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10.05.2017 à 14 H 01 • Mis à jour le 10.05.2017 à 14 H 02
Par
Editorial

Notre devoir est d’accueillir les réfugiés syriens avec humanité

Un petit groupe de réfugiés syriens ont pu pénétrer dans les faubourgs sud de Figuig où ils ont été interceptés par la police et expulsés. DR
Engagé dans un bras de fer avec l’Algérie qui laisse se déverser à ses frontières des réfugiés syriens dans des conditions inhumaines, le Maroc a opté pour une politique de refus inacceptable face à la tragédie qui se noue. Les arguments avancés par l’Etat sont d’un cynisme révoltant, alors que le royaume se targue de mener une politique avant-gardiste en faveur des migrants

L’Etat s’est montré d’un cynisme déconcertant face à la situation des réfugiés syriens qui sont dans une impasse intolérable aux confins de la frontière avec l’Algérie. A l’abandon, errant dans ce coin de désert aux portes de Figuig, hommes, femmes et enfants survivent dans des conditions innommables, se nourrissant d’expédients, dormant sous des bâches en plastique à même la rocaille et affrontant un soleil de plomb le jour et les serpents la nuit. « Depuis 22 jours, un groupe de 41 réfugiés syriens, dont 17 enfants âgés de 2 à 14 ans, est bloqué dans une zone tampon à la frontière entre le Maroc et l’Algérie », rappelle Telquel.ma, qui relaye un appel alarmiste d’ONG.


L’attitude du Maroc interroge : en pointe sur l’action humanitaire en Syrie où l’hôpital de campagne des Forces armées royales du camp de Zaâtari, en Jordanie, fait un travail remarquable au plus près des populations déchirées par la guerre, Rabat fuit ses responsabilités humaines aux portes de son territoire.


Il ne suffit pas de pointer le jeu malsain de l’Algérie qui a poussé ces familles aux portes de Figuig, d’étaler dans la presse les statistiques d’accueil des Syriens au Maroc, de rappeler l’action royale en faveur des sans-papiers venus du sud du Sahara, ou encore, comme l’a fait récemment le ministre Abdelkrim Benatiq, se draper assez minablement derrière des arguties de frontières fermées avec le voisin de l’est pour détourner le regard et participer à cette tragédie humaine par un calcul diplomatique aussi cruel que mesquin.


Antonio Guterres, lorsqu’il était à la tête du Haut-commissariat pour les réfugiés, avait demandé à tous les pays du monde de participer à assumer « un fardeau trop lourd à assumer » pour les pays voisins de la Syrie, qui, à eux seuls, en accueillent plus de deux millions. Il avait exhorté les États d’agir « pour se répartir cette charge, d’ouvrir leurs frontières et de continuer d’offrir une protection à tous les Syriens qui en ont besoin ».


Le Maroc, qui se targue d’être le pays le plus stable et le plus prospère de la région, devrait être à l’avant-garde de cette action, fidèle à sa tradition d’hospitalité, et ne pas sombrer dans les théories vaseuses de « l’appel d’air » dont se justifient par ailleurs les pays européens les plus rétifs à accueillir nos propres migrants perdus sur les routes des Balkans ou ailleurs.