autorisé au cours des deux prochaines semaines sous la supervision de l’armée iranienne et sous réserve que les attaques israélo-américaines cessent. L’Iran dit également accepter de négocier avec les Américains pendant deux semaines à Islamabad.
Plus tôt dans la journée, le président américain avait tenu des propos d'une gravité inédite, écrivant sur Truth Social qu'« une civilisation entière va disparaître ce soir », tout en assurant ne pas souhaiter une telle issue. Ces déclarations avaient suscité une vague de condamnations internationales. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré qu'« aucun objectif militaire ne justifie la destruction massive des infrastructures d'une société ». Le pape Léon XIV a jugé la menace pesant sur le peuple iranien « inacceptable », la qualifiant de « question morale » au-delà du droit international. L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a dénoncé des propos « profondément irresponsables ».
La journée du 7 avril a été marquée par des frappes intenses avant l'annonce de la trêve. Des bombardements israélo-américains ont frappé la province d'Alborz, au nord de Téhéran, tuant 18 personnes dont deux enfants dans des zones résidentielles. Deux ponts ont été touchés au sud de la capitale, à Qom et à Kashan, faisant deux morts supplémentaires. L'île de Kharg, qui assure 90 % des exportations de brut iranien, a également été ciblée. L'Iran, de son côté, a poursuivi ses frappes contre les pays du Golfe, portant à 237 le nombre d'attaques menées depuis le 28 février et à plus de 5 200 le total de missiles et drones lancés vers la région, selon l'Institute for the Study of War.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution parrainée par Bahreïn réclamant le déblocage du détroit d'Ormuz. Le texte, déjà largement édulcoré par rapport à sa version initiale qui autorisait l'usage de la force, a recueilli 11 voix pour, deux contre et deux abstentions (Pakistan, Colombie). Moscou et Pékin ont annoncé la présentation d'un projet alternatif.
Sur le plan économique, le Brent s'échangeait mardi aux alentours de 111 dollars le baril, en hausse de plus de 55 % par rapport aux niveaux d'avant-guerre. L'Agence internationale de l'énergie estime à 15 millions de barils par jour les pertes d'approvisionnement liées au conflit, dont seuls 3 millions sont compensés par les libérations de réserves stratégiques. Au moins 29 sites énergétiques ont été touchés dans neuf pays depuis le début des hostilités. Au Liban, les frappes israéliennes contre le Hezbollah ont tué 1 530 personnes depuis le 2 mars.
L'annonce de la trêve a provoqué un rebond immédiat des marchés : les contrats à terme du S&P 500 ont progressé de 1 % et le brut américain a reculé de 5 %, redescendant autour de 107 dollars. Ce report est toutefois le dernier d'une série d'ultimatums repoussés par Donald Trump depuis le début du conflit. L'issue des deux semaines de négociations reste incertaine.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.
-
23.06Hôtellerie
-
