Tunnel d’Ourika : après l’échec des études techniques, le recours à une expertise étrangère sur la table
Devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a admis que, faute de pouvoir dépasser l'étape des études, le projet du tunnel d’Ourika se trouve dans une impasse technique persistante. L’obstacle central réside dans l’impossibilité, à ce stade, d’identifier avec précision la nature géologique du site, condition indispensable à toute décision de percement dans cette zone particulièrement complexe du Haut Atlas.
Deux marchés publics successifs, attribués à des sociétés spécialisées, ont échoué à produire une étude exploitable. Le dernier en date, remporté en 2023 par le groupement maroco-turc LPEE-Drillon TR pour environ 32 millions de dirhams (MDH) et un délai de 12 mois, a été annulé après l’incapacité des adjudicataires à mener les investigations géotechniques à l’intérieur même du tracé envisagé du tunnel. Cet échec illustre les contraintes techniques exceptionnelles du massif concerné.
Malgré ces blocages, le tunnel d’Ourika demeure l’option privilégiée. Long d’environ 10 kilomètres, avec un coût estimé à 10 milliards de dirhams, il implique également la réalisation de 80 kilomètres de routes d’accès et de 10 ouvrages d’art. Ce choix, plus coûteux que l’alternative du Tizi N’Tichka, a été justifié par des gains de temps nettement supérieurs sur l’axe Marrakech-Ouarzazate et par une rentabilité économique projetée deux fois plus élevée.
Le projet est conçu comme une alternative structurelle à la route nationale RN9 et comme un levier de désenclavement et de développement pour les provinces du Sud-Est, régulièrement pénalisées par la dangerosité et les fermetures hivernales du col du Tizi N’Tichka. Confronté à l’échec des bureaux d’études nationaux, y compris en groupement avec des cabinets étrangers, le ministère envisage désormais de recourir à des sociétés internationales spécialisées pour mener les investigations géologiques nécessaires.
Nizar Baraka a réaffirmé l’engagement de l’État à concrétiser ce tunnel, conformément aux orientations royales, tout en reconnaissant qu’aucun calendrier ne peut être avancé tant que ces études préalables n’auront pas été réalisées. Le projet s’inscrit dans une longue histoire d’études avortées depuis les années 1970, illustrant la difficulté récurrente de percer un ouvrage de cette ampleur dans le Haut Atlas.
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