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09.06.2017 à 12 H 43 • Mis à jour le 09.06.2017 à 12 H 44
Par
France-Maghreb

France-Algérie : avec Emmanuel Macron, la fin d’une amitié forcée ?

Emmanuel Macron lors de son déplacement en Algérie en février 2017. EM
En choisissant le Maroc pour son premier voyage au Maghreb, Emmanuel Macron a rompu une tradition et met fin à une règle non-écrite instaurée depuis le deuxième mandat de la présidence de Jacques Chirac, voulant que le président français effectue son premier déplacement au Maghreb en Algérie

Pour son premier déplacement au Maghreb, Emmanuel Macron a choisi de se rendre au Maroc. Le président français effectuera une visite officielle à Rabat les 14 et 15 juin durant laquelle il va notamment rencontrer le roi Mohammed VI.


Hier, l’Élysée, en confirmant ce déplacement, a annoncé un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le président Abdelaziz Bouteflika. Le président français a indiqué à son homologue algérien qu’il se rendrait « officiellement en Algérie dans les toutes prochaines semaines », a indiqué la présidence française. Macron a « souligné son attachement et sa volonté de construire un rapport d’amitié et de confiance avec l’Algérie, partenaire stratégique pour la France », selon la même source.



En choisissant le Maroc pour son premier voyage au Maghreb, Emmanuel Macron a rompu une tradition et met fin à une règle non-écrite instaurée depuis le deuxième mandat de la présidence de Jacques Chirac, voulant que le président français effectue son premier déplacement au Maghreb en Algérie.


Chirac avait par exemple effectué une visite officielle en l’Algérie en mars 2003, avant de se déplacer au Maroc en octobre de la même année. Son successeur Nicolas Sarkozy avait également accordé la primauté de sa visite dans la région à l’Algérie en juillet 2007, trois mois avant sa visite d’État qu’il effectue au Maroc en octobre de la même année.


Lire aussi : Emmanuel Macron est-il vraiment “l’ami de l’Algérie”  ?


La tradition a été maintenue au moment de l’alternance politique avec l’accession à la présidence par François Hollande. Ce dernier a réservé à l’Algérie son premier voyage d’État en décembre 2012, un geste symboliquement fort qui avait d’ailleurs fait grincer des dents au Maroc, où le président Hollande ne s’est déplacé qu’en avril 2013.


Mais Emmanuel Macron ne fait rien comme ses prédécesseurs à l’Élysée. En choisissant le Maroc comme première destination, le président français semble chercher à sortir de cette relation spéciale avec l’Algérie qui n’a rien donné de concret ces dernières années, malgré les promesses et les ambitieux affichées. Du fameux projet de traité d’amitié initié par Jacques Chirac en 2005 qui n’a jamais vu le jour au partenariat d’exception promu à la fois par Nicolas Sarkozy et par François Hollande, les relations franco-algériennes n’ont jamais été hissées au niveau promis par les déclarations officielles.


À chaque fois, des polémiques et des considérations de politiques intérieures, en Algérie comme en France, ont eu raison des ambitions affichées des deux côtés. Progressivement, une sorte d’amitié forcée s’est installée entre les deux pays.


Dans le même temps, la relation bilatérale est devenue tellement sensible que le moindre incident peut la mettre en péril. C’est ainsi que le président Bouteflika n’a plus reçu de responsable français depuis avril 2016 à cause d’un tweet de l’ancien premier ministre Manuel Valls dans lequel le président algérien apparaît affaibli par la maladie. Peu importe si des dossiers sensibles n’avancent pas.


Aujourd’hui, Emmanuel Macron semble vouloir traiter l’Algérie comme un pays « normal » pour la France. Un partenaire certes important mais avec lequel la relation bilatérale doit obéir à un seul critère : les intérêts de la France. En février dernier, lors de sa visite en Algérie, le candidat Macron avait annoncé la couleur en tenant des propos forts sur la colonisation. Les Algériens y ont vu un signe d’amitié. Mais pour Macron, c’était sans doute le premier pas pour sortir d’une amitié forcée entre les deux pays.