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20.08.2017 à 12 H 01 • Mis à jour le 20.08.2017 à 12 H 04
Par , et
Terrorisme

Barcelone : un imam marocain, épicentre de l’enquête

Des membres de la communauté musulmane de Ripoll sous le choc après avoir appris que les présumés terroristes étaient originaires de leur ville. CÈLIA ATSET
Si Younès Abouyaaqoub, est toujours recherché, l'enquête sur les attentats de Barcelone se concentre aussi sur un autre Marocain, Abdelbaki Es Satty, un imam de Ripoll, dont sont originaires plusieurs membres de la cellule terroriste. Le religieux qui serait mort dans l'explosion d'Alcanar, n’était pas inconnu des services de police pour des liens avec les attentats de 2004 à Madrid

Au troisième jour de deuil national en Espagne, l’attention se concentre ce dimanche sur un imam de Ripoll, une petite localité de Catalogne dont sont originaires plusieurs membres de la cellule djihadiste responsable des attentats de Barcelone et Cambrils.


Si le ministre de l’Intérieur a parlé samedi d’une « cellule démantelée », la police catalane a vite rappelé qu’une personne faisait toujours l’objet d’un avis de recherche. Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans, pourrait bien être le conducteur du van qui a fauché des dizaines de piéton sur La Rambla de Barcelone. Mais aucune source officielle ne confirme encore cette hypothèse.


La police n’a en effet pas précisé le rôle du suspect, dont la photo et les détails physiques ont été largement diffusés depuis vendredi. Un dispositif supplémentaire a par ailleurs été mis en place samedi soir en Catalogne, impliquant des barrages en relation avec l’enquête, a annoncé la police.


Une radicalisation expresse

En parallèle, la presse espagnole s’interroge sur le rôle de l’imam Abdelbaki Es Satty dans l’éventuelle radicalisation très rapide de plusieurs auteurs des attentats –  des enfants d’immigrés marocains –  originaires de Ripoll, paisible localité catalane de 10 000 habitants à quelque 700 mètres d’altitude au pied des Pyrénées.


Le minbar de l'imam Es Satty à la mosquée de Ripoll. SUSANA VERA / REUTERS


Le domicile de l’homme, qui a justement disparu depuis mardi, a une nouvelle fois été perquisitionné samedi à l’aube, selon Noureddine, son colocataire qui a assisté à l’opération de police. D’après El Pais, qui cite des sources policières, l’imam pourrait être un des morts de l’explosion de la maison d’Alcanar, a priori siège des opérations logistiques du groupe terroriste.


L’imam n’est par ailleurs pas inconnu des services de police puisque selon El Periodico, son nom a déjà été cité dans de précédentes affaires de djihadisme, notamment dans des dossiers liés aux très meurtriers attentats de Madrid de 2004. Un traumatisme pour le pays. Toujours selon le journal, Abdelbaki Es Satty aurait également purgé une peine de prison pour trafic de drogue et en serait sorti en 2012. En revanche, selon la police, citée par El Pais, le prédicateur a quitté la prison de Castellon, où il avait été incarcéré en raison d’irrégularités avec son permis de séjour.


À en croire El Pais, c’est là où il a fait connaissance des terroristes qui ont organisé l’attentat dans la gare madrilène d’Atocha, le 14 mars 2004, qui avait fait 191 morts. Âgé de 40 ans, l’imam vivait depuis 2015 à Ripoll, une ville où résidaient d’autres suspects liés aux attentats.


Ses voisins parlent d’Es Satty comme d’un homme discret qui essayait de ne pas attirer l’attention. Il n’a pas réussi à s’intégrer dans la communauté musulmane locale qui comptait environ 500 personnes.


L'appartement de l'imam Es Satty à Ripoll lors de sa perquisition par la police catalane. FRANCISCO SECO / AP


La police qui supposerait donc l’imam aurait été tué dans l’explosion qui s’est produite dans la nuit de mercredi à jeudi dans un bâtiment résidentiel de la ville d’Alcanar, en Catalogne, expliquerait ainsi la totale désorganisation de la cellule dans sa logique meurtrière. Leur chef décédé, les terroristes ont décidé d’improviser des attaques à Barcelone et à Cambrils.


A Ripoll, c’est la stupéfaction. Un serveur assure avoir croisé certains membres de la cellule et leur avoir même « servi de la bière » à de nombreuses reprises. Dans l’immeuble d’un des présumés terroristes, une famille pleure. Yamila, une voisine qui a accepté de parler à une journaliste de l’AFP, assure que Said Aala, leur fils, était un jeune bien et travailleur. « Un ami l’a appelé jeudi à 15h00 et il est parti faire un tour », dit-elle. C’était deux heures avant l’attentat de Barcelone.


Dans le village, on parle de radicalisation récente de ces hommes, de jeune filles qui se voilent davantage et de certains habitants devenus plus religieux et de moins en moins sociables. Des recherches dans la presse locale montrent une polémique autour d’une nouvelle mosquée, en 2008, et, plus récemment, une tribune dans un quotidien local en ligne se plaignant « d’insultes » à l’égard des musulmans, mais aussi de la nécessité que l’exécutif de Catalogne « contrôle davantage la parole de certains imams qui prêchent lors du ramadan ».