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14.08.2016 à 22 H 10 • Mis à jour le 14.08.2016 à 23 H 47
Par
Politique

Nouvelle affaire Choubani : pas de conflit d’intérêt avec la région, mais une tentation affairiste

Lahbib Choubani. AIC PRESS
Le président (PJD) de la région Draâ-Tafilalet, Lahbib Choubani, est de nouveau sous le feu des critiques pour avoir déposé à titre privé une demande de location de 200 hectares de terres collectives au nord d’Erfoud. Ce dernier a bien respecté les procédures prévues par la loi mais l’affaire relance le débat sur la séparation entre business privé et responsabilités publiques.

Une nouvelle polémique touche l’ex-ministre du gouvernement Benkirane et actuel président de la région Draâ-Tafilalet, Lahbib Choubani. En cause, une demande de location de terres collectives au nord d’Erfoud, déposée en mars dernier dans le cadre d’un projet agricole privé et dont les détails ont été publiés cette semaine par le quotidien Al Akhbar.


Selon les documents en question, Lahbib Choubani s’est associé à d’autres responsables locaux du PJD – dont le député d’Errachidia Abdellah Sarhiri et le président de la commune urbaine d’Erfoud, Abdeslam Barji –  pour déposer cette demande. Il s’agit de 200 hectares de terres collectives situées sur la commune rurale d’Arab Sebbah Ziz, où le président de région et ses associés souhaitaient développer un projet de production fourragère.


Cette demande, adressée au représentant (na’ib) des terres Soulalyates et transmise au caïd de la commune rurale n’a pas abouti mais des élus locaux affirment au site Médias24 vouloir saisir les autorités. Ils estiment que ce projet a enfreint les dispositions de la loi organique sur les régions, dont l’article 68 interdit aux membres du conseil régional d’entretenir des intérêts privés avec la région ou tout organisme qui y est rattaché.

 

Les terres collectives, gérées par l’Intérieur

Y-a-t-il un conflit d’intérêt potentiel, comme le suggèrent ces élus locaux ? Lahbib Choubani ne tombe pas en tout cas sous le coup de l’article 68 avec cette demande de location, vu qu’il ne s’agit pas de contrat passé avec le Conseil régional. D’ailleurs, celui-ci n’intervient pas dans les transactions (vente et location) liées aux terres collectives, gérées par un représentant de tribu sous la tutelle directe de l’Intérieur (Direction des Affaires rurales et provinces et préfectures). Le Guide de location des terres collectives, publié par le ministère, précise les procédures à suivre pour de telles transactions, y compris les négociations de gré à gré lorsque des investisseurs ont identifié en amont un terrain pour leur projet.


L’initiateur de ce projet, le professeur Mohamed Yachioui de l’université Ibn Toufail à Kénitra, avait présenté ses plans au conseil régional ainsi qu’à l’occasion d’un « Forum des experts et chercheurs de la région Draâ-Tafilalet  » qui s’est déroulé à Erfoud en mars dernier. C’est à ce moment-là que Lahbib Choubani et ses associés ont décidé de participer à titre privé dans ce projet.


Ce qui pose une question d’ordre moral et éthique, surtout venant d’une tête d’affiche d’un parti qui a fait de la lutte contre l’affairisme un de ses principaux chevaux de bataille en 2011. A l’approche des prochaines élections, certains responsables du PJD ont d’ailleurs désavoué publiquement le projet de Lahbib Choubani, comme Khalid Rahmouni, membre du secrétariat général du PJD, qui s’est adressé sur les réseaux sociaux au président de la région Draâ-Tafilalet en affirmant : « Nous n’avons ni le temps ni l’énergie pour défendre vos fantasmes ».


L’interdiction de cumuler business privé et responsabilités publiques n’est pas explicitement mentionnée par la législation marocaine, qui se contente d’encadrer certaines situations pouvant entraîner des conflits d’intérêts. Un mélange des genres largement répandu chez les notables au niveau local mais également dans les plus hautes sphères du pouvoir, qu’il s’agisse d’hommes d’affaires qui accèdent à des postes de ministres ou même du chef de l’Etat, le roi Mohammed VI, qui est à titre personnel l’actionnaire principal du plus grand groupe privé du royaume.