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04.07.2017 à 13 H 29 • Mis à jour le 04.07.2017 à 13 H 29
Par
Al Hoceima

Documents CNDH : la torpille préventive de Hammouchi

Abdellatif Hammouchi, patron du pôle sécuritaire DGSN-DGST lors d’une cérémonie officielle au Mausolée Mohammed V de Rabat. AIC PRESS
Dans un communiqué diffusé par la MAP, la DGSN « regrette » le leak des fragments d'un document de terrain du CNDH qui jugent « crédibles » les allégations de torture à l'encontre de détenus du Hirak. Abdellatif Hammouchi promet cependant une réponse circonstanciée au rapport final, mettant davantage la pression sur El Yazami

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a exprimé mardi « son rejet catégorique des accusations et allégations graves à l’encontre de ses services et ses fonctionnaires, avancées comme sûres par certains, en se référant à un document partiel attribué au Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), qui a fait l’objet d’une fuite en dehors du cadre officiel, empreinte d’abus », rapporte l’agence officielle MAP, citant un communiqué de la police.


La veille, le CNDH et son président, Driss El Yazami subissaient une attaque en règle d’une rare violence dans la presse proche des sécuritaires. Le communiqué de la DGSN qui qualifie de « non officielles » les conclusions contenues dans les documents fuités n’en épargne pas moins l’orientation.


« La DGSN souligne son souci de veiller à la protection des droits de l’Homme tels que reconnus aux niveaux national et international, et au respect des garanties de la liberté individuelle et collective lors de l’exercice de la fonction de police, ainsi qu’à l’établissement des responsabilités juridiques à la lumière des procédures et des règles judiciaires, tout en exprimant son rejet des accusations et des allégations publiées sur la base d’un document partiel et non officiel, qui n’a pas été soumis aux services de la sûreté nationale via les canaux officiels, afin de pouvoir formuler une réponse sur son contenu », poursuit la dépêche.


La même source affirme « qu’elle répondra à toutes les allégations contenues dans ce document une fois ce texte reçu officiellement de la part de la partie l’ayant élaboré ou publié, partant du respect total de la loi, de son interaction positive avec les conclusions et les recommandations des institutions constitutionnelles concernées, et aussi du fait que ces allégations non officielles ont tiré leurs conclusions “médicales et non médicales”  à partir de déclarations et de témoignages de parties déterminées sans prendre en considération le point de vue des autres intervenants institutionnels et officiels ».


D’intenses pressions sur le CNDH

La DGSN exprime ainsi « son profond regret de l’exploitation hâtive et illégale de ce document fuité, qui se voit attribuer, dans de nombreux cas, un caractère politique, notamment de la part de certaines parties étrangères, portant ainsi atteinte aux efforts du Royaume du Maroc et à ses acquis dans le domaine du renforcement du système des droits de l’Homme ».


« Tout en reconnaissant la torture avérée, comme étant un acte criminel puni par la loi et s’inscrivant dans le cadre des attributions des autorités judiciaires compétentes qui se basent sur l’intime conviction, les expertises médicales, les déclarations, les témoignages et les constats documentés, une condition que ne remplit pas ce document fuité et qui ne peut être considéré comme tel, la DGSN fait part, de son engagement et son total respect des seuls résultats et conclusions officiels et non pas des fuites, dont les auteurs sont censés effectuer une enquête minutieuse pour déterminer les tenants et les aboutissants de leur publication, alors qu’elles ne répondent pas aux procédures et autres formalités stipulées par la loi », conclut la MAP.


Alors que sur le terrain, plusieurs faits indiquent un retrait partiel de l’armada policière, la question demeure posée sur la fuite de ces documents et de leur usage. « Nous subissons d’intenses pressions y compris sur nos équipes sur place à Al Hoceima », reconnait une source au CNDH.


Une chose est sure : le leak aura ainsi servi à saper avant l’heure la production définitive du rapport de l’instance présidée par El Yazami. Un tir de barrage aux allures de coup semonce. Le communiqué de la DGSN faisant manifestement office de torpille préventive…