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17.08.2019 à 11 H 48 • Mis à jour le 17.08.2019 à 11 H 48
Par
Asie

Week-end sous tension à Hong Kong où les enseignants manifestent

Plusieurs milliers d’enseignants ont lancé sous la pluie samedi à Hong Kong un week-end sous tension où des militants de la contestation antigouvernementale redoutent une intensification de la réaction policière.


Après l’escalade de ces derniers jours, notamment marqués par l’occupation de l’aéroport international du territoire semi-autonome et la démonstration de force de la police chinoise de l’autre côté de la frontière, à Shenzhen, les manifestations du week-end auront valeur de test pour la poursuite du mouvement.


Les manifestants disent lutter contre l’érosion du principe « un pays, deux systèmes » qui, depuis la rétrocession de 1997, marque la souveraineté chinoise sur l’ex-colonie britannique tout en garantissant le maintien d’un certain niveau d’autonomie à Hong Kong et en y préservant les libertés individuelles.


Le rassemblement des enseignants, autorisé par la police, s’est déroulé dans le calme. Après s’être retrouvés à Central, le quartier des affaires, ils ont marché en direction de Government House, siège de l’exécutif local, en scandant « La police de Hong Kong connaît la loi, la police de Hong Kong viole la loi ».


« Si Carrie (Lam, la cheffe de l’exécutif local) avait daigné répondre à nos revendications dès le début, personne n’aurait été blessé », commentait Lee, un instituteur à la retraite, rencontré dans le cortège.


D’autres manifestants sont attendus dans les quartiers de la péninsule de Kowloon.


Mais le temps fort du week-end sera la manifestation prévue ce dimanche par le Front civique des droits de l’homme, à l’origine des marées humaines qui ont déferlé au mois de juin pour rejeter un projet de loi d’extradition vers la Chine puis exiger la démission de Carrie Lam.


« Nous sentons tous que les tensions s’accumulent et que le niveau de stress s’accroît », constatait Pun, 22 ans, rencontré cette semaine lors d’un sit-in à l’aéroport international Chek Lap Kok, où le trafic a été très perturbé en début de semaine.


« Je sais qu’on ne peut pas combattre la violence par la violence, mais l’agression est parfois nécessaire pour attirer l’attention du gouvernement », ajoutait-il. « J’ai jeté des pierres, mais j’ai aussi été matraqué par la police. Nous nous habituons tous lentement à cela. »


A Pékin, le ton est monté ces derniers jours, et les autorités chinoises comparent désormais les manifestations de plus en plus violentes à des actes de terrorisme.


Les troupes paramilitaires chinoises de la Police armée du peuple (PAP) se sont par ailleurs entraînées cette semaine à Shenzhen, place financière de la province du Guangdong (Canton), située à la frontière de Hong Kong, des manoeuvres très médiatisées interprétées comme une mise en garde aux manifestants.


« Le rassemblement de la Police armée du peuple à Shenzhen a adressé une mise en garde très claire aux émeutiers de Hong Kong », a écrit vendredi l’éditorialiste du Global Times, journal tabloïd appartenant au Quotidien du Peuple, l’organe de presse du Parti communiste chinois.


Le Global Times, dans une rare allusion à la sanglante répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen à Pékin, il y a trente ans, ajoute que les événements à Hong Kong « ne seront pas une répétition de l’incident politique du 4 juin 1989 ».


« Washington ne sera pas en mesure d’intimider la Chine en se servant des troubles d’il y a trente ans. La Chine est beaucoup plus forte et plus mûre, et sa capacité à gérer des situations complexes a fortement progressé », poursuit-il.


Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, a mis en garde cette semaine les autorités chinoises : reproduire à Hong Kong ce qui s’est passé à Tiananmen serait une « grave erreur », a-t-il dit mercredi.


La police de Hong Kong a répété vendredi qu’elle était capable de maintenir seule l’ordre public.


Près de 750 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations, en juin. Certains manifestants sont poursuivis pour avoir participé à des émeutes  ils sont passibles d’une peine de dix ans de prison. La police a fréquemment recours au gaz lacrymogènes, parfois dans des endroits confinés.


C’est dans ce contexte de plus en plus tendu que le directeur général de la compagnie aérienne Cathay Pacific, le Britannique Rupert Hogg, a démissionné vendredi.


Les liens étroits de Cathay avec la Grande-Bretagne via un de ses actionnaires, le conglomérat Swire Pacific, en font un symbole du passé colonial de Hong Kong. Cathay est dans le collimateur de Pékin depuis l’arrestation d’un de ses pilotes lors d’une manifestation en juillet.

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